21.10.2009
Dupont-Aignan:« il faut nationaliser deux banques »
Reversus, Ronald du blog Intox 2007, et Vogelsong du blog Piratage(s) ont rencontré Nicolas Dupont-Aignan. leader de Debout La République. Ils lui proposent de faire à mi-mandat présidentiel un bilan sur Nicolas Sarkozy, la droite française, la crise, l'Europe, et les perspectives de son courant politique.
Nicolas Dupont-Aignan séduit par le constat très lucide qu’il fait du déclin français. Qu’il s’exprime au sujet du sarkozysme ou du morcellement de notre société, son analyse semble clairvoyante et empreinte d’une grande expérience du terrain. On retrouve dans sa vision les principes fondamentaux du gaullisme : un Etat fort, un attachement aux services publics et au rôle de la France sur la scène internationale.
Mais les forces de Nicolas Dupont-Aignan sont sans doute aussi ses faiblesses. Son ancrage gaulliste n’est pas toujours adapté aux enjeux du XXIème, lorsque par exemple il rapporte l’impuissance du politique à l’influence forcément néfaste de la mondialisation, ou lorsqu’il appuie son analyse économique uniquement sur les chiffres du déficit commercial . Le protectionnisme qu’il appelle de ses vœux n’a jamais fourni que des résultats décevants , et sortir de l’Europe comme il le préconise serait aujourd’hui politiquement et économiquement suicidaire. La question de l’Union Européenne est d’ailleurs sans doute le point de divergence majeur, au sein de cette droite néo-gaulliste, entre les villepinistes et les partisans de Debout la République .
Ronald : Votre mouvement s’intitule « Debout la République », doit-on en conclure qu’elle serait tombée par terre ?
Oui, tout à fait. Nous avons fondé Debout la République en 1999, il s’agissait d’un groupe de réflexion partant du sentiment que la flamme gaulliste était éteinte au RPR – un sentiment que la création de l’UMP n’a fait que renforcer. Pour ma part, j’ai d’abord essayé de lutter de l’intérieur avant de finir par quitter l’UMP en 2007. C’est alors que Debout la République est devenu une véritable formation politique.
Les principes fondateurs de l’exception française, qui permettaient d’aller au-delà du clivage droite-gauche, sont aujourd’hui piétinés par l’oligarchie qui nous gouverne. L’élection de Nicolas Sarkozy a été l’aboutissement d’un déclin progressif de valeurs, dont l’embourgeoisement du PS était un symptôme. Il faut tenter de revenir au sens premier de notre République, à la démocratie du peuple par le peuple et pour le peuple.
Ronald: La formule résonne-t-elle encore chez les Français ?
Cela dépend. Les Français ressentent intuitivement et confusément qu’ils sont dupes de l’exercice actuel de la politique. Depuis vingt ans, les engagements électoraux ne sont pas tenus, et les problèmes ne sont pas attaqués à leur source. Le pouvoir politique a été abandonné à des féodalités intérieures et à des puissances extérieures. En tant que gaulliste, mon combat politique se rattache plus que jamais à l’indépendance de la France et au cadre national.
Les dysfonctionnements de notre République ne sont pas simplement dus à la méchanceté, au cynisme, à l’individualisme ou à l’orgueil de la classe politique : la moralité n’est ni pire ni meilleure qu’autrefois. La différence majeure entre les 20 ou 30 dernières années et le reste de notre histoire, c’est la contradiction entre la mondialisation financière et le maintien de la démocratie au niveau national. Particulièrement en France, on peut sentir que, derrière les masques du régime présidentiel, le pouvoir a perdu le pouvoir.
Le pouvoir a été abandonné à des féodalités d’intérêts, qu’il s’agisse des banques, des grandes entreprises de la distribution ou des BTP. Le Général De Gaulle disait que le pouvoir se fait par la corbeille. Aujourd’hui c’est la corbeille qui a pris le pouvoir. Au niveau local, de grandes baronnies se constituent afin de conserver ce pouvoir de décision.
Au niveau international, nous sommes pareillement inféodés, à Bruxelles avec la Commission Européenne, à Luxembourg avec la Cour de Justice Européenne, à Francfort avec la Banque Centrale Européenne, à Pékin pour la régulation du commerce international et à Washington pour le dollar. Les représentants du peuple sont littéralement dépossédés de leur pouvoir. La classe politique, en tolérant les traités de Maastricht, d’Amsterdam, de Nice, de Lisbonne… a scié la branche sur laquelle elle était assise.
Mon combat est né de cette découverte que la classe politique n’a pas le droit d’abandonner le pouvoir. Bien sur, la mondialisation oblige à des coopérations internationales. Mais il est impossible de gouverner sans conserver son pouvoir de décision. Ou alors cela se réduit au ministère de la parole, et les Français sont forcément déçus. Même si tous ne voient pas la cause première, ils sentent bien que la roue tourne à vide. Le pouvoir politique actuel est comme un vélo d’appartement, et les Français qui sont dans le porte-bagages s’aperçoivent à un moment qu’ils n’ont pas fait le chemin qu’on leur avait promis. Ils l’ont d’ailleurs clairement manifesté au moment du référendum de 2005.
Nous avons besoin d’un Etat fort, régalien, d’une école publique plus méritocratique, de services publics présents sur tout le territoire et d’un système économique d’effort et de partage. Voilà pourquoi j’ai fondé mon mouvement, et pourquoi je l’ai appelé Debout la République. Parce que la démagogie, le laxisme et l’abandon, le sommeil de la classe politique, nous a fait perdre le pouvoir.
David: Quelles sont les solutions pour vous ? La constitution d’une VIème République ?
Les débats institutionnels sont dépassés : la dernière réforme constitutionnelle n’a servi à rien sinon à renforcer la situation de parti unique à l’Assemblée.
La réponse passe par le combat politique. Il faut éviter le bipartisme à tout prix et rendre le pouvoir au peuple, comme je l’explique dans mon ouvrage intitulé « Français, reprenez le pouvoir ». Notre pays est accoutumé aux sursauts brutaux ponctuant de longs déclins : espérons qu’aujourd’hui nous n’en arriverons ni à la révolution ni à la guerre pour mettre fin à l’oligarchie.
Sommes-nous au fond condamnés à ce déclin ? Personnellement je ne le pense pas. Il y a chez le peuple français une culture pleine de vitalité, une productivité extraordinaire, une qualité de vie appréciable et un certain génie assez répandu. Il y a un décalage colossal entre cette vitalité de la société française et une oligarchie qui a pris le pouvoir au profit d’intérêts extérieurs. L’appel de Cochin prononcé par Jacques Chirac en 1976 nous le dit : il s’agit d’une oligarchie mondialisée qui veut tuer l’exception française parce qu’elle encombre le paysage. Tant que les Français n’auront pas compris qu’ils doivent se battre pour préserver cette exception, ça ne marchera pas. Outre les qualités, il y a une naïveté française qui est aussi le fruit d’un assistanat. Le drame des Français c’est qu’ils n’y croient plus, qu’ils sont résignés et ils s’enfoncent dans ce que j’appelle « le jardin familial ». La politique des jardins familiaux était une politique russe du temps de Brejnev : lorsque les kolkhozes ne marchaient pas, chacun s’affairait à son petit jardin, comme un refuge au collectivisme.
Il est de la responsabilité de tout républicain, sans distinction de parti, qui face à l’inhumanité de la mondialisation, pense que la France a un rôle à jouer pour l’humaniser, d’aller à la rencontre des Français pour mobiliser l’action citoyenne autour de principes vertueux.
David: Une politique d’Etat providence ne risque-t-elle pas de saper la confiance des banques dans la capacité d’emprunt des Français ?
Si la France doit reconquérir sa force économique, elle doit avant tout œuvrer en faveur de l’emploi, même si cela signifie désobéir au milieu des affaires mondialistes.
Vogelsong: Vous êtes d’ailleurs partisan du protectionnisme
Bien entendu. Nous devons comprendre que nous sommes engagés dans une guerre économique mondiale, où la Chine pille pour éviter d’être pillée, où les Etats-Unis défendent en tout point du globe les intérêts américains, et où l’Europe n’a rien compris.
David: Êtes-vous pour un protectionnisme européen ou français ?
Avant tout européen mais possiblement français, quitte à sortir de l’Euro si les Allemands ne modifient pas leur politique. Il faut revenir à la défense des intérêts économiques français et à l’investissement dans les secteurs stratégiques. L’Allemagne et l’Angleterre savent très bien le faire : Brown a dévalué de 30% dans l’indifférence générale. Et contrairement à ce qu’a dit Sarkozy, l’industrie anglaise est plus puissante que l’industrie française.
C’est un premier défi sans lequel il n’y aura pas d’Etat providence, et la France sera en voie de paupérisation. Le second défi, c’est la cohésion nationale, sociale et migratoire, car immigration rime aujourd’hui avec abandon. Sans un moteur économique performant et une cohésion nationale et sociale, ce sera la paupérisation d’un coté et la guerre civile de l’autre.
Ronald: Vous parlez d’Etat stratège, mais si le pouvoir économique est aux mains d’une oligarchie, comment comptez-vous vous y prendre ?
Le pouvoir économique doit être repris en main. Bien qu’étant un homme de droite, je dis qu’il faut nationaliser au moins deux banques, afin de baisser les tarifs bancaires et d’introduire de la concurrence dans le système étatique. Il faut avoir une vision stratégique des secteurs d’avenir, investir massivement dans certaines priorités, mettre en place un protectionnisme sélectif, enfin reprendre en main le secteur économique. Cela ne veut pas dire mettre en place une organisation tentaculaire. Je suis par exemple favorable à la TVA sociale, à la baisse des charges pour les PME, car c’est une aberration de prélever des charges sur l’emploi dans une économie mondialisée. Je suis également pour la suppression du bouclier fiscal et de l’ISF (du moins sur la résidence principale).
Le problème aujourd’hui c’est l’oligarchie privée, le monopole privé. Nous avons besoin de services publics forts, donc d’une une stratégie de puissance.
Ronald: Nicolas Sarkozy annonce des investissements sur les 10 à 20 prochaines années, qu’en pensez-vous ?
Nicolas Sarkozy est le roi du double langage. Sa schizophrénie personnelle est impressionnante. Je ne pense d’ailleurs pas qu’il parle toujours par cynisme, il est parfois sincère. Sarkozy a compris qu’il fallait sortir des années de gestion molle qui nous condamnaient à la faillite totale, un constat que n’a pas voulu faire la gauche de gouvernement. Il a compris par exemple qu’il fallait un grand emprunt pour investir dans les technologies d’avenir, et il a eu raison sur ce sujet. Il a compris qu’il fallait du protectionnisme, il a compris durant sa campagne de 2007 que l’Euro était une catastrophe. Le problème ce sont ses relations, ses fidélités personnelles et la manière dont il gouverne, qui sont totalement contraires à ses convictions électorales sincères.
David: Pensez-vous qu’il y a une collusion entre les médias et les différents cercles d’influences du pouvoir ?
Oui, c’est plus qu’un danger, c’est un scandale : le conformisme bête. Les chiffres du commerce extérieur ne sont plus publiés correctement dans la presse française, alors que nous allons atteindre un déficit commercial de 50 milliards d’euros.
Sur ce dernier point, il faut voir que notre base de compétitivité s’effondre. On ne peut pas tenir un pays durablement quand ce pays vend moins qu’il n’achète : ce déficit est donc beaucoup plus grave que le déficit budgétaire.
Il est le résultat d’une politique de l’Euro suicidaire au seul intérêt de l’Allemagne. Malgré notre entente avec les Allemands, nous n’avons pas d’intérêt dans une monnaie surévaluée qui ne correspond pas à notre économie.
Vous ne pouvez pas avoir des charges plus élevées que les autres pays, un Euro surévalué et un libre échange total. Ces trois points mènent à la ruine de notre économie, de notre emploi et de notre protection sociale. Le choix est donc le suivant : soit pratiquer un libre échange intégral, sortir de l’euro, dévaluer et compenser les charges élevées de notre société ; soit opter pour le protectionnisme (européen) et garder l’euro ; soit supprimer les charges et perdre en niveau de vie. I est impossible de cumuler les trois choix, mais la classe politique et médiatique refuse d’accepter cette évidence.
Vogelsong: Quand allons-nous éponger ces pertes ?
Nous le faisons déjà. Aux Etats-Unis, vous aviez la faillite de compétitivité, payée par l’endettement privée et qui a permis de maintenir la consommation. Cela a duré 10 ans, aujourd’hui c’est un système en faillite. En France, nous utilisons les déficits publics. Cela peut donc traîner jusqu’à la faillite générale.
Vogelsong: A l’époque où la France enregistrait un déficit de 40 milliards, cela était présenté comme dramatique. Aujourd’hui, il est de 116 milliards.
Cette situation peut durer un long moment, dix à quinze ans maximum. Dans ce cas, les Français vivront de plus en plus mal et l’Etat sera en faillite complète. Après une dizaine d’années, ce sera le décrochage massif et nous deviendrons une puissance de second rang.
Vogelsong: Vous avez indiqué que vous souhaitiez baisser les charges sur les PME…
Oui, tout à fait, c’est ce qu’à fait Angela Merkel avec la TVA sociale lors de son élection : elle a augmenté de trois points la TVA et a baissé les charges pesant sur l’industrie allemande, ce qui représente une dévaluation interne à l’Euro. L’effet pour l’industrie allemande a été très bénéfique.
Malheureusement pour l’instant, notre pays travaille dans l’amateurisme, la démagogie et l’absence de vision générale, avec d’un coté une gauche laxiste et embourgeoisée et de l’autre une droite de classe et de privilèges.
David: Une autre alternative à droite est-elle encore possible ?
Je suis convaincu que l’alternative ne sera pas à gauche mais à droite ou au centre, compte tenu de la sociologie française. A titre personnel, je souhaite construire une alternative politique sérieuse.
David: Seriez-vous prêt à vous ranger derrière un candidat portant un projet correspondant à votre sensibilité ?
Oui, je n’ai pas vocation à être un éternel candidat à la présidentielle, sauf si comme en 2007 il n’y a personne d’autre que moi pour défendre les idéaux républicains et gaullistes dont je vous parle.
Vogelsong: Que pensez-vous de François Bayrou ?
Bayrou est un très bon analyste de la société française et du sarkozysme. Seulement, il ne donne aucun élément de réponse pour remédier à la situation. Vous ne redonnerez pas une cohésion sociale et nationale à un pays dans l’échec économique et en acceptant l’Europe de la ruine et du malthusianisme. C’est là où j’ai un désaccord profond avec Bayrou.
La France est aujourd’hui dans une nasse. A données constantes, le problème français n’est pas résoluble puisque les dirigeants politiques ont mis la France dans une situation de dépendance. La caste qui nous gouverne est prisonnière de schémas de pensée sur la mondialisation libérale, sur l’euro, la coopération européenne, l’immigration, dont elle ne sera peut-être libérée qu’à la prochaine explosion urbaine.
Vogelsong: Les explosions urbaines sont pourtant l’une des raisons avancées par Nicolas Sarkozy pour mettre en place des politiques sécuritaires.
Le peuple se rendra compte à un moment qu’il s’agit de discours. Le problème du sarkozysme, c’est la fuite en avant contrainte dans le discours pour faire oublier l’échec de la pratique.
Cette année, 8000 postes policiers sont supprimés et on nous explique que la lutte contre la délinquance sera plus efficace. La vérité se fera, mais comme des espoirs étaient nés, notamment dans les classes populaires, la déception sera violente.
Aujourd’hui, personne ne semble avoir d’alternative à offrir, et c’est la raison pour laquelle Nicolas Sarkozy s’applique à brider les médias et à conserver le bipartisme. Une gauche bien-pensante en face d’une droite libérale : c’est actuellement la seule issue pour Nicolas Sarkozy, jusqu’à ce que la vérité l‘emporte.
Je souhaite construire un parti politique présent partout en France, avec une base de 10 000 adhérents. Nous avons reçu 300 000 voix aux européennes, ce que personne n’a remarqué. Le soir de l’élection européenne, nous avons été zappés des écrans, notre score n’a pas été inscrit : le Ministère de l’Intérieur nous avait classés parmi les « Divers droite ». Ce n’est pas un hasard, car si je réussis mon pari et que mon mouvement se développe, il mettra en péril la cohésion de l’UMP. Je ne suis pas un extrémiste, et je suis donc beaucoup plus dangereux pour Nicolas Sarkozy qu’un Le Pen ou qu’un Besancenot. Ceux-là sont plutôt les avocats du régime, alors qu’une personnalité politique raisonnable mais dont le discours échappe à la doxa peut mettre en danger la droite sarkozyste, et ce précisément grâce au vote populaire déçu par Nicolas Sarkozy.
David: Sur le plan de la politique internationale, que pensez-vous de Nicolas Sarkozy ? Le trouvez-vous crédible ?
Nicolas Sarkozy est d’un amateurisme complet sur les questions intérieures, mais cohérent dans sa politique internationale, que je combats de toutes mes forces. S’il est un domaine où Nicolas Sarkozy fait preuve de constance et de volontarisme, c’est sur sa politique étrangère, qui est une politique néoconservatrice et atlantiste. Il a réussi à réintégrer la France au commandement de l’OTAN sans l’annoncer, il a engagé 2000 soldats de plus en Afghanistan, il a
abandonné la politique arabe de la France au pays de l’Etat d’Israël.
David: Quelle doit être la place de la France dans l’Europe ? Quel est votre projet européen ?
L’Europe est indispensable pour que la France pèse dans le monde. En revanche, la France ne peut peser dans une Europe à 27 que si elle refuse la loi de la majorité et qu’elle se bat pour une Europe à géométrie variable et de coopération. Parce qu’à 27, nous sommes minoritaires sur tous les sujets qui fondent l’exception française (laïcité, protectionnisme, services publics…). Pour reprendre une citation de Marie-France Garaud, c’est comme si un chef d’entreprise travaillait dans une entreprise comme associé minoritaire. Nous avons signé des traités qui nous mettent en minorité sur tous les sujets importants. Le traité de Lisbonne va être dramatique sur un point majeur, les négociations avec l’OMC. Pourquoi avons-nous une telle influence depuis 20 ans dans les négociations ? Parce que nous disposons d’un droit de veto et que si la France l’utilise, le mandat du commissaire européen est bloqué. C’est comme ça que nous avons gagné à chaque fois, comme Balladur au GATT en 1992.
David: Vous seriez pour un « pool » d’Etats ?
Non, même pas, simplement à la carte mais au gré des sujets. Une Europe intergouvernementale capable de s’accorder sur des projets communs sans passer par Bruxelles, comme dans le cas d’Airbus.
David: Comment peut-on avoir une ligne directrice lors des grands sommets en étant à ce point déstructuré ?
Il faut coopérer avant tout avec les quatre grands pays européens (France, Italie, Allemagne, Grande-Bretagne) plus la Russie et le Maghreb. L’Europe supranationale est morte. Ce rêve de la fin de la guerre est dépassé.
David: Quels sont les mérites de l’Europe ?
La paix, et les échanges.
David: Barack Obama a dit : « Le XXIeme siècle sera sino-américain » : n’avons-nous pas besoin d’une Europe forte pour lutter face à cette duopole ?
La voix de l’Europe émergera grâce à des projets concrets, pas dans la tour de Babel actuelle. Actuellement, l’Europe institutionnelle est celle du nivellement par le bas. Le Traité de Lisbonne va confier encore plus de pouvoir à des gens qui ont échoué et qui désarment l’Europe. En ce sens, le défi de l’Europe est avant tout économique et scientifique.
David: Pourtant, le cadre institutionnel actuel pourrait servir de socle à de nouveaux projets…
Le cadre dont vous parlez a fait de l’Europe un mélange d’Allemagne et d’Angleterre. Nous avons le système social et la dérégulation anglaise et la puissance allemande. Ces mauvais résultats devraient nous empêcher de rêver à de nouveaux projets sans remettre en question la forme actuelle de l’Europe.
L’Europe est un vecteur de progrès à condition qu’elle serve les peuples dans la guerre économique mondialisée.
Vogelsong: Ressentez-vous un écho donné à vos opinions dans les urnes ?
Non, parce que nous sommes assimilés à des anti-européens. Ensuite, nous n’avons pas la force de frappe politique et militante pour délivrer ce message. Pourtant même Barack Obama sera contraint de revenir tôt ou tard au protectionnisme face aux exportations chinoises. Mais ce discours ne passe pas car il casse en quelque sorte un rêve. Le jour où les Français s’en rendront compte, ils adhéreront à nos solutions. Je suis convaincu que notre discours portera.
Vogelsong: N’est-ce pas alarmiste ? Que penser de la classe politique actuelle ?
Ce sont des gens raisonnables qui pensent que les choses vont s’améliorer. Ils croient à leurs rêves, ils n’ont pas vécu le tragique de l’histoire. Ils pensent que le discours peut remplacer l’action, mais il y a un moment où l’on passe à la caisse.
Observez les phénomènes de déclin dans l’histoire. Entre l’origine et le moment final, il y a du temps. La France est un pays riche, elle a des succès mais elle vit une dégradation qui, si elle est lente, est bien concrète.
Ronald: Quels sont les tabous de notre classe politique ?
Il y a le tabou de l’Europe unie, c’est un mythe de substitution. On se déresponsabilise. On vit dans un mirage médiatique, c’est tellement plus facile d’être dans un monde idéal et virtuel. Nous parlons d’un pays qui truque les statistiques du chômage depuis deux décennies.
Je suis convaincu que notre pays a plein de ressorts. Les relations avec l’Afrique est essentielle et devrait être au centre de nos préoccupations. Quand vous regardez le monde actuellement, vous avez d’un coté l’Amérique du Nord et latine qui se développent, la tranche asiatique avec un développement extraordinaire et enfin un grand ventre mou avec une Europe inconsciente et endormie.
Je ne dis pas que toutes les solutions que je défends sont parfaites : je souhaite avant tout provoquer une réaction.
Ronald: Pourquoi ne pas unifier la sécession envers la droite sarkozyste organisée ?
Je ne peux pas faire plus, je suis déjà le seul UMP à oser quitter le parti. Demain, la majorité basculera peut-être à l’assemblée, grâce aux villepinistes. Mais pour l’instant, je ne peux pas faire plus. Toute résistance est appelée à se développer.
David: Comment expliquez-vous que les hommes politiques, souvent critiques envers l’Europe à leurs débuts, adoptent peu à peu le consensus ?
Parce qu’ils se rendent compte que la France toute seule ne peut pas tout faire. Mais je suis convaincu que si l’on ne réagit pas rapidement, l’Europe en fera les frais. Lisez le livre « Après la démocratie » d’Emmanuel Todd pour vous en rendre compte.
Vogelsong: Une dernière pensée pour Internet ?
C’est pour moi un vecteur d’expression et un outil de mobilisation, sans lequel mon parti n’aurait jamais pu exister. J’ai une newsletter que j’envois à près de 26 000 membres.
Internet est essentiel aujourd’hui : la blogosphère est le seul élément de liberté politique dont nous disposons encore dans notre système.
Retrouvez les articles de Reversus sur son blog
Source : http://www.marianne2.fr/Dupont-Aignan-il-faut-nationaliser-deux-banques_a182501.html
17:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dupont-aignan, martinez-mateos, politique
15.10.2009
"L’effort économique à fournir devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin !"
« Les Français ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste »
Libération, jeudi 15 octobre 2009 - Interview - Propos recueillis par Christophe Forcari
La candidature de Jean Sarkozy à la tête de l’Etablissement public d’aménagement de la Défense (Epad) n’a pas été digérée à droite. Mais rares sont ceux qui osent le dire. Au gouvernement, seule Rama Yade admet que le climat est mauvais. Ainsi que l’ex-Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Député (non-inscrit) de l’Essonne, Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l’UMP début 2007, peut se permettre de dire tout haut ce que nombre de ses ex-collègues pensent tout bas.
En soutenant les ambitions de son fils, Nicolas Sarkozy n’a-t-il pas tiré une balle dans le pied de la droite ?
Nicolas DUPONT-AIGNAN : il est carrément en train de scier la branche sur laquelle il a été élu. Il a porté pendant sa campagne un certain nombre de valeurs comme le mérite, le travail, qui sont aujourd’hui battues en brèche dans l’exercice du pouvoir. Son attitude brise le pacte républicain. Beaucoup de gens rejoignent aujourd’hui notre mouvement Debout la République, choqués par la nomination de Jean Sarkozy, et ils viennent pour la plupart de l’UMP. Dans son électorat, la désillusion à l’égard de Nicolas Sarkozy est à la hauteur des espérances suscitées.
Avec cette affaire et la polémique sur Frédéric Mitterrand, l’UMP ne tourne-t-elle pas le dos à son électorat ?
C’est une certitude. Cette inversion de valeurs n’est pas nouvelle. Depuis l’élection du président de la République, nous assistons à une vraie rupture : la dévalorisation de la fonction présidentielle. Nicolas Sarkozy agit avec la plus grande désinvolture, non seulement à l’égard du Premier ministre, mais aussi des parlementaires et surtout des Français. Dans la Ve République, le Président dispose de grands pouvoirs qui exigent de lui, en contrepartie, une rigueur et une exemplarité irréprochables. Sinon le risque d’une dérive vers un pouvoir personnel est grand. C’est le cas aujourd’hui. Le double langage est permanent. Les actes sont totalement contradictoires avec les intentions affichées. Trois exemples. Le président de la République a fait de la sécurité son fonds de commerce ; mais on réduit les effectifs dans les commissariats. Sur la régulation du capitalisme, il prône le retour du volontarisme public en économie - que je défends -, mais il donne de l’argent aux banques sans les contrôler. Il se fait le héraut du mérite au lycée, mais il organise l’arrivée de son fils à la tête de l’Epad. Cette schizophrénie ne peut pas durer.
Comment jugez-vous le manque de réactions des députés UMP ?
Un système de parti unique a été mis en place, d’où sont écartées les personnalités les plus fortes et celles qui réfléchissent. On ne peut pas attendre de leur part la dénonciation d’un système qui les nourrit. Je suis pourtant impressionné par le nombre de mes collègues qui se rendent compte des dérives et s’inquiètent de l’impasse économique et sociale dans laquelle le pays est entraîné. Quelques-uns tentent de résister à leur façon, mais la plupart n’osent pas franchir le Rubicon comme je l’ai fait en 2007, en dénonçant le candidat du show-biz, de la frime et du fric. Les parlementaires UMP évolueront le jour où ils auront le sentiment qu’une alternative à droite peut gagner. Je suis convaincu que les Français ne veulent pas du retour de la gauche et qu’ils ne supporteront bientôt plus le pouvoir sarkozyste. Il faut s’organiser pour préparer la suite.
Jean-François Copé pourrait incarner cette alternative à droite ?
J’ai l’impression qu’il mise plutôt sur 2017 que sur 2012. La question n’est pas de remplacer une personne par une autre, aussi brillante soit-elle. L’enjeu est de changer radicalement de politique. Malgré les beaux discours, ce gouvernement est en train d’échouer. Il ne remet pas en cause un système mondialiste de libre-échange intégral suicidaire pour nos emplois, un euro surévalué par rapport au dollar et une oligarchie bancaire étouffante pour nos PME. Tant que nous ne nous attaquerons pas aux causes du chômage, nous ne résoudrons rien.
Cette situation peut-elle nourrir un retour du FN ?
Si une droite républicaine et sociale n’émerge pas rapidement, un retour de l’extrémisme est à craindre. Beaucoup se sentent orphelins d’un vrai rassemblement gaulliste.
En intégrant la majorité présidentielle, Philippe de Villiers vous a dégagé le terrain du souverainisme ?
Ce n’est pas seulement la question de la souveraineté de la France qui est en jeu, mais la survie des principes républicains. L’effort économique à fournir dans les années qui viennent devra s’accompagner d’une vraie justice sociale. Nous en sommes loin.
13:56 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ariège, martinez-mateos, dupont-aignan
09.10.2009
Edito
Le tourbillon des petites polémiques n’en finit pas de sillonner notre pays qui, pourtant, n’en a vraiment pas besoin. Où s’arrêtera-t-on ? La politique spectacle (shows communicationnels incessants, « prises de guerre » avec la politique d’ouverture, « cagnottes » scolaires,…) a laissé la place à la politique people (grand déballage sur la vie privée d’Eric Besson, écho sur la nouvelle romance de Ségolène Royal,…), avant de sombrer carrément dans le sordide avec l’affaire Polanski et ses hallucinants prolongements.
Que révèle ce climat ? Outre le goût immodéré de notre temps pour l’immédiat, le sensationnalisme, même de bas-étage, ou encore la tentation de la transgression permanente telle qu’elle est montrée en quasi exemple dans les hautes sphères, l’air du temps reflète d’abord le vide du débat public, le renoncement de la classe politique à peser sur le cours des choses, par résignation ou laisser-faire. En effet, sorti des annonces fracassantes, des promesses tonitruantes jamais suivies d’effets (remontée de l’insécurité, retour de plus belle de la spéculation, abandon des ouvriers Gandrange,…), sorti des réformes dangereuses car pharaoniques (Grand Paris) ou taillées sur mesures pour les amis du Fouquet’s (libéralisation des jeux, bouclier fiscal,…), force est de constater que nos gouvernants refusent de s’attaquer à la racine des problèmes qui tourmentent nos concitoyens.
Face à la morne plaine de cette vie politique faite d’apparences et d’incantation, Debout la République se distingue précisément par sa volonté d’oser dire les choses et d’oser proposer les solutions audacieuses qui, seules, peuvent redresser le pays. Refuser de s’enliser dans les petites polémiques qui détournent de l’essentiel pour se consacrer encore et toujours aux vrais défis que doit relever la France, est en quelque sorte notre marque de fabrique à DLR. Et nous n’en changerons pas !
Par Nicolas Dupont-Aignan
10:40 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dlr, ariege, martinez-mateos, dupont-aignan
14.01.2009
VŒUX A LA PRESSE de Nicolas DUPONT-AIGNAN Lundi 12 janvier 2009 – Assemblée Nationale
Permettez-moi de vous remercier de votre présence et de vous adresser tous mes vœux pour 2009.
Vous avez reçu ma carte de vœux et vous avez pu constater que dans le terrible contexte économique et social, Debout la République fait le pari de l’espérance.
Ce bébé prêt à marcher pour les élections européennes c’est, comme le disait un fameux spot publicitaire, « quelques grammes de douceur et de finesse dans un monde de brutes ».
C’est d’ailleurs dans les périodes de crise et de trouble qu’émergent des solutions nouvelles portées par des équipes renouvelées.
Ainsi, en chinois, le mot « crise » se traduit-il par deux idéogrammes : l’un signifiant la destruction, l’autre la reconstruction.
Alors formons le vœu pour 2009 que cette transition ne soit pas trop douloureuse.
Elle le sera d’autant moins que nous serons capables de proposer et de porter une politique alternative. Il y a urgence.
Il est vrai que la situation est surréaliste. Nous sommes un peu comme sur une plage, prévenus (et c’est notre chance), qu’un tsunami va déferler sur la côte mais avec des dirigeants qui demeurent immobiles, alignant discours sur discours.
La gauche est paralysée, tétanisée, tiraillée entre la compromission avec le modèle libéral oligarchique et le retour aux vieilles lunes.
La majorité ne sait plus où elle en est. Le gouvernement appuie sur le frein et l’accélérateur en même temps. Par exemple : il propose un mini plan de relance alors qu’il met en œuvre un budget 2009 d’extrême rigueur. On promet la croissance de l’investissement public mais on réduit les dotations aux collectivités locales qui en représentent 75%, on ne lève pas le petit doigt, on l’a encore vu jeudi dernier, pour nos hôpitaux publics qui sont pourtant au bord de la rupture…
En vérité, la violence du choc qui va s’abattre sur la France et l’Europe n’est pas anticipée.
Le Président quant à lui s’agite de plus en plus. Il a inventé le « bougisme ». Au célèbre « je pense donc je suis » de Descartes, Nicolas Sarkozy a substitué le « je bouge donc je suis ».
Comme si son impuissance de plus en plus visible à traiter les causes de la crise économique l’obligeait à lancer des contre-feux pour détourner l’attention et donner l’illusion de l’action.
Malheureusement cette politique du coup d’éclat permanent sera sans effet sur les désordres économiques et sociaux très graves du pays et donc sur les souffrances de nos concitoyens. D’autant que le Président semble vouloir à chaque nouvelle réforme détricoter le logiciel français et inquiéter, ce faisant, un peu plus nos concitoyens.
Audiovisuel public affaibli, repos dominical entamé, suppression du Juge d’instruction, discrimination positive larvée, menace sur la laïcité, services publics remis en cause... Sans même parler de la politique étrangère et de défense, de plus en plus alignée sur celle des Etats-Unis.
On voit très bien la France que dessine le Président de la République : si éloignée de notre bonne vieille devise « liberté – égalité – fraternité ».
Mais tout cela ne durera pas car les Français, peuple sage, ne supporteront plus bientôt toute cette agitation qui détourne des vrais enjeux. Nos concitoyens, plus que jamais, attendent une autre politique. La gauche est incapable de l’offrir car elle se refuse à voir les causes réelles de la crise actuelle : un Etat faible, une compétitivité en chute libre, une Europe naïve – voire complaisante - face aux excès de l’ultralibéralisme. On comprend dans ces conditions pourquoi les Français se détournent d’elle.
C’est donc à nous d’offrir une alternative sérieuse et crédible à l’impasse, en un mot c’est à nous de préparer l’après Sarkozy.
La transformation de Debout la République en un parti politique à part entière doit répondre à cette nécessité publique.
Une politique économe en effets de manches mais enfin capable de boucher les trous dans la coque du navire. Moins de réformes mais mieux de réformes.
Depuis des années Debout la République propose justement ces actions de fond qui visent à redresser la France sur des bases solides.
Protéger le pays d’un libre échange intégral qui tétanise nos forces vives, pour défendre l’emploi et le pouvoir d’achat.
Réaffirmer les principes exigeants de la République pour redonner le sens de l’effort aux Français et rétablir la cohésion nationale.
Bien évidemment, rien ne peut se faire, comme je l’ai indiqué dans le discours du congrès fondateur du 23 novembre, sans retrouver une marge de manœuvre nationale, et donc sans refonder l’Europe et sans promouvoir une mondialisation plus humaine.
Car il est aujourd’hui évident qu’un euro surévalué, un libre échange déloyal et l’absence d’une vraie politique industrielle, laminent l’économie européenne. Derrière la crise financière, ne l’oublions pas, il y a avant tout la crise de l’économie réelle - le déficit de notre commerce extérieur pour 2008 approche ainsi les 60 milliards d’euros ! Si on ne s’attaque pas aux causes de cet effondrement industriel, la France et l’Europe ne guériront pas.
Reconnaissez que depuis des années nous n’avons nous jamais changé de discours. A l’époque, quand nous dénoncions le capitalisme fou, l’oligarchie européenne, les privilèges de l’élite, on nous regardait de haut et on nous caricaturait.
Aujourd’hui, on s’aperçoit que ce que nous disions n’était pas si faux et que notre cohérence intellectuelle, que notre constance, constituent un vrai atout dans un monde politique qui, malheureusement, dit trop souvent tout et son contraire au gré des circonstances.
Ce n’est d’ailleurs pas étonnant si plus en plus de Français nous rejoignent. Chaque jour des élus, des cadres, des adhérents d’anciens mouvements gaullistes ou républicains, sans parler de ceux qui ne s’étaient jamais inscrits dans un parti politique, viennent à notre rencontre.
Sur Internet nous disposons d’un mouvement de confiance sans précédent avec de très nombreux jeunes qui, justement, veulent de l’authentique et du sérieux, au service de l’intérêt national.
Notre défi pour 2009 est simple : organiser nos forces militantes (à cet égard, le Conseil National du 18 janvier marquera une nouvelle étape dans la structuration de notre mouvement) et aller à la bataille électorale des européennes.
Pourquoi la bataille des européennes ? Car depuis toujours nous affirmons qu’au cœur de la crise, il y a l’abandon par la France de sa capacité à maîtriser son destin, de surcroît au profit d’une politique européenne suicidaire pas seulement pour les Français, mais pour tous les Européens. Cette élection sera le référendum dont les Français ont été privés sur le traité de Lisbonne.
Mais nous abordons cette élection avec la volonté d’aller au-delà du constat critique en vérité partagé par une très grande majorité de Français, pour proposer une refondation européenne, le fameux plan B.
Contrairement à ce que l’on veut faire croire, nous ne sommes pas contre l’Europe mais pour une autre Europe - à vrai dire la seule qui apparaisse comme viable et efficace - qui s’appuie sur les peuples qui la compose, les respecte, leur offre un avenir de progrès économique et social.
J’espère bien que notre plan B sera la surprise de ces élections. En voici les principaux points :
1 – Bâtir de nouvelles institutions permettant l’Europe à la carte, projet par projet. La Commission étant remplacée par des agences thématiques financées par les pays qui participent à la coopération voulue.
2 – Rendre des compétences aux Nations démocratiques pour mettre fin à la boulimie normative qui entrave et déresponsabilise.
3 – Revoir le statut de la Banque centrale pour mettre l’euro au service de la croissance.
4 – Mettre en œuvre le protectionnisme européen pour compenser la déloyauté du libre échange d’aujourd’hui.
5 – Substituer aux négociations d’adhésion à la Turquie un vrai partenariat avec ce pays, comme avec les grandes Nations qui entourent l’Europe.
6 – Ne plus lier l’engagement européen à l’adhésion à l’OTAN, pour permettre l’ébauche d’un noyau de défense indépendant autour de la France.
En définitive, notre campagne s’ordonnera autour de trois grands mots : démocratie, protection, indépendance.
Nous présenterons les têtes de liste le 5 février et je peux vous le prédire, à tout le moins en former le vœu : nous serons de ceux qui apporteront l’oxygène dont notre vie politique a tant besoin.
10:55 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voeux, dupont-aignan, politique, ariege
02.12.2008
Nicolas Dupont-Aignan à TOULOUSE
Le mercredi 3 décembre Nicolas Dupont-Aignan en déplacement à Toulouse tiendra une réunion avec ceux qui se reconnaissent dans sa démarche gaulliste, républicaine, et sociale. Aussi nous vous invitons à la :
Rencontre avec Nicolas Dupont-Aignan
le mercredi 3 décembre de 18h50 à 20h
salle Castelbou
22 rue Léonce Castelbou 31000 Toulouse
Il s’exprimera particulièrement sur les propositions qu’il a formulé pour sortir de la crise économique, sociale, et européenne que nous subissons, sur la nécessité de refonder un vrai parti gaulliste au travers de DLR, sur sa volonté de présenter une liste dans notre région aux élections européennes afin de défendre une autre vision de l’Europe. Enfin il répondra à vos questions.
Plus tôt dans la journée il rencontrera les salariés de la société MOLEX scandaleusement délocalisée en Slovaquie par un fond d’investissement américain, et débattra de l'Europe avec les étudiants de l’école de commerce.
N’hésitez pas à faire passer ce message autour de vous.
Philippe Martinez-Mateos
Secrétaire départemental 09
07:06 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ariege, toulouse, nicolas, dupont-aignan
05.05.2008
Maintien du référendum obligatoire pour les pays candidats de plus de 10 millions d’habitants
UE : référendum pour l’adhésion de pays de plus 10 millions d’habitants (Dupont-Aignan)
28/04/2008 14h52 GMT - FRANCE-TURQUIE-UE-ASSEMBLÉE - Nouvelles de France - AFP
PARIS, 28 avr 2008 (AFP) - Le député Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit), président de Debout la République, a annoncé lundi qu’il allait déposer un amendement pour « maintenir l’obligation référendaire » pour les pays de plus de 10 millions d’habitants candidats à l’adhésion à l’Union européenne.
Le président Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi dernier à la télévision « sa volonté de supprimer le référendum obligatoire pour les adhésions futures à l’Union européenne, tout en se disant partisan d’une consultation référendaire sur la Turquie », rappelle le député, dans un communiqué.
Selon lui, les Français, « très majoritairement opposés à la perspective de l’adhésion turque, ne pourront que ressentir de l’inquiétude face à ces déclarations qui ne garantissent en rien l’organisation effective d’un référendum le moment venu ».
Il explique donc avoir « décidé de déposer un amendement au projet de loi de révision institutionnelle, maintenant l’obligation référendaire pour les pays candidats de plus de 10 millions d’habitants ».
« Ce seuil démographique, bien plus rigoureux que toute référence à une Europe géographique aux contours incertains, empêchera l’entrée sans vote populaire de pays dont la population ou la localisation géographique bouleverseraient la nature et l’équilibre des pouvoirs de l’Union européenne », avance-t-il.
M. Dupont-Aignan fait cette proposition dans un courrier adressé lundi aux parlementaires, à laquelle il joint une proposition d’amendement qu’il défendra « prochainement » en commission des Lois.
10:51 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : martinez-mateos, dupont-aignan, dlr, turquie
11.04.2008
OTAN : l'erreur de Bayrou, l'audace de Dupont-Aignan
Le premier ne risquait rien à voter la motion de censure. Il ne l'a pas fait. Le second risque des représailles de l'UMP, il l'a votée. La politique est parfois bien étrange...
Une motion quasi-gaulliste
La logique voulait que Bayrou et Dupont-Aignan votent la motion de censure déposée par les socialistes à l'Assemblée nationale le 8 avril, d'autant que celle-ci reprenait quasiment les termes de l'appel de Marianne, étant rédigée dans des termes presque gaulliens, compatibles avec la droite et le centre républicains : «Nous voulons éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d'opérer le président et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d'indépendance militaire et stratégique de notre pays.» (…) « L'ouverture de négociations sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, la compréhension affichée envers la funeste intervention américaine en Irak, le discours prononcé par le chef de l'Etat devant le Congrès américain ont posé les jalons d'un alignement atlantiste global dont nous récusons la pertinence et l'opportunité pour notre pays.» On a même entendu le très peu gaulliste Nöel Mamère tonner dans l'hémicycle : «On aurait presque envie de dire : MM. Chirac et Villepin, revenez, ils sont devenus fous!»
Un argumentaire peu convaincant
Or Nicolas Dupont-Aignan a voté cette motion tandis que François Bayrou s'abstenait. Un vote inversement proportionnel au risque que comportait ce vote : nul pour François Bayrou, que Nicolas Sarkozy continue de considérer comme un ennemi prioritaire, et conséquent pour Dupont-Aignan, qui appartient à la majorité. Le silence assourdissant d'un Philippe de Villiers ou d'autres députés supposés de sensibilité gaulliste, qui ont voté contre le motion de censure, confirme d'ailleurs l'audace de NDA. Par contraste, celle-ci souligne l'erreur de François Bayrou, qui prend, lui, le risque de n'être compris ni de ses électeurs, aujourd'hui majoritairement opposants au régime, ni de ses militants (voir l'article d'Anna Borrel). Certes, le leader du MoDem a fourni une explication à sa décision en regrettant que les socialistes aient «mélangé» deux sujets, l'OTAN et l'Afghanistan qui, dans son esprit, ne devaient pas l'être, affirmant même qu'il aurait voté la motion si elle n'avait porté que sur l'OTAN. L'argument ne convainc guère à la lecture de la motion de censure qui dénonce globalement le risque d'une dérive atlantiste du régime : la question de l'Afghanistan y est presque secondaire.
17:15 Publié dans actu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : otan, ariège, 09, martinez, nda, dupont-aignan




