23.12.2007

La politique-spectacle, jusqu'à la nausée !

Jusqu’où ira-t-on dans l’abaissement de la fonction présidentielle et en définitive de la politique, de la démocratie et de la France ?

La relation privée entre Nicolas SARKOZY et Carla BRUNI ne devrait pas concerner mon blog et il est vrai que le Président de la République a le droit de mener la vie privée qu’il souhaite.

Mais à partir du moment où il met en scène la révélation de sa relation avec le top model, il en fait délibérément un évènement politique qui s’impose à la chronique de l’actualité.

Oui je regrette cet abaissement de la fonction présidentielle, entachée par cet exhibitionnisme people. Je regrette cette manière partagée par Ségolène ROYAL de mélanger vie publique et vie privée, en instrumentalisant les hauts et les bas de toute vie intime à des fins politiques tout en jouant les vierges effarouchées lorsque les journalistes se saisissent de l’occasion pour faire de l’audience.

Je le regrette d’autant plus que Nicolas SARKOZY n’est pas n’importe qui. Il représente la France, il incarne la volonté politique. Par conséquent, en imitant de fait les comportements des vedettes du show biz, il décrédibilise sa fonction, son rôle et son action.

La politique ne devient qu’image, ragot, rumeur, balayant par l’effet de la course à l’audience tout débat de fond sans lequel il n’y a pas de vraie démocratie. Les médias doivent certes vendre pour s’assurer des recettes publicitaires. Mais sont-ils obligés d’être dupes de telles manipulations que leur plus élémentaire déontologie commande de démystifier ? S’ils avaient le courage de les dénoncer collectivement, nul doute que nos vedettes de la politique-spectacle devraient aussitôt cesser cette diversion permanente !

Mais les citoyens aussi, première cible de cette non-information dégoulinante, doivent rester vigilants, pour ne pas dire intransigeants. Quand le lecteur feuillette les magazines pour en savoir plus sur la vie du Président ou de son opposante, il laisse les intérêts et les oligarchies gouverner. Le consommateur et le voyeur prennent alors le pouvoir sur le citoyen.

Espérons simplement qu’un jour les Français, lassés de ce brouillard destiné à tout obscurcir, à tout relativiser, se réveilleront et exigeront de leurs hommes politiques dignité, sérieux, crédibilité et efficacité.

 

par  Nicolas Dupont-Aignan 

18.12.2007

"Il n'y a de réussite qu'à partir de la vérité" Charles de Gaulle

Le traité de Lisbonne a été signé  par les 27 chefs d’Etat et de Gouvernement. Au terme d’une campagne de désinformation sans précédent qui aura duré deux ans, la Constitution européenne rejetée par deux des peuples fondateurs de l’Union européenne, la France et la Hollande est ressuscitée. Les discours qui accompagnent cette signature sont proprement révoltants.

Les oligarchies européennes ne font plus mystère de leur mépris du peuple, de leur refus du suffrage universel. Les précautions qui étaient prises avant l’élection présidentielle française (« Il s’agit d’un mini-traité réconciliant le oui et le non ») ne sont plus de mise.

Le traité de Lisbonne est,(en beaucoup plus compliqué), le même que celui rejeté en 2005. Seize pays viennent même d’adopter une déclaration jointe reprenant les symboles qui ont été mis de côtés en juin dernier, pour donner au traité une apparence différente : avant même qu’il soit ratifié, on entend déjà des voix s’élever (celle d’Axel Poniatowski, président UMP de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée) pour réclamer que la France soutienne cette « déclaration sur les symboles de l’Union », ce qui reviendrait à reconstituer complètement la Constitution européenne !

La ratification parlementaire est défendue dans la plus grande arrogance comme un moyen d’éviter le référendum. Monsieur Kouchner m’a répondu mercredi à l’Assemblée Nationale que le peuple ne pouvait pas débattre sereinement et qu’en 2005 on n’avait pas parlé d’Europe. Ce qui, bien sûr, pour tous ceux qui s’en souviennent, est totalement mensonger.

Le peuple refuse cette Europe bureaucratique et inefficace ? Qu’à cela ne tienne, supprimons le peuple ! Moralement inacceptable, ce coup d’Etat simplifié, comme je le nomme, sera politiquement dangereux et inefficace.

Dangereux pour l’Europe car on ne peut bâtir aucun ensemble politique sans légitimité populaire. Or, la ratification parlementaire sera légale mais illégitime.

Pour ma part, je ne me sentirai jamais lié par ce traité qui aura été imposé de force, qui bâillonne la France et créée une Europe antidémocratique.

Mais ce traité ne sera pas efficace non plus, car il ne va à la racine d’aucun des problèmes majeurs de l’Europe, tout au contraire : élargissement sans fin, euro mal géré qui asphyxie nos économies, libre échange déloyal, services publics détruits, politique étrangère alignée sur celle des Etats-Unis, etc. Loin d’apporter des correctifs aux dérives, il les aggrave et les rend encore plus intouchables !

Cette construction artificielle, bureaucratique, autoritaire, qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne de réconciliation des peuples et de Progrès en commun, fera du sur-place et sera de plus en plus contesté.

Aujourd’hui, dans une classe politique aveugle, inconsciente de la corde au cou qu’elle laisse mettre autour de la France, je regrette le silence complaisant de la plupart de ceux, à droite comme à gauche, qui ont combattu la Constitution Giscard.

Mais je veux dire aussi à tous ceux qui, comme moi, sont aujourd’hui à la fois tristes et révoltés, que le combat doit plus que jamais s’organiser pour offrir aux Français et aux Européens une autre voie.

C’est le sens de mon action avec vous tous de plus en plus nombreux qui rejoignez Debout la République. Notre mouvement a vocation à rassembler toutes celles et tous ceux qui aspirent à la renaissance de la nation démocratique dans une Europe indépendante !

 

Par Nicolas Dupont Aignan 

12.12.2007

Je n'aime pas voir mon pays se vendre au plus offrant

En recevant en grande pompe le colonel Kadhafi, le Président de la République paye au prix fort, celui de la dignité de la France et de son image dans le monde, le coup médiatique de la libération des infirmières bulgares.

Preuve s’il en était besoin qu’une politique étrangère ne doit pas être une addition de coups d’éclats mais une succession de discours et d’actes cohérents.

J’ai toujours défendu la « realpolitique » et je me méfie de la gesticulation « droits de l’hommiste ». Pour autant, attention à ne pas justifier l’injustifiable. En l’occurrence la visite telle qu’elle est organisée ces jours-ci va trop loin, beaucoup trop loin.

Tout d’abord, comment ne pas penser aux victimes françaises du DC10 d’UTA. Ensuite, comment accepter d’honorer celui dont le régime a enlevé et séquestré les fameuses infirmières. Enfin, pour quelques contrats de gagné, quelle perte de crédibilité pour notre pays dans le monde entier !

Le tout, sans même parler du brouhaha, voire de la cacophonie, au plus haut niveau de l’Etat, qui brouille encore davantage la réputation de notre pays.

L’image d’une Nation vaut bien plus que quelques promesses de gain immédiat. Beaucoup de Français ce soir sont tristes pour la France ! Décidément, après la Constitution européenne bis sans consultation du peuple, les embrassades excessives avec le président Bush et les velléités de retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en politique étrangère s’apparentent à une gesticulation qui ne peut qu’inquiéter toutes celles et tous ceux qui croient en une "certaine idée de la France" !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan. 

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