15.11.2009
Sarkozy, faux-monnayeur de l’identité nationale
Etre attaché à l’identité nationale et soutenir Sarkozy, cela fait penser à un crocodile qui entre dans une maroquinerie.
Pendant la campagne présidentielle de 2007, Internet m’a permis d’écouter une bonne quinzaine de discours de Nicolas Sarkozy, prouvant à la fois mon masochisme et ma nostalgie des vieux discours écrits par Henri Guaino pour Séguin en 1992 et pour Chirac en 1995. C’est pourquoi, en écoutant des extraits de celui prononcé par le Président de la République à La Chapelle en Vercors, je n’ai pas eu de peine à y reconnaître les différentes thématiques qu’il utilisait à l’hiver et au printemps 2007. Parmi celles-ci, notamment l’autorité et le travail, l’identité nationale figurait déjà en bonne place. Parce que je connais Nicolas Sarkozy depuis vingt ans, je n’étais déjà pas dupe à cette époque, ce qui m’avait conduit à ne pas lui accorder mon suffrage ni au premier tour, ni même au second. Mais alors que je ne souhaitais pas tomber dans le piège grossier du Président de la République, en me soumettant à son agenda1, l’intérêt néanmoins légitime des Français sur le thème de la Nation me pousse à le faire, ainsi que le pitoyable bilan du Président de la République dans ce domaine.
Je me souviens que, lors du débat référendaire de 1992 à propos du Traité de Maastricht, le Premier Ministre Feu Pierre Bérégovoy, poussé dans les cordes par la montée du NON, avait lâché à la télévision quelque chose du genre :” Il ne faut pas avoir peur ; nous garderons notre identité ; nous conserverons nos coutumes”. A ce moment précis, je l’avoue, je n’ai pas eu un a priori très favorable face à cette notion d’identité. Béré l’a servie à mon jeune esprit -j’avais vingt ans à l’époque- comme ce qu’il reste quand on a vidé le pays de toute sa souveraineté. En écoutant cette phrase maladroite, je m’imaginais en costume folkorique. Mes vingt ans me faisaient exagérer la situation. Là preuve, il nous restait quelques pans de souveraineté puisque nous en avons lâché encore à Amsterdam et à Lisbonne. Mais à quoi bon glorifier l’histoire d’une nation si on la prive de sa Liberté et de son avenir en tant qu’Etat souverain ? C’est la réduire à une nostalgie. En imposant le Traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a, lui aussi, participé à ce démantèlement. Il avait d’ailleurs voté OUI à tous les traités antérieurs. Mais il y a ajouté une petite touche personnelle en passant par dessus bord, non pas seulement la souveraineté nationale, mais aussi la souveraineté populaire, en rayant d’un trait de plume le vote de ses concitoyens trois ans plus tôt. Le respect de la démocratie et surtout de la démocratie exprimée directement par le Peuple n’est pas étranger à notre identité nationale, ce que semblent avoir oublié tous les parlementaires qui ont participé à cette forfaiture le 4 février 2008.
Souveraine, la France ne souhaitait pas l’être seulement par goût de la Démocratie, même si cette raison se suffit largement à elle-même. Elle le désirait aussi par souci d’indépendance et par vœu d’originalité dans le concert des nations. De Philippe-Auguste à Charles de Gaulle en passant par François Ier, la volonté de ne point s’aligner sur les empires ou les blocs demeura le fil conducteur d’une diplomatie réussie. Lorsqu’à l’automne 2006, Nicolas Sarkozy, ministre de la République, fustigea l’arrogance de son pays à New-York, il manqua à la loyauté due à la France par un citoyen et, circonstance aggravante, par un membre du gouvernement. Il tourna le dos à l’Histoire de France à laquelle était fidèle la position française sur le dossier irakien et il nia ainsi l’identité nationale. C’est en toute logique qu’élu président, il entreprit le retour de notre pays dans le commandement intégré de l’OTAN et ajouta ainsi quelques pelletées de terre supplémentaires sur l’identité française.
L’originalité de la France tient aussi au concept de Laïcité. La loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 ayant réussi à trouver cet équilibre tant recherché pendant des siècles émaillés par les guerres de religion, notre pays se félicitait légitimement de sa laïcité, laquelle avait fini par intégrer son identité. Et voilà qu’un Président de la République venait qualifier les cent dernières années de “négatives” en souhaitant l’avènement sous son mandat d’une laïcité “positive”. Certes, ceux qui avaient lu son livre “la République, les religions, l’espérance” le savaient déjà et ceux qui l’avaient vu s’opposer à la loi de 2003 sur les signes religieux à l’Ecole en avaient aussi une petite idée. Aussi bien lors de son discours de Latran, qu’en donnant raison à Barack Obama sur le voile islamique, ou en ne se prononçant pas, bien que se disant opposé à elle, pour une loi sur l’interdiction de la Burqa au mois de juillet dernier2, il avait aussi démontré que sa “laïcité positive”, c’était surtout beaucoup moins de laïcité. Le voir aujourd’hui fustiger la burqa dans le Vercors ne peut être autrement interprété que comme un opportunisme. Il faut bien que les sondages payés à prix d’or à Buisson servent à quelque chose. Mais là aussi, il y a les discours, et il y a les actes.
L’identité nationale, c’est aussi une Culture et une Langue. En ratifiant le protocole de Londres, lequel donne force juridique à des documents3 rédigés dans une autre langue que la nôtre, en estropiant avec une constante régularité la langue de Molière, en moquant le combat des souverainistes québecois, il a donné des coups très durs à la langue française, et à la position de celle-ci en France et dans le Monde. En déclarant que les candidats aux concours administratifs de catégorie A ne devaient pas rencontrer La Princesse de Clèves, en souhaitant que la culture générale déserte les concours de catégorie B et C, il méprise la Culture française. Il faut noter à ce sujet qu’on rejoint le sujet du communautarisme puisque cette dernière mesure a été salué par le C.R.A.N4. Avec Sarkozy, on flatte les communautés, on loue le modèle anglo-saxon, on révère la discrimination positive qui aurait été inscrite dans la Constitution sans la vigilance de Simone Veil.
Il est pour le moins paradoxal de constater que si la fonction de Président de la République consiste bien à être, notamment, garant de l’identité nationale, l’homme Nicolas Sarkozy reste bien, en revanche, le moins bien placé pour en parler. Le voir, une fois de plus, enfourcher ce thème relève de l’imposture, du trafic de valeurs, du faux-monnayage. Qu’il me soit permis de reprendre un bon mot de Coluche5 et d’écrire qu’être attaché à l’identité nationale et soutenir Sarkozy me fait bigrement penser à un crocodile poussant la porte d’une maroquinerie.
- C’est la première fois depuis trois mois qu’il reprend la main sur l’agenda médiatique ↑
- Les services de police sortant opportunément, au mois d’aout, le nombre de trois cents voiles intégraux sur tout le territoire national, ce qui minimise de manières mensongère et scandaleuse le phénomène, au grand plaisir de Monsieur Besson qui s’était opposé à une Loi ↑
- Des brevets, en l’occurrence. ↑
- Comité représentatif des associations noires ↑
- Qui évoquait à cette occasion les chômeurs se rendant dans les bureaux de vote. ↑
11:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, dupont-aignan, ariège, martinez-mateos
21.10.2009
Dupont-Aignan:« il faut nationaliser deux banques »
Reversus, Ronald du blog Intox 2007, et Vogelsong du blog Piratage(s) ont rencontré Nicolas Dupont-Aignan. leader de Debout La République. Ils lui proposent de faire à mi-mandat présidentiel un bilan sur Nicolas Sarkozy, la droite française, la crise, l'Europe, et les perspectives de son courant politique.
Nicolas Dupont-Aignan séduit par le constat très lucide qu’il fait du déclin français. Qu’il s’exprime au sujet du sarkozysme ou du morcellement de notre société, son analyse semble clairvoyante et empreinte d’une grande expérience du terrain. On retrouve dans sa vision les principes fondamentaux du gaullisme : un Etat fort, un attachement aux services publics et au rôle de la France sur la scène internationale.
Mais les forces de Nicolas Dupont-Aignan sont sans doute aussi ses faiblesses. Son ancrage gaulliste n’est pas toujours adapté aux enjeux du XXIème, lorsque par exemple il rapporte l’impuissance du politique à l’influence forcément néfaste de la mondialisation, ou lorsqu’il appuie son analyse économique uniquement sur les chiffres du déficit commercial . Le protectionnisme qu’il appelle de ses vœux n’a jamais fourni que des résultats décevants , et sortir de l’Europe comme il le préconise serait aujourd’hui politiquement et économiquement suicidaire. La question de l’Union Européenne est d’ailleurs sans doute le point de divergence majeur, au sein de cette droite néo-gaulliste, entre les villepinistes et les partisans de Debout la République .
Ronald : Votre mouvement s’intitule « Debout la République », doit-on en conclure qu’elle serait tombée par terre ?
Oui, tout à fait. Nous avons fondé Debout la République en 1999, il s’agissait d’un groupe de réflexion partant du sentiment que la flamme gaulliste était éteinte au RPR – un sentiment que la création de l’UMP n’a fait que renforcer. Pour ma part, j’ai d’abord essayé de lutter de l’intérieur avant de finir par quitter l’UMP en 2007. C’est alors que Debout la République est devenu une véritable formation politique.
Les principes fondateurs de l’exception française, qui permettaient d’aller au-delà du clivage droite-gauche, sont aujourd’hui piétinés par l’oligarchie qui nous gouverne. L’élection de Nicolas Sarkozy a été l’aboutissement d’un déclin progressif de valeurs, dont l’embourgeoisement du PS était un symptôme. Il faut tenter de revenir au sens premier de notre République, à la démocratie du peuple par le peuple et pour le peuple.
Ronald: La formule résonne-t-elle encore chez les Français ?
Cela dépend. Les Français ressentent intuitivement et confusément qu’ils sont dupes de l’exercice actuel de la politique. Depuis vingt ans, les engagements électoraux ne sont pas tenus, et les problèmes ne sont pas attaqués à leur source. Le pouvoir politique a été abandonné à des féodalités intérieures et à des puissances extérieures. En tant que gaulliste, mon combat politique se rattache plus que jamais à l’indépendance de la France et au cadre national.
Les dysfonctionnements de notre République ne sont pas simplement dus à la méchanceté, au cynisme, à l’individualisme ou à l’orgueil de la classe politique : la moralité n’est ni pire ni meilleure qu’autrefois. La différence majeure entre les 20 ou 30 dernières années et le reste de notre histoire, c’est la contradiction entre la mondialisation financière et le maintien de la démocratie au niveau national. Particulièrement en France, on peut sentir que, derrière les masques du régime présidentiel, le pouvoir a perdu le pouvoir.
Le pouvoir a été abandonné à des féodalités d’intérêts, qu’il s’agisse des banques, des grandes entreprises de la distribution ou des BTP. Le Général De Gaulle disait que le pouvoir se fait par la corbeille. Aujourd’hui c’est la corbeille qui a pris le pouvoir. Au niveau local, de grandes baronnies se constituent afin de conserver ce pouvoir de décision.
Au niveau international, nous sommes pareillement inféodés, à Bruxelles avec la Commission Européenne, à Luxembourg avec la Cour de Justice Européenne, à Francfort avec la Banque Centrale Européenne, à Pékin pour la régulation du commerce international et à Washington pour le dollar. Les représentants du peuple sont littéralement dépossédés de leur pouvoir. La classe politique, en tolérant les traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, de Lisbonne… a scié la branche sur laquelle elle était assise.
Mon combat est né de cette découverte que la classe politique n’a pas le droit d’abandonner le pouvoir. Bien sur, la mondialisation oblige à des coopérations internationales. Mais il est impossible de gouverner sans conserver son pouvoir de décision. Ou alors cela se réduit au ministère de la parole, et les Français sont forcément déçus. Même si tous ne voient pas la cause première, ils sentent bien que la roue tourne à vide. Le pouvoir politique actuel est comme un vélo d’appartement, et les Français qui sont dans le porte-bagages s’aperçoivent à un moment qu’ils n’ont pas fait le chemin qu’on leur avait promis. Ils l’ont d’ailleurs clairement manifesté au moment du référendum de 2005.
Nous avons besoin d’un Etat fort, régalien, d’une école publique plus méritocratique, de services publics présents sur tout le territoire et d’un système économique d’effort et de partage. Voilà pourquoi j’ai fondé mon mouvement, et pourquoi je l’ai appelé Debout la République. Parce que la démagogie, le laxisme et l’abandon, le sommeil de la classe politique, nous a fait perdre le pouvoir.
David: Quelles sont les solutions pour vous ? La constitution d’une VIème République ?
Les débats institutionnels sont dépassés : la dernière réforme constitutionnelle n’a servi à rien sinon à renforcer la situation de parti unique à l’Assemblée.
La réponse passe par le combat politique. Il faut éviter le bipartisme à tout prix et rendre le pouvoir au peuple, comme je l’explique dans mon ouvrage intitulé « Français, reprenez le pouvoir ». Notre pays est accoutumé aux sursauts brutaux ponctuant de longs déclins : espérons qu’aujourd’hui nous n’en arriverons ni à la révolution ni à la guerre pour mettre fin à l’oligarchie.
Sommes-nous au fond condamnés à ce déclin ? Personnellement je ne le pense pas. Il y a chez le peuple français une culture pleine de vitalité, une productivité extraordinaire, une qualité de vie appréciable et un certain génie assez répandu. Il y a un décalage colossal entre cette vitalité de la société française et une oligarchie qui a pris le pouvoir au profit d’intérêts extérieurs. L’appel de Cochin prononcé par Jacques Chirac en 1976 nous le dit : il s’agit d’une oligarchie mondialisée qui veut tuer l’exception française parce qu’elle encombre le paysage. Tant que les Français n’auront pas compris qu’ils doivent se battre pour préserver cette exception, ça ne marchera pas. Outre les qualités, il y a une naïveté française qui est aussi le fruit d’un assistanat. Le drame des Français c’est qu’ils n’y croient plus, qu’ils sont résignés et ils s’enfoncent dans ce que j’appelle « le jardin familial ». La politique des jardins familiaux était une politique russe du temps de Brejnev : lorsque les kolkhozes ne marchaient pas, chacun s’affairait à son petit jardin, comme un refuge au collectivisme.
Il est de la responsabilité de tout républicain, sans distinction de parti, qui face à l’inhumanité de la mondialisation, pense que la France a un rôle à jouer pour l’humaniser, d’aller à la rencontre des Français pour mobiliser l’action citoyenne autour de principes vertueux.
David: Une politique d’Etat providence ne risque-t-elle pas de saper la confiance des banques dans la capacité d’emprunt des Français ?
Si la France doit reconquérir sa force économique, elle doit avant tout œuvrer en faveur de l’emploi, même si cela signifie désobéir au milieu des affaires mondialistes.
Vogelsong: Vous êtes d’ailleurs partisan du protectionnisme
Bien entendu. Nous devons comprendre que nous sommes engagés dans une guerre économique mondiale, où la Chine pille pour éviter d’être pillée, où les Etats-Unis défendent en tout point du globe les intérêts américains, et où l’Europe n’a rien compris.
David: Êtes-vous pour un protectionnisme européen ou français ?
Avant tout européen mais possiblement français, quitte à sortir de l’Euro si les Allemands ne modifient pas leur politique. Il faut revenir à la défense des intérêts économiques français et à l’investissement dans les secteurs stratégiques. L’Allemagne et l’Angleterre savent très bien le faire : Brown a dévalué de 30% dans l’indifférence générale. Et contrairement à ce qu’a dit Sarkozy, l’industrie anglaise est plus puissante que l’industrie française.
C’est un premier défi sans lequel il n’y aura pas d’Etat providence, et la France sera en voie de paupérisation. Le second défi, c’est la cohésion nationale, sociale et migratoire, car immigration rime aujourd’hui avec abandon. Sans un moteur économique performant et une cohésion nationale et sociale, ce sera la paupérisation d’un coté et la guerre civile de l’autre.
Ronald: Vous parlez d’Etat stratège, mais si le pouvoir économique est aux mains d’une oligarchie, comment comptez-vous vous y prendre ?
Le pouvoir économique doit être repris en main. Bien qu’étant un homme de droite, je dis qu’il faut nationaliser au moins deux banques, afin de baisser les tarifs bancaires et d’introduire de la concurrence dans le système étatique. Il faut avoir une vision stratégique des secteurs d’avenir, investir massivement dans certaines priorités, mettre en place un protectionnisme sélectif, enfin reprendre en main le secteur économique. Cela ne veut pas dire mettre en place une organisation tentaculaire. Je suis par exemple favorable à la TVA sociale, à la baisse des charges pour les PME, car c’est une aberration de prélever des charges sur l’emploi dans une économie mondialisée. Je suis également pour la suppression du bouclier fiscal et de l’ISF (du moins sur la résidence principale).
Le problème aujourd’hui c’est l’oligarchie privée, le monopole privé. Nous avons besoin de services publics forts, donc d’une une stratégie de puissance.
Ronald: Nicolas Sarkozy annonce des investissements sur les 10 à 20 prochaines années, qu’en pensez-vous ?
Nicolas Sarkozy est le roi du double langage. Sa schizophrénie personnelle est impressionnante. Je ne pense d’ailleurs pas qu’il parle toujours par cynisme, il est parfois sincère. Sarkozy a compris qu’il fallait sortir des années de gestion molle qui nous condamnaient à la faillite totale, un constat que n’a pas voulu faire la gauche de gouvernement. Il a compris par exemple qu’il fallait un grand emprunt pour investir dans les technologies d’avenir, et il a eu raison sur ce sujet. Il a compris qu’il fallait du protectionnisme, il a compris durant sa campagne de 2007 que l’Euro était une catastrophe. Le problème ce sont ses relations, ses fidélités personnelles et la manière dont il gouverne, qui sont totalement contraires à ses convictions électorales sincères.
David: Pensez-vous qu’il y a une collusion entre les médias et les différents cercles d’influences du pouvoir ?
Oui, c’est plus qu’un danger, c’est un scandale : le conformisme bête. Les chiffres du commerce extérieur ne sont plus publiés correctement dans la presse française, alors que nous allons atteindre un déficit commercial de 50 milliards d’euros.
Sur ce dernier point, il faut voir que notre base de compétitivité s’effondre. On ne peut pas tenir un pays durablement quand ce pays vend moins qu’il n’achète : ce déficit est donc beaucoup plus grave que le déficit budgétaire.
Il est le résultat d’une politique de l’Euro suicidaire au seul intérêt de l’Allemagne. Malgré notre entente avec les Allemands, nous n’avons pas d’intérêt dans une monnaie surévaluée qui ne correspond pas à notre économie.
Vous ne pouvez pas avoir des charges plus élevées que les autres pays, un Euro surévalué et un libre échange total. Ces trois points mènent à la ruine de notre économie, de notre emploi et de notre protection sociale. Le choix est donc le suivant : soit pratiquer un libre échange intégral, sortir de l’euro, dévaluer et compenser les charges élevées de notre société ; soit opter pour le protectionnisme (européen) et garder l’euro ; soit supprimer les charges et perdre en niveau de vie. I est impossible de cumuler les trois choix, mais la classe politique et médiatique refuse d’accepter cette évidence.
Vogelsong: Quand allons-nous éponger ces pertes ?
Nous le faisons déjà. Aux Etats-Unis, vous aviez la faillite de compétitivité, payée par l’endettement privée et qui a permis de maintenir la consommation. Cela a duré 10 ans, aujourd’hui c’est un système en faillite. En France, nous utilisons les déficits publics. Cela peut donc traîner jusqu’à la faillite générale.
Vogelsong: A l’époque où la France enregistrait un déficit de 40 milliards, cela était présenté comme dramatique. Aujourd’hui, il est de 116 milliards.
Cette situation peut durer un long moment, dix à quinze ans maximum. Dans ce cas, les Français vivront de plus en plus mal et l’Etat sera en faillite complète. Après une dizaine d’années, ce sera le décrochage massif et nous deviendrons une puissance de second rang.
Vogelsong: Vous avez indiqué que vous souhaitiez baisser les charges sur les PME…
Oui, tout à fait, c’est ce qu’à fait Angela Merkel avec la TVA sociale lors de son élection : elle a augmenté de trois points la TVA et a baissé les charges pesant sur l’industrie allemande, ce qui représente une dévaluation interne à l’Euro. L’effet pour l’industrie allemande a été très bénéfique.
Malheureusement pour l’instant, notre pays travaille dans l’amateurisme, la démagogie et l’absence de vision générale, avec d’un coté une gauche laxiste et embourgeoisée et de l’autre une droite de classe et de privilèges.
David: Une autre alternative à droite est-elle encore possible ?
Je suis convaincu que l’alternative ne sera pas à gauche mais à droite ou au centre, compte tenu de la sociologie française. A titre personnel, je souhaite construire une alternative politique sérieuse.
David: Seriez-vous prêt à vous ranger derrière un candidat portant un projet correspondant à votre sensibilité ?
Oui, je n’ai pas vocation à être un éternel candidat à la présidentielle, sauf si comme en 2007 il n’y a personne d’autre que moi pour défendre les idéaux républicains et gaullistes dont je vous parle.
Vogelsong: Que pensez-vous de François Bayrou ?
Bayrou est un très bon analyste de la société française et du sarkozysme. Seulement, il ne donne aucun élément de réponse pour remédier à la situation. Vous ne redonnerez pas une cohésion sociale et nationale à un pays dans l’échec économique et en acceptant l’Europe de la ruine et du malthusianisme. C’est là où j’ai un désaccord profond avec Bayrou.
La France est aujourd’hui dans une nasse. A données constantes, le problème français n’est pas résoluble puisque les dirigeants politiques ont mis la France dans une situation de dépendance. La caste qui nous gouverne est prisonnière de schémas de pensée sur la mondialisation libérale, sur l’euro, la coopération européenne, l’immigration, dont elle ne sera peut-être libérée qu’à la prochaine explosion urbaine.
Vogelsong: Les explosions urbaines sont pourtant l’une des raisons avancées par Nicolas Sarkozy pour mettre en place des politiques sécuritaires.
Le peuple se rendra compte à un moment qu’il s’agit de discours. Le problème du sarkozysme, c’est la fuite en avant contrainte dans le discours pour faire oublier l’échec de la pratique.
Cette année, 8000 postes policiers sont supprimés et on nous explique que la lutte contre la délinquance sera plus efficace. La vérité se fera, mais comme des espoirs étaient nés, notamment dans les classes populaires, la déception sera violente.
Aujourd’hui, personne ne semble avoir d’alternative à offrir, et c’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy s’applique à brider les médias et à conserver le bipartisme. Une gauche bien-pensante en face d’une droite libérale : c’est actuellement la seule issue pour Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que la vérité l‘emporte.
Je souhaite construire un parti politique présent partout en France, avec une base de 10 000 adhérents. Nous avons reçu 300 000 voix aux européennes, ce que personne n’a remarqué. Le soir de l’élection européenne, nous avons été zappés des écrans, notre score n’a pas été inscrit : le Ministère de l’Intérieur nous avait classés parmi les « Divers droite ». Ce n’est pas un hasard, car si je réussis mon pari et que mon mouvement se développe, il mettra en péril la cohésion de l’UMP. Je ne suis pas un extrémiste, et je suis donc beaucoup plus dangereux pour Nicolas Sarkozy qu’un Le Pen ou qu’un Besancenot. Ceux-là sont plutôt les avocats du régime, alors qu’une personnalité politique raisonnable mais dont le discours échappe à la doxa peut mettre en danger la droite sarkozyste, et ce précisément grâce au vote populaire déçu par Nicolas Sarkozy.
David: Sur le plan de la politique internationale, que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ? Le trouvez-vous crédible ?
Nicolas Sarkozy est d’un amateurisme complet sur les questions intérieures, mais cohérent dans sa politique internationale, que je combats de toutes mes forces. S’il est un domaine où Nicolas Sarkozy fait preuve de constance et de volontarisme, c’est sur sa politique étrangère, qui est une politique néoconservatrice et atlantiste. Il a réussi à réintégrer la France au commandement de l’OTAN sans l’annoncer, il a engagé 2000 soldats de plus en Afghanistan, il a
abandonné la politique arabe de la France au pays de l’Etat d’Israël.
David: Quelle doit être la place de la France dans l’Europe ? Quel est votre projet européen ?
L’Europe est indispensable pour que la France pèse dans le monde. En revanche, la France ne peut peser dans une Europe à 27 que si elle refuse la loi de la majorité et qu’elle se bat pour une Europe à géométrie variable et de coopération. Parce qu’à 27, nous sommes minoritaires sur tous les sujets qui fondent l’exception française (laïcité, protectionnisme, services publics…). Pour reprendre une citation de Marie-France Garaud, c’est comme si un chef d’entreprise travaillait dans une entreprise comme associé minoritaire. Nous avons signé des traités qui nous mettent en minorité sur tous les sujets importants. Le traité de Lisbonne va être dramatique sur un point majeur, les négociations avec l’OMC. Pourquoi avons-nous une telle influence depuis 20 ans dans les négociations ? Parce que nous disposons d’un droit de veto et que si la France l’utilise, le mandat du commissaire européen est bloqué. C’est comme ça que nous avons gagné à chaque fois, comme Balladur au GATT en 1992.
David: Vous seriez pour un « pool » d’Etats ?
Non, même pas, simplement à la carte mais au gré des sujets. Une Europe intergouvernementale capable de s’accorder sur des projets communs sans passer par Bruxelles, comme dans le cas d’Airbus.
David: Comment peut-on avoir une ligne directrice lors des grands sommets en étant à ce point déstructuré ?
Il faut coopérer avant tout avec les quatre grands pays européens (France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne) plus la Russie et le Maghreb. L’Europe supranationale est morte. Ce rêve de la fin de la guerre est dépassé.
David: Quels sont les mérites de l’Europe ?
La paix, et les échanges.
David: Barack Obama a dit : « Le XXIeme siècle sera sino-américain » : n’avons-nous pas besoin d’une Europe forte pour lutter face à cette duopole ?
La voix de l’Europe émergera grâce à des projets concrets, pas dans la tour de Babel actuelle. Actuellement, l’Europe institutionnelle est celle du nivellement par le bas. Le Traité de Lisbonne va confier encore plus de pouvoir à des gens qui ont échoué et qui désarment l’Europe. En ce sens, le défi de l’Europe est avant tout économique et scientifique.
David: Pourtant, le cadre institutionnel actuel pourrait servir de socle à de nouveaux projets…
Le cadre dont vous parlez a fait de l’Europe un mélange d’Allemagne et d’Angleterre. Nous avons le système social et la dérégulation anglaise et la puissance allemande. Ces mauvais résultats devraient nous empêcher de rêver à de nouveaux projets sans remettre en question la forme actuelle de l’Europe.
L’Europe est un vecteur de progrès à condition qu’elle serve les peuples dans la guerre économique mondialisée.
Vogelsong: Ressentez-vous un écho donné à vos opinions dans les urnes ?
Non, parce que nous sommes assimilés à des anti-européens. Ensuite, nous n’avons pas la force de frappe politique et militante pour délivrer ce message. Pourtant même Barack Obama sera contraint de revenir tôt ou tard au protectionnisme face aux exportations chinoises. Mais ce discours ne passe pas car il casse en quelque sorte un rêve. Le jour où les Français s’en rendront compte, ils adhéreront à nos solutions. Je suis convaincu que notre discours portera.
Vogelsong: N’est-ce pas alarmiste ? Que penser de la classe politique actuelle ?
Ce sont des gens raisonnables qui pensent que les choses vont s’améliorer. Ils croient à leurs rêves, ils n’ont pas vécu le tragique de l’histoire. Ils pensent que le discours peut remplacer l’action, mais il y a un moment où l’on passe à la caisse.
Observez les phénomènes de déclin dans l’histoire. Entre l’origine et le moment final, il y a du temps. La France est un pays riche, elle a des succès mais elle vit une dégradation qui, si elle est lente, est bien concrète.
Ronald: Quels sont les tabous de notre classe politique ?
Il y a le tabou de l’Europe unie, c’est un mythe de substitution. On se déresponsabilise. On vit dans un mirage médiatique, c’est tellement plus facile d’être dans un monde idéal et virtuel. Nous parlons d’un pays qui truque les statistiques du chômage depuis deux décennies.
Je suis convaincu que notre pays a plein de ressorts. Les relations avec l’Afrique est essentielle et devrait être au centre de nos préoccupations. Quand vous regardez le monde actuellement, vous avez d’un coté l’Amérique du Nord et latine qui se développent, la tranche asiatique avec un développement extraordinaire et enfin un grand ventre mou avec une Europe inconsciente et endormie.
Je ne dis pas que toutes les solutions que je défends sont parfaites : je souhaite avant tout provoquer une réaction.
Ronald: Pourquoi ne pas unifier la sécession envers la droite sarkozyste organisée ?
Je ne peux pas faire plus, je suis déjà le seul UMP à oser quitter le parti. Demain, la majorité basculera peut-être à l’assemblée, grâce aux villepinistes. Mais pour l’instant, je ne peux pas faire plus. Toute résistance est appelée à se développer.
David: Comment expliquez-vous que les hommes politiques, souvent critiques envers l’Europe à leurs débuts, adoptent peu à peu le consensus ?
Parce qu’ils se rendent compte que la France toute seule ne peut pas tout faire. Mais je suis convaincu que si l’on ne réagit pas rapidement, l’Europe en fera les frais. Lisez le livre « Après la démocratie » d’Emmanuel Todd pour vous en rendre compte.
Vogelsong: Une dernière pensée pour Internet ?
C’est pour moi un vecteur d’expression et un outil de mobilisation, sans lequel mon parti n’aurait jamais pu exister. J’ai une newsletter que j’envois à près de 26 000 membres.
Internet est essentiel aujourd’hui : la blogosphère est le seul élément de liberté politique dont nous disposons encore dans notre système.
Retrouvez les articles de Reversus sur son blog
Source : http://www.marianne2.fr/Dupont-Aignan-il-faut-nationaliser-deux-banques_a182501.html
17:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dupont-aignan, martinez-mateos, politique
16.10.2009
Faisons barrage à Jean Sarkozy !
Droits dans leurs bottes ! Le moins que l’on puisse dire, c’est que Nicolas Sarkozy et ses troupes ne semblent pas s’émouvoir le moins du monde du déferlement de critiques qui s’abattent sur la possible nomination du rejeton du président à la tête de l’EPAD. Il faut donc garder la pression.
Une rhétorique grossière
Heureusement que le ridicule ne tue pas car les arguments de défense de Jean Sarkozy atteignent des sommets difficilement atteignables. A tout seigneur, tout honneur, le fils de président a trouvé une réplique amusante : « quand on parle de dauphin, je comprends mieux pourquoi : j’ai vu qu’il y avait un certain nombre de requins autour de moi ». Le conseiller général de Neuilly ose même affirmer que « lorsqu’on s’appelle Sarkozy, les choses sont parfois plus difficiles ». Mais bien sûr !
Ses défenseurs détournent le débat en parlant de « chasse à l’homme ». Même le plus gros reste quand même le parallèle avec Martine Aubry, fille de Jacques Delors. Jean-François Copé a osé la comparaison en soulignant que l’actuelle première secrétaire du Parti Socialiste était devenue ministre en 1991 sans la moindre expérience politique. Sauf qu’elle avait 41 ans, avait fait l’ENA (en y rentrant à 23 ans, comme quoi, on peut avoir fait des études à cet âge), avait travaillé en cabinet ministériel et dans le privé….
Bref, la comparaison est complètement ridicule. La mauvaise foi atteint des limites insoupçonnables quand les clones décérébrés de l’armée du président affirment que l’on fait du racisme anti-jeune ou que sa simple élection l’an dernier fait de lui un candidat valable. Malheureusement pour l’Elysée, la ligne de défense du conseiller général est plus friable que la ligne Maginot et l’immense majorité des Français est scandalisée par une telle perspective, à en croire les commentaires sur Internet.
Un abus de pouvoir auquel il faut s’opposer
Car le fond de l’affaire est simple : est-il imaginable qu’un jeune homme de 23 ans, en 2ème année de droit puisse devenir président d’un organisme public gérant un budget d’un milliard chargé de la supervision de la première zone d’affaires d’Europe ? Et son année et demie de conseiller général reste légère par rapport à l’expérience nécessaire pour cette fonction. Peut-on décemment imaginer que l’annonce pour le poste pouvait requérir une expérience minimum de un an ?
Il n’y a pas si longtemps, Nicolas Sarkozy affirmait que « désormais, ce qui compte en France pour réussir, ce n’est plus d’être bien né, c’est de travailler dur et avoir fait la preuve, par ses études, par son travail, de sa valeur ». Ce nouvel épisode montre qu’il ne s’agissait que de belles paroles puisque pour réussir, Jean Sarkozy n’a pas à travailler dur ou à faire la preuve par ses études de sa valeur afin d’accéder à la tête de l’EPAD. Il a seulement besoin d’être bien né.
Jean Sarkozy n’a aucune qualification pour ce poste autre que le nom de famille qu’il porte et il est scandaleux que son père soutienne une candidature qui a plus à voir avec le comportement de dictateurs de contrées lointaines. En agissant de la sorte, il humilie la France, qui est aujourd’hui moquée aux quatre coins de la planète. Il n’est pas acceptable de laisser le président de la République rabaisser notre pays en soutenant une telle nomination, parfaitement injustifiable.
C’est pourquoi, même si cette affaire peut sembler secondaire, elle est en fait essentielle. Nous devons faire un maximum de bruits pour faire barrage à une telle nomination en signant et en faisant signer la pétition contre sa nomination. Nous avons encore du temps pour faire reculer l’Elysée !
Source : http://www.lefigaro.fr/politique/2009/10/15/01002-2009101...
Le lien vers la pétition contre sa nomination (le serveur est souvent surchargé) : http://www.mesopinions.com/Jean-Sarkozy--renoncez-a-postu...
13:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, aubry, ariège, martinez-mateos
15.10.2009
"L’effort économique à fournir devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin !"
« Les Français ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste »
Libération, jeudi 15 octobre 2009 - Interview - Propos recueillis par Christophe Forcari
La candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad) n’a pas été digérée à droite. Mais rares sont ceux qui osent le dire. Au gouvernement, seule Rama Yade admet que le climat est mauvais. Ainsi que l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Député (non-inscrit) de l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l’UMP début 2007, peut se permettre de dire tout haut ce que nombre de ses ex-collègues pensent tout bas.
En soutenant les ambitions de son fils, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas tiré une balle dans le pied de la droite ?
Nicolas DUPONT-AIGNAN : il est carrément en train de scier la branche sur laquelle il a été élu. Il a porté pendant sa campagne un certain nombre de valeurs comme le mérite, le travail, qui sont aujourd’hui battues en brèche dans l’exercice du pouvoir. Son attitude brise le pacte républicain. Beaucoup de gens rejoignent aujourd’hui notre mouvement Debout la République, choqués par la nomination de Jean Sarkozy, et ils viennent pour la plupart de l’UMP. Dans son électorat, la désillusion à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la hauteur des espérances suscitées.
Avec cette affaire et la polémique sur Frédéric Mitterrand, l’UMP ne tourne-t-elle pas le dos à son électorat ?
C’est une certitude. Cette inversion de valeurs n’est pas nouvelle. Depuis l’élection du président de la République, nous assistons à une vraie rupture : la dévalorisation de la fonction présidentielle. Nicolas Sarkozy agit avec la plus grande désinvolture, non seulement à l’égard du Premier ministre, mais aussi des parlementaires et surtout des Français. Dans la Ve République, le Président dispose de grands pouvoirs qui exigent de lui, en contrepartie, une rigueur et une exemplarité irréprochables. Sinon le risque d’une dérive vers un pouvoir personnel est grand. C’est le cas aujourd’hui. Le double langage est permanent. Les actes sont totalement contradictoires avec les intentions affichées. Trois exemples. Le président de la République a fait de la sécurité son fonds de commerce ; mais on réduit les effectifs dans les commissariats. Sur la régulation du capitalisme, il prône le retour du volontarisme public en économie - que je défends -, mais il donne de l’argent aux banques sans les contrôler. Il se fait le héraut du mérite au lycée, mais il organise l’arrivée de son fils à la tête de l’Epad. Cette schizophrénie ne peut pas durer.
Comment jugez-vous le manque de réactions des députés UMP ?
Un système de parti unique a été mis en place, d’où sont écartées les personnalités les plus fortes et celles qui réfléchissent. On ne peut pas attendre de leur part la dénonciation d’un système qui les nourrit. Je suis pourtant impressionné par le nombre de mes collègues qui se rendent compte des dérives et s’inquiètent de l’impasse économique et sociale dans laquelle le pays est entraîné. Quelques-uns tentent de résister à leur façon, mais la plupart n’osent pas franchir le Rubicon comme je l’ai fait en 2007, en dénonçant le candidat du show-biz, de la frime et du fric. Les parlementaires UMP évolueront le jour où ils auront le sentiment qu’une alternative à droite peut gagner. Je suis convaincu que les Français ne veulent pas du retour de la gauche et qu’ils ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste. Il faut s’organiser pour préparer la suite.
Jean-François Copé pourrait incarner cette alternative à droite ?
J’ai l’impression qu’il mise plutôt sur 2017 que sur 2012. La question n’est pas de remplacer une personne par une autre, aussi brillante soit-elle. L’enjeu est de changer radicalement de politique. Malgré les beaux discours, ce gouvernement est en train d’échouer. Il ne remet pas en cause un système mondialiste de libre-échange intégral suicidaire pour nos emplois, un euro surévalué par rapport au dollar et une oligarchie bancaire étouffante pour nos PME. Tant que nous ne nous attaquerons pas aux causes du chômage, nous ne résoudrons rien.
Cette situation peut-elle nourrir un retour du FN ?
Si une droite républicaine et sociale n’émerge pas rapidement, un retour de l’extrémisme est à craindre. Beaucoup se sentent orphelins d’un vrai rassemblement gaulliste.
En intégrant la majorité présidentielle, Philippe de Villiers vous a dégagé le terrain du souverainisme ?
Ce n’est pas seulement la question de la souveraineté de la France qui est en jeu, mais la survie des principes républicains. L’effort économique à fournir dans les années qui viennent devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin.
13:56 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ariège, martinez-mateos, dupont-aignan
09.10.2009
Edito
Le tourbillon des petites polémiques n’en finit pas de sillonner notre pays qui, pourtant, n’en a vraiment pas besoin. Où s’arrêtera-t-on ? La politique spectacle (shows communicationnels incessants, « prises de guerre » avec la politique d’ouverture, « cagnottes » scolaires,…) a laissé la place à la politique people (grand déballage sur la vie privée d’Eric Besson, écho sur la nouvelle romance de Ségolène Royal,…), avant de sombrer carrément dans le sordide avec l’affaire Polanski et ses hallucinants prolongements.
Que révèle ce climat ? Outre le goût immodéré de notre temps pour l’immédiat, le sensationnalisme, même de bas-étage, ou encore la tentation de la transgression permanente telle qu’elle est montrée en quasi exemple dans les hautes sphères, l’air du temps reflète d’abord le vide du débat public, le renoncement de la classe politique à peser sur le cours des choses, par résignation ou laisser-faire. En effet, sorti des annonces fracassantes, des promesses tonitruantes jamais suivies d’effets (remontée de l’insécurité, retour de plus belle de la spéculation, abandon des ouvriers Gandrange,…), sorti des réformes dangereuses car pharaoniques (Grand Paris) ou taillées sur mesures pour les amis du Fouquet’s (libéralisation des jeux, bouclier fiscal,…), force est de constater que nos gouvernants refusent de s’attaquer à la racine des problèmes qui tourmentent nos concitoyens.
Face à la morne plaine de cette vie politique faite d’apparences et d’incantation, Debout la République se distingue précisément par sa volonté d’oser dire les choses et d’oser proposer les solutions audacieuses qui, seules, peuvent redresser le pays. Refuser de s’enliser dans les petites polémiques qui détournent de l’essentiel pour se consacrer encore et toujours aux vrais défis que doit relever la France, est en quelque sorte notre marque de fabrique à DLR. Et nous n’en changerons pas !
Par Nicolas Dupont-Aignan
10:40 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dlr, ariege, martinez-mateos, dupont-aignan
13.12.2008
Lettre aux Irlandais
Ils ont décidé. Vous allez revoter l'an prochain. Vous avez une constitution qui oblige à vous consulter à chaque transfert de souveraineté. Ils ne peuvent donc se passer de votre accord. Pourtant vous avez déjà dit NON. Comme je comprends ! Nous l'avions fait aussi. Malheureusement, nos institutions ne nous protègent pas du fait qu'une assemblée de pleutres vienne contredire le Peuple quelques mois plus tard sous la dictée d'un Badinguet nouveau genre. Mais je dois vous prévenir. Je les connais bien ces fossoyeurs du suffrage universel qui n'ont pourtant que le mot "démocratie" à la bouche à défaut de l'avoir ancré dans la cervelle.
Ils vont vous dire que l'on pourrait fort bien se passer de vous. Ils mentent. Un traité ne peut entrer en vigueur que si tous les signataires l'ont ratifié. Rien ne peut se faire sans vous.
Ils vont vous dire que vous retardez l'Europe. Ils mentent. En refusant le Traité de Lisbonne, vous faites dérailler l'oligarchie et permettez à l'Europe de repartir sur des bases saines.
Ils vont vous dire. Ils vous disent déjà. Mon Président (Vous savez, le Badinguet nouveau genre...) vous a déjà dit qu'il comprenait les peuples qui disaient NON car il en est issu. Immonde crapulerie. Il le connaît tellement bien qu'il avait voté OUI et qu'il s'est essuyé les talonnettes sur le suffrage majoritairement hostile de ses compatriotes. Ils vont donc vous dire qu'ils vous comprennent. Qu'ils comprennent votre agacement. Mais qu'il faut être raisonnable. Et qu'il faut vous résigner.
Ne vous résignez pas, fiers citoyens d'Irlande. N'oubliez pas qu'un OUI est toujours définitif dans leur esprit et que vous n'aurez plus le loisir de changer d'avis après. Chez eux, le OUI à leurs funestes projets est toujours définitif alors que le NON ne peut, ne doit être qu'ephémère. Un second NON casserait cet entêtement. Vous pouvez sauver la Démocratie en Europe. A la limite, que vous rejetiez ce traité pour des raisons libérales ou socialistes n'a que peu d'importance, alors que cela pouvait en avoir l'été dernier. Cette fois-ci c'est l'idée même de suffrage universel qui est en cause. Si vous vous soumettez, ils pourront tout se permettre. Et, n'en doutons pas, ils se permettront tout. Le décès de la Démocratie sera acté sur nos contrées.
par David Desgouilles
Conseiller national DLR
10:34 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : referendum, irlande, europe, martinez-mateos
09.12.2008
Profanation du cimetière Notre Dame de Lorette
Je ne peux que condamner ce qui c'est passé pour l’énième fois au cimetière de Notre Dame de Lorette (Pas de Calais).
Comment peut-on laisser perpétrer de tel acte de barbarie ? Quelle que soit leur religion, leur culture ou couleur de peau, ces anciens combattants ont défendu notre pays et nous leur devons notre quotidien d’aujourd’hui.
Nous leur devons le respect.
Je demande à nos dirigeants de retrouver les barbares qui commettent ces actes odieux et de les condamner à une peine exemplaire.
Enfin mes pensées vont vers les musulmans de France et à la communauté juive de notre pays qui ont été de nouveau la cible de ces actes odieux.
Philippe MARTINEZ-MATEOS
11:24 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : profanation, notre dame de lorette, ariege, martinez-mateos
28.11.2008
Après cinq années d'amicales proximités,Michel Emeriau président de Prométhée rejoint Nicolas Dupont-Aignan et Debout la République au lendemain de son Congrès fondateur
![logo_promethee[1].jpg](http://philippemartinez.hautetfort.com/media/01/01/2113054347.jpg)
Le 18 juin dernier, après cinq années d’amicales proximités, j’ai souhaité m’engager plus avant en adhérant à Debout la République pour une raison qui s’impose à tous : Nicolas Dupont-Aignan est le seul responsable politique national porteur d’avenir à s’inspirer des valeurs qui nous ont été transmises par le Général de Gaulle et à les revendiquer sans les trahir. Son combat est courageux car il n’y a guère que des coups à prendre à l’extérieur des «grands» partis politiques. C’est à cette forge-là que l’on reconnaît les âmes bien trempées !
Il eut été bien plus facile pour lui d’accepter la voie du renoncement, accomplissant tranquillement son mandat de Député-maire d’Yerres au sein du mouvement présidentiel dont il était issu. Mais il a choisi de se tourner vers demain. Il a choisi la difficulté à l’extérieur de la forteresse. Il aurait pu aussi s’engager sur des voies extrémistes plus propices à attirer sur lui les feux de l’actualité et des médias. Il a choisi le chemin de la cause juste, il a choisi la troisième voie…
La France va devoir faire face à de graves difficultés, liées à la crise internationale certes, mais aussi à la grande propension qu’ont eu trop de nos responsables politiques à déléguer à des fonctionnaires apatrides les responsabilités qui leur incombaient. Ceci est inacceptable ! Si dès aujourd'hui nous ne menons pas le combat qui s’annonce pour défendre les valeurs qui sont les nôtres, personne ne le fera à notre place ! C'est toute l'âme profonde de la nation qui, à terme, est menacée de disparition !
Il ne s’agit donc pas de baisser les bras, il s’agit de mobiliser massivement nos concitoyens !
Si notre avenir nous appartient, il appartient aussi aux générations futures. Nous avons le devoir de leur conserver l’héritage que nous ont laissé nos anciens, et même de le faire fructifier. La France est une vieille nation qui s’est forgée au cours de nombreux siècles passés, mais elle sait aussi être une nation extraordinairement en avance dans bien des domaines. La France a souvent porté haut le flambeau qui illumine les Peuples. C’est dire si la tâche qui nous attend est ambitieuse !
Aujourd’hui, Nicolas Dupont-Aignan reprend ce flambeau avec la volonté d’éclairer à nouveau la voie dont l’énergie sera républicaine ou ne sera pas !
Son combat est noble. C’est pour la raison pour laquelle j’ai décidé de le soutenir.
Levez-vous Compagnons !
Debout la République !
Debout la République !
Debout la République !
Vive la France !
11:39 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : prométhée, martinez-mateos, debout la république
14.11.2008
L'origine de la crise, pour les nuls
Alors voilà, Mme. Ginette a une buvette à Bertincourt, dans le Pas de Calais. Pour augmenter ses ventes, elle décide de faire crédit à ses fidèles clients, tous alcooliques, presque tous au chômage de longue durée.
Vu qu'elle vend à crédit, Mme. Ginette voit augmenter sa fréquentation et, en plus, peut augmenter un peu les prix de base du "calva" et du ballon de rouge.
Le jeune et dynamique directeur de l'agence bancaire locale, quant à lui, pense que les "ardoises" du troquet constituent, après tout, des actifs recouvrables, et commence à faire crédit à Mme. Ginette, ayant les dettes des ivrognes comme garantie.
Au siège de la banque, des traders avisés transforment ces actifs recouvrables en CDO, CMO, SICAV, SAMU, OVNI, SOS et autres sigles financiers que nul n'est capable de comprendre.
Ces instruments financiers servent ensuite de levier au marché actionnaire et conduisent, au NYSE, à la City de Londres, au Bourses de Francfort et de Paris, etc., à des opérations de dérivés dont les garanties sont totalement inconnues de tous (c.à.d., les ardoises des ivrognes de Mme Ginette).
Ces "dérivés" sont alors négociés pendant des années comme s'il s'agissait de titres très solides et sérieux sur les marchés financiers de 80 pays.
Jusqu'au jour où quelqu'un se rend compte que les alcoolos du troquet de Bertincourt n'ont pas un rond pour payer leurs dettes.
La buvette de Mme. Ginette fait faillite.
Et le monde aussi…
19:23 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : crise, ariege, dlr, martinez-mateos
22.05.2008
« Je suis fier d’avoir voté contre ce texte »
COMMUNIQUE DE PRESSE
OGM : leur mauvaise conscience rattrapera les députés qui ont voté le texte
Le scrutin très serré de ce soir montre, s’il en était besoin, combien la majorité à voté de projet de loi OGM en traînant les pieds.
Pour ma part, je suis fier d’avoir voté contre ce texte car je suis convaincu que, tôt ou tard, nos enfants nous reprocheront d’avoir négligé le principe de précaution pourtant inscrit dans la constitution.
Les députés ayant voté ce texte regretteront alors amèrement leur geste et ils seront rattrapés par leur mauvaise conscience.
Debout la République continuera à combattre la dissémination inconsidérée des OGM dans nos campagnes, que vient d’imposer la Commission de Bruxelles à une classe politique inconséquente.
Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République
12:27 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ogm, ariege, nda, martinez-mateos



