29.10.2008

immatriculation

Je ne peux que me réjouir de la décision de notre ministre de l'intérieur à propos de nos futures plaques d'immatriculation.

Nos départements figureront donc en bonne place. Merci au collectif "jamais sans mon département" et merci au 221 parlementaires qui ont défendu cette cause.

Dorénavant nous pourrons continuer à circuler en étant fier de revendiquer nos origines.

 

23.01.2008

Réforme de l'audiovisuel public : pour le meilleur ou pour le pire

La décision du Président de la République de supprimer toute publicité sur les chaînes publiques part d’une bonne intention mais risque de se retourner contre le service public.

Oui, il y a sans doute trop de publicité sur France2 et France3, les piégeant dans l’engrenage d’une course à l’audimat qui n’est pas toujours belle à voir et qu’elles ne peuvent pas, par nature, gagner sur ce terrain peu reluisant de la télévision purement commerciale. Faut-il pour autant tout supprimer ? N’allons-nous pas passer d’un excès à l’autre ? Attention à ne pas enfermer France télévisions dans une espèce de ghetto culturel qui l’éloignera des Français, favorisera les chaînes privées aux émissions parfois racoleuses et aboutira en fin de compte au démantèlement du service public.

Surtout, où trouver les 1,2 milliard nécessaire à l’opération (800 millions de pub et 400 millions pour remplacer les 3 heures de pub par des programmes) ?

Pourquoi ne pas mettre en œuvre une politique plus équilibrée, plus progressive ? Pour ma part, je proposerai :

  1. Une suppression partielle de la publicité de 19H30 à 22H afin de libérer la première partie de soirée de la tyrannie de l’audimat. Dans une première étape pourquoi ne pas tester cette solution sur une seule chaîne publique : France3 par exemple.
  2. La création d’une taxe sur les ressources publicitaires des chaînes privées, car il n’y a aucune raison pour que cette opération bénéficie exclusivement à ces dernières.
  3. Une légère et progressive augmentation de la redevance car on ne peut pas avoir un service public fort, comme en Allemagne, sans un financement pérenne. Cela aiderait aussi à la constitution d’un pôle extérieur dynamique dans le monde (RFI, TV5, France 4).
  4. De nouveaux cahiers des charges différenciés par chaîne, tout en veillant à ne pas étouffer le service public sous des contraintes irréalistes.
  5. L’interdiction, comme dans d’autres pays, pour un groupe économique détenant une chaîne de télévision de vivre des commandes de l’Etat (armement, BTP…).

Rouvrir le débat sur l’avenir du service public de l’audiovisuel n’est pas anodin. Cela peut mener au pire comme au meilleur. Quand on voit les difficultés pour s’exprimer dans notre pays sur certaines chaînes privées, quand on connaît les pressions répétées sur certaines dans le service public, il est clair que pour conserver un minimum de liberté d’expression, nous avons intérêt à rester vigilants ! A agir pour que la réforme de l’audiovisuel public mène au meilleur…

Par Nicolas Dupont-Aignan

29.11.2007

Pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait… plus de travail !

Gagner plus ? Trois obstacles, par Gérard Lafay

LE MONDE | 28.11.07 | 14h08 • Mis à jour le 28.11.07 | 14h08

Le pouvoir d’achat de la majorité des Français stagne depuis plusieurs années. Le président Sarkozy s’efforce de faire face à cette question, qu’il avait déjà mise en avant, au printemps, lors de sa campagne électorale. Les réponses apportées visent à lever un premier obstacle, qui tient à l’insuffisance de l’activité des travailleurs en France. En revanche, elles risquent de se révéler inopérantes si elles ne surmontent pas les deux autres obstacles, qui viennent d’un côté de la surévaluation de l’euro, de l’autre de la faiblesse de l’actionnariat des travailleurs français. Un premier obstacle découle du fait que, depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont mis en place un "traitement social" visant à limiter la montée du chômage recensé. Tantôt ils ont avancé l’âge de la retraite, d’abord en le fixant autoritairement à 60 ans, puis en multipliant les préretraites en deçà de cet âge. Tantôt ils ont voulu réduire le nombre d’heures travaillées par chacun, en le limitant à 35 heures par semaine (lois Aubry). Toutes ces mesures ont été financées par l’Etat. Le résultat est double. D’une part, la France est l’un des pays industrialisés où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles. D’autre part, très logiquement, elle est aussi l’un de ceux où la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut (PIB) est l’une des plus élevées. Fort heureusement, le gouvernement mis en place par le président Sarkozy commence à prendre des mesures afin de surmonter ce premier obstacle, en concrétisant son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le deuxième obstacle n’est pas propre à la France, mais il concerne toute la zone euro. Dans l’espace économique mondial, le niveau relatif des salaires découle, dans une large part, du taux de change réel, c’est-à-dire du niveau relatif des prix vis-à-vis du reste du monde. Cette question est essentielle dans les conditions de croissance, tant pour l’attractivité de l’investissement productif intérieur que pour la compétitivité du commerce extérieur. Pendant longtemps, elle n’était mise en relief que par quelques-unes, étant niée par la plus grande partie des observateurs. Mais les faits sont têtus. Aujourd’hui la surévaluation de l’euro apparaît de plus en plus évidente, non seulement vis-à-vis du dollar américain, mais encore davantage vis-à-vis du yuan chinois. En étant trop cher, l’euro interdit aux entreprises de procéder à des hausses substantielles de salaires, de même qu’il empêche l’économie de reprendre un rythme élevé de croissance. Dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait critiqué le comportement de Jean-Claude Trichet, de même que sa rivale Ségolène Royal. Que fait-il aujourd’hui ? Il se contente de reprendre périodiquement la même antienne, sans que ses exhortations aient le moindre effet. Pis encore. Il veut faire voter par le Parlement une nouvelle version du traité européen, quasi identique au projet de Constitution rejeté par le peuple français le 29 mai 2005. Or cette version entérine, ipso facto, l’erreur de conception inhérente au traité de Maastricht ainsi qu’une logique de libre-échange naïf. En fait, ce sont précisément ces deux éléments qui expliquent la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne et l’absence de toute politique commerciale de rétorsion face au dumping monétaire. Ce seul fait réduit à néant les décisions courageuses que peut prendre le président Sarkozy sur le plan national. Le troisième obstacle tient à l’évolution générale du capitalisme au niveau mondial qui, depuis la chute du communisme, accroît de plus en plus les revenus du capital tandis que, dans les pays développés, les revenus du travail stagnent pour le plus grand nombre. La solution est de mettre en place une forme française de capitalisme, où les travailleurs deviennent en même temps des actionnaires, parvenant à détenir la majorité du capital des entreprises. Cette solution avait déjà été amorcée par le général de Gaulle, avec l’ordonnance de janvier 1959 sur l’intéressement et celle d’août 1967 sur la participation, complétées depuis lors par d’autres dispositions. Mais la part des travailleurs reste marginale dans le capital de la plupart des grandes entreprises. Au lieu de vouloir débloquer les fonds de participation, afin de favoriser la consommation de façon conjoncturelle, il faut accomplir une véritable réforme structurelle. L’objectif est de développer ces mécanismes sur une grande échelle en mettant en place, à côté de l’actionnariat direct, des formes collectives d’actionnariat diversifié, par la création institutionnelle de fonds de pension par métier. Le président Sarkozy est sur le point de surmonter le premier obstacle. Il réussira à élever graduellement le pouvoir d’achat des Français s’il fait sauter les deux derniers. Sinon, il est condamné à l’échec.

Gérard Lafay est professeur d’économie internationale à Paris-II.

27.11.2007

Face à la crise des banlieues, encore et toujours la politique des mesurettes !

Les incidents de Villiers le Bel rappellent à l’opinion combien les « cités » françaises sont hautement inflammables.

Malheureusement, sur le terrain rien n’a véritablement changé depuis 2 ans. Certes, des milliards sont dépensés pour démolir des tours et rebâtir des logements plus vivables mais les causes profondes de la crise demeurent. La faiblesse de l’Etat, le déficit d’éducation, le double langage de ceux qui devraient montrer l’exemple, l’anémie économique.

Jamais les effectifs de police n’ont été aussi faibles dans les commissariats de quartier, les bureaux de police de proximité ferment les uns après les autres et des questions pourtant simples à résoudre, comme l’interdiction d’importation des mini-motos, sont laissées en jachère. Depuis des mois, je dénonce le scandale de ces engins non-homologués, interdits de circulation qui sont vendus pour rien sur Internet et dans les hypermarchés. Dans les cités, ces motos sont utilisées sans casque, sans éclairage, par des enfants. La plupart du temps, la police ne peut intervenir sans que les contrevenants prennent la fuite, mettant en danger leur propre vie et celle d’autrui. Combien de morts faut-il attendre pour enfin prendre la seule mesure raisonnable : l’interdiction pure et simple de la commercialisation ? Je pourrais aussi parler de la Justice, dont les délais d’action (lorsque action il y a !) et la mansuétude encouragent les attitudes délinquantes.

De même, on parle toujours autant de lutte contre l’échec scolaire mais les premières annonces prometteuses de renforcement des effectifs dans les établissements qui en ont le plus besoin (par exemple les LEP) ne porteront leurs fruits que si elles sont réellement suivies d’effet notamment pour le personnel non enseignant, qui fait cruellement défaut. Dans ma ville, par exemple, les médecins scolaires, infirmières, assistantes sociales manquent. Les établissements privés, où l’encadrement est assuré, voient leur liste d’attente s’allonger chaque année, le flux des candidats, notamment d’origine modeste, ne cessant de grossir.

Il faudra aussi rétablir un lien de confiance entre gouvernants et gouvernés : sans exemplarité, sans égalité de traitement entre les puissants et les autres, sans espoir collectif, le discours d’ordre des pouvoirs publics continuera de passer au mieux pour du blabla, au pire pour de la provocation. Le « faites ce que je dis, pas ce que fais » offre un prétexte rêvé à tous ceux qui préfèrent la délinquance à l’effort et qui savent entraîner dans leur sillage une jeunesse désespérée ou influençable.

Enfin, rien ne changera tant que le marasme économique, résultant pour une grande part du déficit de compétitivité de la France, continuera ses ravages. Avec un euro surévalué, des charges sociales toujours aussi élevées, un libre échange déloyal, une formation continue désespérément insuffisante, comment pourrait-on sérieusement relancer la machine ?

Pour remédier en profondeur au mal-être des banlieues sensibles, il faut enfin sortir de la politique des mesurettes à laquelle les gouvernements successifs se sont habitués au fil du temps. Un Etat régalien ferme et juste, une école du mérite, une économie d’expansion, voilà les moyens de sortir d’ici à quelques années de ce terrible engrenage dans lequel ne cessent de se débattre certains de nos quartiers.

 

Par Nicolas Dupont-Aignan 

22.11.2007

Réforme de la carte judiciaire : la politique de "gribouille"

La réforme de la carte judiciaire traduit l’incapacité de réformer sereinement et intelligemment notre pays.

Le bon sens commande bien entendu de supprimer les Tribunaux d’Instance trop petits et à vrai dire personne n’en conteste vraiment le principe. Pour autant, fallait-il aller si loin pour aboutir à la suppression de 176 Tribunaux sur 476 ? Quand on regarde la carte de France publiée dans le quotidien Le Monde (édition du 22 novembre), on comprend l’ampleur du mouvement de suppression et le coup de grâce donné à la justice de proximité.

On s’apercevra dans quelques années des ravages de cette réforme. Les économies à première vue réalisées, seront probablement compensées par des surcoûts en terme de transport. Sans même évoquer le nombre de litiges qui ne seront plus traités. De plus, cette réforme ne s’accompagne d’aucune création de Tribunal d’Instance, notamment en banlieue parisienne, ce qui aurait déchargé les Tribunaux existants complètement engorgés.

Enfin, tout le monde sait - ou devrait savoir - que notre pays dépense pour sa Justice, deux fois moins par habitant que la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. L’augmentation du budget 2008 pour la Justice est, à cet égard, dérisoire. Si l’on veut vraiment rétablir l’Etat de droit, réduire les délais, exécuter dans les faits les décisions de justice, il faut investir davantage.

Les sommes sont d’ailleurs relativement modestes en comparaison des dépenses de la plupart des autres Ministères.

Par ailleurs, en ce jour du Congrès des Maires, il serait temps de relancer une véritable politique d’aménagement du territoire. Pourquoi ne pas coordonner la réorganisation des différents ministères ? Nous éviterions ainsi d’accabler toujours les mêmes villes, petites et moyennes, qui sont en train de «crever» des délocalisations alors même que leur qualité de vie est la meilleure et qu’on entasse toujours plus d’habitants en Ile-de-France et dans les métropoles régionales, avec des surcoûts d’échelle considérables. Département par département, il faudrait analyser méthodiquement les projets de réorganisation de la carte judiciaire, hospitalière, des forces armées, etc… et répartir l’effort intelligemment.

Telle petite ville garderait son Tribunal d’Instance mais perdrait l’hôpital, telle autre bénéficierait du redéploiement d’un établissement public aujourd’hui parisien, etc…

Ce travail est possible. Il permettrait de concilier efficacité et équilibre du territoire. Malheureusement, on n’en prend pas le chemin. A la crise des banlieues s’ajoutera donc bientôt celle des territoires. Il sera alors trop tard pour pleurer.

 

par Nicolas Dupont-Aignan