14.01.2009

VŒUX A LA PRESSE de Nicolas DUPONT-AIGNAN Lundi 12 janvier 2009 – Assemblée Nationale

Permettez-moi de vous remercier de votre présence et de vous adresser tous mes vœux pour 2009.

Vous avez reçu ma carte de vœux et vous avez pu constater que dans le terrible contexte économique et social, Debout la République fait le pari de l’espérance.

Ce bébé prêt à marcher pour les élections européennes c’est, comme le disait un fameux spot publicitaire, « quelques grammes de douceur et de finesse dans un monde de brutes ».

C’est d’ailleurs dans les périodes de crise et de trouble qu’émergent des solutions nouvelles portées par des équipes renouvelées.

Ainsi, en chinois, le mot « crise » se traduit-il par deux idéogrammes : l’un signifiant la destruction, l’autre la reconstruction.

Alors formons le vœu pour 2009 que cette transition ne soit pas trop douloureuse.

Elle le sera d’autant moins que nous serons capables de proposer et de porter une politique alternative. Il y a urgence.

Il est vrai que la situation est surréaliste. Nous sommes un peu comme sur une plage, prévenus (et c’est notre chance), qu’un tsunami va déferler sur la côte mais avec des dirigeants qui demeurent immobiles, alignant discours sur discours.

La gauche est paralysée, tétanisée, tiraillée entre la compromission avec le modèle libéral oligarchique et le retour aux vieilles lunes.

La majorité ne sait plus où elle en est. Le gouvernement appuie sur le frein et l’accélérateur en même temps. Par exemple : il propose un mini plan de relance alors qu’il met en œuvre un budget 2009 d’extrême rigueur. On promet la croissance de l’investissement public mais on réduit les dotations aux collectivités locales qui en représentent 75%, on ne lève pas le petit doigt, on l’a encore vu jeudi dernier, pour nos hôpitaux publics qui sont pourtant au bord de la rupture…

En vérité, la violence du choc qui va s’abattre sur la France et l’Europe n’est pas anticipée.

Le Président quant à lui s’agite de plus en plus. Il a inventé le « bougisme ». Au célèbre « je pense donc je suis » de Descartes, Nicolas Sarkozy a substitué le « je bouge donc je suis ».

Comme si son impuissance de plus en plus visible à traiter les causes de la crise économique l’obligeait à lancer des contre-feux pour détourner l’attention et donner l’illusion de l’action.

Malheureusement cette politique du coup d’éclat permanent sera sans effet sur les désordres économiques et sociaux très graves du pays et donc sur les souffrances de nos concitoyens. D’autant que le Président semble vouloir à chaque nouvelle réforme détricoter le logiciel français et inquiéter, ce faisant, un peu plus nos concitoyens.

Audiovisuel public affaibli, repos dominical entamé, suppression du Juge d’instruction, discrimination positive larvée, menace sur la laïcité, services publics remis en cause... Sans même parler de la politique étrangère et de défense, de plus en plus alignée sur celle des Etats-Unis.

On voit très bien la France que dessine le Président de la République : si éloignée de notre bonne vieille devise « liberté – égalité – fraternité ».

Mais tout cela ne durera pas car les Français, peuple sage, ne supporteront plus bientôt toute cette agitation qui détourne des vrais enjeux. Nos concitoyens, plus que jamais, attendent une autre politique. La gauche est incapable de l’offrir car elle se refuse à voir les causes réelles de la crise actuelle : un Etat faible, une compétitivité en chute libre, une Europe naïve – voire complaisante - face aux excès de l’ultralibéralisme. On comprend dans ces conditions pourquoi les Français se détournent d’elle.

C’est donc à nous d’offrir une alternative sérieuse et crédible à l’impasse, en un mot c’est à nous de préparer l’après Sarkozy.

La transformation de Debout la République en un parti politique à part entière doit répondre à cette nécessité publique.

Une politique économe en effets de manches mais enfin capable de boucher les trous dans la coque du navire. Moins de réformes mais mieux de réformes.

Depuis des années Debout la République propose justement ces actions de fond qui visent à redresser la France sur des bases solides.

- Protéger le pays d’un libre échange intégral qui tétanise nos forces vives, pour défendre l’emploi et le pouvoir d’achat.
- Réaffirmer les principes exigeants de la République pour redonner le sens de l’effort aux Français et rétablir la cohésion nationale.

Bien évidemment, rien ne peut se faire, comme je l’ai indiqué dans le discours du congrès fondateur du 23 novembre, sans retrouver une marge de manœuvre nationale, et donc sans refonder l’Europe et sans promouvoir une mondialisation plus humaine.

Car il est aujourd’hui évident qu’un euro surévalué, un libre échange déloyal et l’absence d’une vraie politique industrielle, laminent l’économie européenne. Derrière la crise financière, ne l’oublions pas, il y a avant tout la crise de l’économie réelle - le déficit de notre commerce extérieur pour 2008 approche ainsi les 60 milliards d’euros ! Si on ne s’attaque pas aux causes de cet effondrement industriel, la France et l’Europe ne guériront pas.

Reconnaissez que depuis des années nous n’avons nous jamais changé de discours. A l’époque, quand nous dénoncions le capitalisme fou, l’oligarchie européenne, les privilèges de l’élite, on nous regardait de haut et on nous caricaturait.

Aujourd’hui, on s’aperçoit que ce que nous disions n’était pas si faux et que notre cohérence intellectuelle, que notre constance, constituent un vrai atout dans un monde politique qui, malheureusement, dit trop souvent tout et son contraire au gré des circonstances.

Ce n’est d’ailleurs pas étonnant si plus en plus de Français nous rejoignent. Chaque jour des élus, des cadres, des adhérents d’anciens mouvements gaullistes ou républicains, sans parler de ceux qui ne s’étaient jamais inscrits dans un parti politique, viennent à notre rencontre.

Sur Internet nous disposons d’un mouvement de confiance sans précédent avec de très nombreux jeunes qui, justement, veulent de l’authentique et du sérieux, au service de l’intérêt national.

Notre défi pour 2009 est simple : organiser nos forces militantes (à cet égard, le Conseil National du 18 janvier marquera une nouvelle étape dans la structuration de notre mouvement) et aller à la bataille électorale des européennes.

Pourquoi la bataille des européennes ? Car depuis toujours nous affirmons qu’au cœur de la crise, il y a l’abandon par la France de sa capacité à maîtriser son destin, de surcroît au profit d’une politique européenne suicidaire pas seulement pour les Français, mais pour tous les Européens. Cette élection sera le référendum dont les Français ont été privés sur le traité de Lisbonne.

Mais nous abordons cette élection avec la volonté d’aller au-delà du constat critique en vérité partagé par une très grande majorité de Français, pour proposer une refondation européenne, le fameux plan B.

Contrairement à ce que l’on veut faire croire, nous ne sommes pas contre l’Europe mais pour une autre Europe - à vrai dire la seule qui apparaisse comme viable et efficace - qui s’appuie sur les peuples qui la compose, les respecte, leur offre un avenir de progrès économique et social.

J’espère bien que notre plan B sera la surprise de ces élections. En voici les principaux points :

1 – Bâtir de nouvelles institutions permettant l’Europe à la carte, projet par projet. La Commission étant remplacée par des agences thématiques financées par les pays qui participent à la coopération voulue.
2 – Rendre des compétences aux Nations démocratiques pour mettre fin à la boulimie normative qui entrave et déresponsabilise.
3 – Revoir le statut de la Banque centrale pour mettre l’euro au service de la croissance.
4 – Mettre en œuvre le protectionnisme européen pour compenser la déloyauté du libre échange d’aujourd’hui.
5 – Substituer aux négociations d’adhésion à la Turquie un vrai partenariat avec ce pays, comme avec les grandes Nations qui entourent l’Europe.
6 – Ne plus lier l’engagement européen à l’adhésion à l’OTAN, pour permettre l’ébauche d’un noyau de défense indépendant autour de la France.

En définitive, notre campagne s’ordonnera autour de trois grands mots : démocratie, protection, indépendance.

Nous présenterons les têtes de liste le 5 février et je peux vous le prédire, à tout le moins en former le vœu : nous serons de ceux qui apporteront l’oxygène dont notre vie politique a tant besoin.

09.01.2009

SOS Hôpital public

Je me permets de vous transmettre un communiqué de Nicolas Dupont-Aignan. que j'approuve totalement.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Pour des états généraux de l’hôpital public

Les déclarations du Chef de l’Etat sur les moyens de l’hôpital public, qui seraient selon lui tout à fait suffisants, provoqueront très légitimement un profond sentiment d’injustice parmi les professions concernées.

Il est vrai qu’une partie des déficits s’explique par l’inertie, la désorganisation aggravée par l’introduction des 35 heures, et le manque de cohérence dans l’organisation des soins.

Comment, cependant, Nicolas SARKOZY pourrait-il ignorer la stagnation endémique des salaires des personnels hospitaliers depuis une dizaine d’années, le scandale absolu des heures supplémentaires et nocturnes peu ou pas rémunérées et la très inquiétante crise de vocations que provoque, en conséquence, cette paupérisation rampante de l’hôpital public, notamment chez les infirmiers et infirmières ?

Plutôt que d’imposer une énième loi technocratique, le gouvernement ferait mieux de remettre à plat l’hôpital public en France, en convoquant des états généraux associant réellement l’ensemble des acteurs concernés.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député de l’Essonne Président du rassemblement gaulliste et républicain Debout la République

07.01.2009

L’Elysée se casse les dents sur le dimanche... dans un silence médiatique sidéral

Tout d'abord, chers lecteurs et amis, en ce début d'année, recevez tous mes meilleurs voeux de bonheur et de réussite pour vous et vos familles.

Philippe Martinez-Mateos.

L’étrange défaite du dimanche

Libération 22 décembre 2008

Par Daniel Schneidermann

Etrange défaite, que celle de Sarkozy dans l’étrange « bataille du dimanche ». Les journaux télévisés n’y auront rien vu. La plupart des journaux non plus. Mais loin des caméras, c’est bien d’une déroute qu’il s’agit. Il faut dire que le sarkozysme a été défait par un ennemi invisible, incernable, tirant parti de manière scandaleuse des accidents du terrain. L’affaire, comme toutes les campagnes, avait pourtant débuté en fanfare. Sondage triomphant sur les attentes des Français dans l’irremplaçable journal(du dimanche) de l’ami Lagardère, succession d’interviews de vendeurs « qui ne demanderaient pas mieux que de travailler le dimanche mais en sont empêchés par les syndicats », de réunions de coordination de la majorité, etc.

Pourtant, au bout de quelque temps, il fut clair que le dimanche résistait. Le front patinait. Et puis, il n’y eut plus de doute : le dimanche serait le Stalingrad de ce conquérant. Il y était enlisé. Le dimanche résistait plus efficacement que les cheminots, les enseignants, les parents d’élèves, les chercheurs, les magistrats, les étudiants, les chômeurs, les assurés sociaux, et les salariés de France Télévisions.

D’où venait cette résistance ? Il y avait des réfractaires apparents : les commerçants des centres-villes, inquiets de perdre leur clientèle au bénéfice des centres commerciaux des périphéries, dès lors qu’ils auraient l’autorisation d’ouvrir le dimanche. On donna la parole à ceux-là.

Il devint pourtant évident que ces braves commerçants n’étaient que la vitrine légale du mouvement. Horreur : ils bénéficiaient du soutien de la population. Derrière eux, on devinait une résistance clandestine réelle, considérable, invisible. On la devinait partout et nulle part : dans les parcs, les jardins d’enfants, sur les terrains de sport, dans les cinémas, les théâtres, les guinguettes, les garrigues, les sentiers de grande randonnée, sur les bords du Cher ou de la Loire, sur les parcours de santé des bois de la région parisienne et des rives des ruisseaux de montagne. Cette résistance sautillait, gambadait, flânait, s’assoupissait parfois, s’ennuyait même éventuellement, mais - double horreur ! - n’en concevait nulle culpabilité. Elle ne répliquait rien aux objurgations du conquérant : elle regardait ailleurs, et gambadait de plus belle.

Et encore, cette résistance dominicale-là, s’exprimant dans des lieux publics, pouvait être facilement localisée et circonscrite. Mais il y avait pire. Une partie se terrait aussi derrière les murs des habitations privées. Murs de meulière, de brique ou de tuffeau, sous toits d’ardoise ou de lauzes : l’ennemi était partout chez lui. Pour le vaincre, il faudrait emporter comme autant de fortins toutes les maisons du pays. Il faudrait pénétrer dans les cités de banlieue et les demeures de notaires, le débusquer au coin des âtres fumant, enjamber précautionneusement les parties de Monopoly non terminées, les puzzles à mille pièces répandus à même la moquette, en prenant garde à ne pas mélanger les pièces. Il faudrait faire irruption dans les cuisines où mijote le gigot de sept heures, où dorent les tartes, où s’élaborent les recettes les plus audacieuses des cuisiniers… du dimanche. Parfois, au risque d’attenter à la pudeur des troupes, il faudrait même pénétrer dans les chambres à coucher, où Dieu sait quel spectacle les attendrait.

Les députés le sentirent. A commencer par les députés UMP. Sur les marchés, ils sentirent les mains plus molles, les regards fuyants, des électeurs et des militants. Pas ceux d’en face, non, les leurs, les commerçants, les médecins, les notaires, leurs forces vives (six jours sur sept). Leur moral descendit de quelques degrés. Ils s’en ouvrirent à Copé, lequel sentit qu’il pourrait donner dans l’affaire toute sa mesure de prometteur général félon. Jean-François Copé se déploya donc sur les plateaux, en apôtre du « débat de société », le bon, le fructueux, l’indispensable débat de société. Il regretta ostensiblement que la droite soit « trop inhibée » sur le sujet. « Moi, j’adore les vacances », trouva-t-il même le moyen de glisser - suivez mon regard. Sans avoir l’air d’y toucher, il dessina en creux le portrait (assez crédible somme toute) du patron en esclave du travail, animé de pulsions dominicides pour des raisons personnelles. Et ce qui devait arriver arriva : la troupe parlementaire déserta en masse. Harassée par le « Vietnam parlementaire » sur l’audiovisuel, elle regagna ses provinces sans prévenir personne. Un jour, le patron ordonna pour la millième fois l’offensive : mais l’appel résonna dans le vide. Pris au dépourvu, il poussa une grande colère contre les socialistes, colère que montra la télévision. Il ne faut pas s’étonner que la télévision n’ait pas raconté la véritable histoire. Toutes les histoires de résistance, heureusement pour les conteurs, ne se racontent pas à la télévision.

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