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29.11.2007

Pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait… plus de travail !

Gagner plus ? Trois obstacles, par Gérard Lafay

LE MONDE | 28.11.07 | 14h08 • Mis à jour le 28.11.07 | 14h08

Le pouvoir d’achat de la majorité des Français stagne depuis plusieurs années. Le président Sarkozy s’efforce de faire face à cette question, qu’il avait déjà mise en avant, au printemps, lors de sa campagne électorale. Les réponses apportées visent à lever un premier obstacle, qui tient à l’insuffisance de l’activité des travailleurs en France. En revanche, elles risquent de se révéler inopérantes si elles ne surmontent pas les deux autres obstacles, qui viennent d’un côté de la surévaluation de l’euro, de l’autre de la faiblesse de l’actionnariat des travailleurs français. Un premier obstacle découle du fait que, depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont mis en place un "traitement social" visant à limiter la montée du chômage recensé. Tantôt ils ont avancé l’âge de la retraite, d’abord en le fixant autoritairement à 60 ans, puis en multipliant les préretraites en deçà de cet âge. Tantôt ils ont voulu réduire le nombre d’heures travaillées par chacun, en le limitant à 35 heures par semaine (lois Aubry). Toutes ces mesures ont été financées par l’Etat. Le résultat est double. D’une part, la France est l’un des pays industrialisés où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles. D’autre part, très logiquement, elle est aussi l’un de ceux où la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut (PIB) est l’une des plus élevées. Fort heureusement, le gouvernement mis en place par le président Sarkozy commence à prendre des mesures afin de surmonter ce premier obstacle, en concrétisant son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le deuxième obstacle n’est pas propre à la France, mais il concerne toute la zone euro. Dans l’espace économique mondial, le niveau relatif des salaires découle, dans une large part, du taux de change réel, c’est-à-dire du niveau relatif des prix vis-à-vis du reste du monde. Cette question est essentielle dans les conditions de croissance, tant pour l’attractivité de l’investissement productif intérieur que pour la compétitivité du commerce extérieur. Pendant longtemps, elle n’était mise en relief que par quelques-unes, étant niée par la plus grande partie des observateurs. Mais les faits sont têtus. Aujourd’hui la surévaluation de l’euro apparaît de plus en plus évidente, non seulement vis-à-vis du dollar américain, mais encore davantage vis-à-vis du yuan chinois. En étant trop cher, l’euro interdit aux entreprises de procéder à des hausses substantielles de salaires, de même qu’il empêche l’économie de reprendre un rythme élevé de croissance. Dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait critiqué le comportement de Jean-Claude Trichet, de même que sa rivale Ségolène Royal. Que fait-il aujourd’hui ? Il se contente de reprendre périodiquement la même antienne, sans que ses exhortations aient le moindre effet. Pis encore. Il veut faire voter par le Parlement une nouvelle version du traité européen, quasi identique au projet de Constitution rejeté par le peuple français le 29 mai 2005. Or cette version entérine, ipso facto, l’erreur de conception inhérente au traité de Maastricht ainsi qu’une logique de libre-échange naïf. En fait, ce sont précisément ces deux éléments qui expliquent la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne et l’absence de toute politique commerciale de rétorsion face au dumping monétaire. Ce seul fait réduit à néant les décisions courageuses que peut prendre le président Sarkozy sur le plan national. Le troisième obstacle tient à l’évolution générale du capitalisme au niveau mondial qui, depuis la chute du communisme, accroît de plus en plus les revenus du capital tandis que, dans les pays développés, les revenus du travail stagnent pour le plus grand nombre. La solution est de mettre en place une forme française de capitalisme, où les travailleurs deviennent en même temps des actionnaires, parvenant à détenir la majorité du capital des entreprises. Cette solution avait déjà été amorcée par le général de Gaulle, avec l’ordonnance de janvier 1959 sur l’intéressement et celle d’août 1967 sur la participation, complétées depuis lors par d’autres dispositions. Mais la part des travailleurs reste marginale dans le capital de la plupart des grandes entreprises. Au lieu de vouloir débloquer les fonds de participation, afin de favoriser la consommation de façon conjoncturelle, il faut accomplir une véritable réforme structurelle. L’objectif est de développer ces mécanismes sur une grande échelle en mettant en place, à côté de l’actionnariat direct, des formes collectives d’actionnariat diversifié, par la création institutionnelle de fonds de pension par métier. Le président Sarkozy est sur le point de surmonter le premier obstacle. Il réussira à élever graduellement le pouvoir d’achat des Français s’il fait sauter les deux derniers. Sinon, il est condamné à l’échec.

Gérard Lafay est professeur d’économie internationale à Paris-II.

27.11.2007

Face à la crise des banlieues, encore et toujours la politique des mesurettes !

Les incidents de Villiers le Bel rappellent à l’opinion combien les « cités » françaises sont hautement inflammables.

Malheureusement, sur le terrain rien n’a véritablement changé depuis 2 ans. Certes, des milliards sont dépensés pour démolir des tours et rebâtir des logements plus vivables mais les causes profondes de la crise demeurent. La faiblesse de l’Etat, le déficit d’éducation, le double langage de ceux qui devraient montrer l’exemple, l’anémie économique.

Jamais les effectifs de police n’ont été aussi faibles dans les commissariats de quartier, les bureaux de police de proximité ferment les uns après les autres et des questions pourtant simples à résoudre, comme l’interdiction d’importation des mini-motos, sont laissées en jachère. Depuis des mois, je dénonce le scandale de ces engins non-homologués, interdits de circulation qui sont vendus pour rien sur Internet et dans les hypermarchés. Dans les cités, ces motos sont utilisées sans casque, sans éclairage, par des enfants. La plupart du temps, la police ne peut intervenir sans que les contrevenants prennent la fuite, mettant en danger leur propre vie et celle d’autrui. Combien de morts faut-il attendre pour enfin prendre la seule mesure raisonnable : l’interdiction pure et simple de la commercialisation ? Je pourrais aussi parler de la Justice, dont les délais d’action (lorsque action il y a !) et la mansuétude encouragent les attitudes délinquantes.

De même, on parle toujours autant de lutte contre l’échec scolaire mais les premières annonces prometteuses de renforcement des effectifs dans les établissements qui en ont le plus besoin (par exemple les LEP) ne porteront leurs fruits que si elles sont réellement suivies d’effet notamment pour le personnel non enseignant, qui fait cruellement défaut. Dans ma ville, par exemple, les médecins scolaires, infirmières, assistantes sociales manquent. Les établissements privés, où l’encadrement est assuré, voient leur liste d’attente s’allonger chaque année, le flux des candidats, notamment d’origine modeste, ne cessant de grossir.

Il faudra aussi rétablir un lien de confiance entre gouvernants et gouvernés : sans exemplarité, sans égalité de traitement entre les puissants et les autres, sans espoir collectif, le discours d’ordre des pouvoirs publics continuera de passer au mieux pour du blabla, au pire pour de la provocation. Le « faites ce que je dis, pas ce que fais » offre un prétexte rêvé à tous ceux qui préfèrent la délinquance à l’effort et qui savent entraîner dans leur sillage une jeunesse désespérée ou influençable.

Enfin, rien ne changera tant que le marasme économique, résultant pour une grande part du déficit de compétitivité de la France, continuera ses ravages. Avec un euro surévalué, des charges sociales toujours aussi élevées, un libre échange déloyal, une formation continue désespérément insuffisante, comment pourrait-on sérieusement relancer la machine ?

Pour remédier en profondeur au mal-être des banlieues sensibles, il faut enfin sortir de la politique des mesurettes à laquelle les gouvernements successifs se sont habitués au fil du temps. Un Etat régalien ferme et juste, une école du mérite, une économie d’expansion, voilà les moyens de sortir d’ici à quelques années de ce terrible engrenage dans lequel ne cessent de se débattre certains de nos quartiers.

 

Par Nicolas Dupont-Aignan 

22.11.2007

Réforme de la carte judiciaire : la politique de "gribouille"

La réforme de la carte judiciaire traduit l’incapacité de réformer sereinement et intelligemment notre pays.

Le bon sens commande bien entendu de supprimer les Tribunaux d’Instance trop petits et à vrai dire personne n’en conteste vraiment le principe. Pour autant, fallait-il aller si loin pour aboutir à la suppression de 176 Tribunaux sur 476 ? Quand on regarde la carte de France publiée dans le quotidien Le Monde (édition du 22 novembre), on comprend l’ampleur du mouvement de suppression et le coup de grâce donné à la justice de proximité.

On s’apercevra dans quelques années des ravages de cette réforme. Les économies à première vue réalisées, seront probablement compensées par des surcoûts en terme de transport. Sans même évoquer le nombre de litiges qui ne seront plus traités. De plus, cette réforme ne s’accompagne d’aucune création de Tribunal d’Instance, notamment en banlieue parisienne, ce qui aurait déchargé les Tribunaux existants complètement engorgés.

Enfin, tout le monde sait - ou devrait savoir - que notre pays dépense pour sa Justice, deux fois moins par habitant que la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. L’augmentation du budget 2008 pour la Justice est, à cet égard, dérisoire. Si l’on veut vraiment rétablir l’Etat de droit, réduire les délais, exécuter dans les faits les décisions de justice, il faut investir davantage.

Les sommes sont d’ailleurs relativement modestes en comparaison des dépenses de la plupart des autres Ministères.

Par ailleurs, en ce jour du Congrès des Maires, il serait temps de relancer une véritable politique d’aménagement du territoire. Pourquoi ne pas coordonner la réorganisation des différents ministères ? Nous éviterions ainsi d’accabler toujours les mêmes villes, petites et moyennes, qui sont en train de «crever» des délocalisations alors même que leur qualité de vie est la meilleure et qu’on entasse toujours plus d’habitants en Ile-de-France et dans les métropoles régionales, avec des surcoûts d’échelle considérables. Département par département, il faudrait analyser méthodiquement les projets de réorganisation de la carte judiciaire, hospitalière, des forces armées, etc… et répartir l’effort intelligemment.

Telle petite ville garderait son Tribunal d’Instance mais perdrait l’hôpital, telle autre bénéficierait du redéploiement d’un établissement public aujourd’hui parisien, etc…

Ce travail est possible. Il permettrait de concilier efficacité et équilibre du territoire. Malheureusement, on n’en prend pas le chemin. A la crise des banlieues s’ajoutera donc bientôt celle des territoires. Il sera alors trop tard pour pleurer.

 

par Nicolas Dupont-Aignan 

20.11.2007

Pour sortir de l’impasse économique et sociale

Marianne, édition du 17 novembre 2007

Six mois après l’élection présidentielle et l’espoir qui l’a accompagnée, les Français, toutes les enquêtes le montrent, broient à nouveau du noir. Pouvoir d’achat en berne, croissance désespérément « molle », déficit croissant du commerce extérieur, litanie des délocalisations, le pays malgré l’activisme tous azimuts du nouveau Président dont la popularité résiste pour le moment sur le front des sondages, s’engage inexorablement dans une douloureuse impasse économique et sociale.

La méthode Coué, consistant à nier l’inquiétude montante, ne résoudra rien. Pour trouver les voies et moyens de s’en sortir, il est important de comprendre les causes du marasme économique et social.

Trois fautes, l’une diplomatique, l’autre macroéconomique et la troisième psychologique, ont été commises par le Président grisé par sa victoire.

La première faute est diplomatique. La hausse continue de l’euro est l’une des causes importantes des difficultés économiques du pays. Il ne s’agit pas seulement ici de taux de change, mais aussi de la cherté de l’investissement, qui devient insupportable dans le contexte d’une économie ouverte à tous les vents d’une concurrence extérieure souvent déloyale. Nicolas Sarkozy l’avait d’ailleurs compris puisqu’il n’avait cessé durant sa campagne de mettre en cause la Banque Centrale européenne, de réclamer le rétablissement de la préférence communautaire et d’appeler à une autre gouvernance de la monnaie unique. Malheureusement alors qu’il avait au sommet de Bruxelles de juin toutes les cartes en mains, il a capitulé, refusant de faire du changement des statuts de la Banque Centrale européenne le préalable à tout accord européen. Il a ainsi tout cédé à l’Allemagne sur le plan institutionnel, sans rien obtenir sur le front de l’euro et du commerce international. Le résultat est là, alors que l’Union européenne demeure passive. L’euro flirte avec les 1,50 dollars (0,8 en 1999), condamnant nos industries exportatrices à la mort lente et notre tissu productif anémié à la stagnation.

La seconde faute est macroéconomique. Le Président et la majorité ont cru qu’il suffisait de défiscaliser les heures supplémentaires pour relancer l’activité. Ce qui pourrait être justifié dans une phase de rebond n’a pas de sens au moment où les commandes n’arrivent plus. De même, les mesures clientélistes votées à la va-vite en juillet n’apportent rien à la croissance. 15 milliards de recettes fiscales perdus (le coût des 35 heures), alors qu’il eût été si précieux d’utiliser cet argent pour renforcer la compétitivité des entreprises, notamment des PME !

La troisième faute est psychologique. En augmentant son salaire de 206%, au moment où beaucoup de Français réduisent leurs dépenses d’alimentation et ne savent plus comment finir le mois, le Président s’est-il rendu compte de ce qu’il faisait ? Comment appeler à l’effort collectif et s’en dispenser soi-même aussi ostensiblement ?

Que faire aujourd’hui ? La pire des choses serait d’ajouter à ces trois erreurs majeures une quatrième. La faute politique consistant à chercher un bouc émissaire, à dresser une majorité de Français contre une minorité. Si la réforme des régimes spéciaux de retraites est nécessaire, il est mensonger d’en faire l’alpha et l’oméga du redressement de la Nation.. Il faut aller au-delà et tout faire pour relancer la machine économique. La France a besoin de réformes. Mais ces réformes ne pourront réussir qu’avec l’adhésion des Français. De même elles n’auront d’effet que si l’on est capable de boucher les trous qui s’élargissent chaque jour davantage dans la coque du navire, notamment ceux du sous-investissement productif et du commerce extérieur !

Pour être constructif, je fais trois propositions simples :

1. la baisse des charges sur les heures supplémentaires n’étant pas utilisée, en raison de la complexité et de l’inadaptation de la mesure, serait transformée en une réduction des charges sociales notamment des PME de moins de 10 salariés. Cette mesure aurait le mérite de la simplicité. Pourrait s’ajouter une première expérimentation de la TVA sociale qui, loin de casser la croissance, a renforcé la compétitivité de l’Allemagne.

2. la France refuserait de soumettre à ratification le nouveau traité européen tant que les pays de la zone euro ne se mettraient pas d’accord sur une nouvelle politique monétaire (baisse des taux d’intérêt de la Banque Centrale européenne) et une nouvelle politique commerciale à l’OMC (mise en place de la taxe carbone)

3. enfin, pour réduire le fossé croissant entre l’augmentation des profits et la stagnation des salaires, la « participation » serait largement incitée fiscalement et les stocks option réellement encadrés et taxés. Pourquoi aussi les élus de la République, les Ministres ne montreraient-ils pas franchement l’exemple en réduisant de 10 ou 20% leur indemnité de fonction ?

Ainsi le peuple français pourrait constater que c’est l’ensemble de la Nation qui fournit un effort pour relever les défis collectifs. L’effort partagé, un cap retrouvé, l’espoir d’un avenir meilleur pour tous en vue, il serait alors davantage prêt à consentir sa part de sacrifice.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député Debout la République de l’Essonne Président de DLR

18.11.2007

Appel de Nicolas Dupont Aignan en faveur de d'un référendum sur le traité de Lisbonne.

16.11.2007

La politique de la posture, toujours et encore...

La grève des transports symbolise vraiment l’incapacité de notre pays à résoudre intelligemment les problèmes auxquels il est confronté. A l’exception des usagers, la dureté du conflit semble arranger tous les acteurs.

Du côté des syndicats, c’est le moyen d’éviter de perdre leur base ulcérée d’être pointée du doigt comme des privilégiés. Du côté du gouvernement, il y a une certaine satisfaction à afficher le visage d’une fermeté au service de la justice, alors même que sa politique économique et sociale est incompréhensible et dangereuse. On sent bien l’ambition du président de la République de réussir là où d’autres, avant lui, ont échoué…

Bien évidemment la réforme des régimes spéciaux est incontournable. Les propositions des directions d’entreprises sont d’ailleurs beaucoup plus souples qu’on ne veut le faire croire et il n’y a pas d’alignement complet sur le secteur privé.

Il reste qu’il faut aussi prendre en compte la pénibilité des métiers (horaires de nuit, travail du week-end). Mais surtout cette réforme ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des défis de l’économie française.

On peut sans cesse allonger la durée de cotisation et repousser l’âge du départ en retraite, mais cela n’aboutira à rien si la France continue de battre le record des départs en préretraites à 50 ou 55 ans, pour cause d’insuffisance de compétitivité ! C’est une génération entière qui risque de s’enfoncer dans la misère au moment de la retraite, faute du nombre requis d’années de cotisation.

Seul un regain de croissance économique, résultant d’une augmentation de la productivité et de la compétitivité de nos entreprises, peut permettre à la nation de payer l’effort à la fois pour les retraites et pour la santé. Ne nous y trompons pas, il faudra dégager une part plus importante de notre richesse collective pour accompagner dignement le développement du grand âge, c'est-à-dire du risque dépendance. Est-ce d’ailleurs si choquant ?

Depuis 1950 la France a augmenté sa part de PIB consacrée à la santé et aux retraites dans des proportions déjà considérables. C’est aussi le signe d’un pays à la fois plus prospère et plus juste, bref d’un pays civilisé. Toute la question est de savoir comment on dégage cette part nécessaire et comment on répartit l’effort.

C’est pourquoi, plutôt que de consacrer 20 minutes du journal télévisé au fonctionnement des trains comme si nous étions en guerre, il serait peut-être utile de comprendre comment on peut éviter les délocalisations ; pourquoi l’euro cher asphyxie nos entreprises ; pourquoi le travail des enfants ou le saccage environnemental en Chine nourrit des échanges déloyaux en faisant la fortune de quelques centaines de nababs. Utile aussi de parler des politiques natalistes qui permettraient de revenir à un taux de fécondité de 2,1 (nous n’en sommes pas loin) et de régler une partie du problème à échéance de 20 ans !

Utilité enfin d’aborder la question du fonds de réserve des retraites qui aurait dû être abondé des recettes des privatisations. La Norvège a su, par une politique prudente, se doter d’un tel fond exceptionnel. En un mot, seul le renforcement de nos entreprises, notre capacité à défendre nos intérêts, en même temps qu’une nouvelle organisation du système de protection sociale qui devra s’opérer dans le souci d’une vraie justice, servira nos retraites.

La tragicomédie des régimes spéciaux trahit en vérité la complaisance générale pour les postures politiciennes, au détriment de la recherche de l’intérêt général. Au risque de laisser pourrir les vrais problèmes…

 

par Nicolas Dupont-Aignan 

09.11.2007

Qu'est-ce qu'être gaulliste en 2007 ?

Comme chaque année le 9 novembre, Debout la République fait une visite soit à Colombey, soit à Lille à la maison natale du Général de Gaulle, pour honorer sa mémoire.

A chaque fois, la même interrogation revient : que signifie être gaulliste 37 ans après la mort de de Gaulle ? Et, comme toujours avec les jeunes de 20 ans qui nous accompagnent et qui sont parfois regardés comme des bêtes curieuses par les quelques journalistes présents, je rappelle qu’être gaulliste aujourd’hui ne signifie pas vouloir reproduire une action passée mais tout simplement être fidèle à des principes qui nourrissent une exigence politique utile à la France.

Pour ma part, j’en retiens quatre, qui ont invariablement marqué l’engagement du général de Gaulle :

1 l’esprit de résistance tout d’abord, qui place la confiance dans l’Homme, son sens de la justice et de la liberté, au préalable de tout. Lorsque l’essentiel est en jeu, lorsque l’intérêt supérieur est menacé, l’esprit de résistance doit l’emporter toujours et partout sur la logique moutonnière des clans, des clientèles ou des partis. C’est cette première vertu du gaullisme qui ne nous fera pas baisser les bras face à l’hideux coup d’Etat européen qui est en train de se dérouler sous nos yeux.

2 le respect du peuple ensuite car en démocratie il n’y a pas d’action possible et durable sans l’adhésion de ceux qu’elle concerne. C’est ainsi que la Vème République repose avant tout sur l’élection présidentielle au suffrage universel direct mais aussi sur le référendum.

3 l’indépendance nationale en 3ème lieu, qui fonde la liberté et la dignité d’une Nation, garantit l’efficacité de l’action publique et son caractère démocratique. Le rôle du Chef de l’Etat mais aussi de chaque responsable politique consiste avant chaque décision à ne se poser qu’une question : est-ce l’intérêt de la France ?

4 une certaine idée du monde, enfin, car le Général de Gaulle aimait la France pour les valeurs qu’elle incarne à l’intérieur comme à l’étranger. L’humanisme donne corps et force à cette « certaine idée de la France » qu’il a toujours portée haut et fort.

On le sait bien, la pensée et l’action du Général de Gaulle forment un tout cohérent : de la participation dans l’entreprise à la décolonisation ; du discours de Bayeux à la fondation de la Vème République ; du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes martelé à Québec, Mexico ou Phnom Penh à la pratique référendaire en France ; du refus des oligarchies bruxelloises à l’espoir d’une Europe des Nations qui respecte ses peuples ; du discours du 18 juin 1940 au départ solitaire de 1969.

Ces principes, cette boussole de l’action, forment un outil extraordinaire pour comprendre notre histoire, décrypter les terribles dérives d’aujourd’hui et préparer l’avenir.

Si tant de Français ont la nostalgie du Général de Gaulle, si tant de dirigeants qui trahissent perpétuellement les principes de son action, aiment tant à s’en réclamer comme malheureusement le Président de la République d’aujourd’hui, ce n’est pas un hasard !

Face à ce jeu généralisé de captation - voire d’usurpation - d’héritage, tout vrai gaulliste ne devrait plus d’ailleurs se nommer tel, mais simplement porter cette « certaine idée de la France » qui manque tant à nos compatriotes.

Alors oui, soyons fiers de l’œuvre et de l’action du Général de Gaulle : désintéressement dans l’action publique, liberté de conscience, force de conviction, fermeté du caractère, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, justice sociale, stabilité institutionnelle, effort collectif, politique étrangère et de défense indépendante… autant d’exigences pour aujourd’hui comme pour demain.

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

03.11.2007

140% !

L’augmentation de 140% de la rémunération du Président de la République est à la fois rationnelle et indécente.

Rationnelle car, dans l’absolu, il n’est pas anormal de voir le Président de la République gagner autant que le Premier Ministre. Indécente car  on ne s’octroie pas une telle augmentation au moment où une majorité de Français affronte de réelles difficultés à boucler ses fins de mois et où on l’appelle sans cesse au sacrifice !

Comme beaucoup de Français, j’aurais aimé entendre le Président de la République se satisfaire de la somme relativement modeste qu’il perçoit aujourd’hui. Cela ne l’aurait pas empêché de faire œuvre de transparence dans la gestion des deniers de l’Elysée.

Il aurait été ainsi le seul Chef d’Etat du monde occidental à faire preuve de retenue financière.

D’autant que cette retenue vient de loin, d’une conception de la République où la probité et le désintéressement matériel l’emportent sur la recherche des avantages et des prébendes.

En France plus qu’en tout autre pays, par principe mais aussi du fait d’un contexte économique et social aujourd’hui particulièrement douloureux, la nécessité morale et même politique de montrer l’exemple au service de l’intérêt général, demeure un impératif.

Je crois sincèrement que les Français auraient été fiers de leur Président s’il avait modéré son augmentation, au lieu d’afficher un bond à trois chiffres de ses émoluments. 140%, tout de même, il en faudrait des heures supplémentaires pour obtenir un tel gain !

Dommage !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan 

02.11.2007

Le traité européen « est un viol politique »

Déjà pourfendeur du projet de Constitution européenne rejeté par les français en 2005, l’économiste et professeur d’informatique Etienne Chouard dénonce violemment le nouveau traité de Lisbonne. Une copie conforme du texte précédent, estime-t-il.

François VIGNAL

LIBERATION.FR : lundi 22 octobre 2007

Etienne Chouard s’était fait connaître en 2005 grâce à son site internet qui décortiquait et dénonçait la Constitution européenne. Il revient aujourd’hui à la charge contre le nouveau traité européen de Lisbonne. Pour ce professeur d’économie, de droit et d’informatique d’un lycée du sud de la France, il s’agit sur le fond de la même Constitution, pourtant rejetée par les Français et les Hollandais. Et appelle à la combattre. Entretien.

Le nouveau traité européen a été adopté vendredi à Lisbonne. Ce texte ressemble-t-il à la Constitution rejetée en 2005 ?

Ce n’est pas une version édulcorée, c’est la même version et je la combats violemment. On a retiré trois détails sans importance : le drapeau, l’hymne, la référence à la monnaie, le mot Constitution, comme si le fait de retirer l’étiquette retirait le danger. Et puis on nous impose par voie parlementaire ce qu’on vient de refuser par référendum. Pour moi, c’est un viol, un viol politique, c’est une cause de guerre civile. Et les journalistes qui défendent cela sont subordonnés. Ils ne font pas leur boulot de journaliste.

Pour vous, un nouveau référendum est un minimum ?

Oui, ça me paraît évident, pour cinq raisons. Parce que sur le fond, tout ce qui est dangereux est là : la confusion des pouvoirs dans les mains de l’exécutif, avec les « procédures législatives spéciales » ou les « actes non législatifs ». Le Parlement ne les contrôle pas et ce sont des normes obligatoires qui s’appliquent à tout le monde. C’est incroyable. Et cela peut concerner la concurrence, le marché intérieur, la circulation de capitaux, des choses très importantes, qui sont hors contrôle !

Deuxième point : la dépendance des juges européens vis-à-vis de l’exécutif pour leur carrière. Ils sont nommés pour six ans par les gouvernements, et renouvelables. Dans les démocraties, ça ne se fait pas comme ça. L’indépendance des magistrats est l’un des fondements de la démocratie.

Troisièmement : l’article 104 de Maastricht, c’est-à-dire l’interdiction pour les Etats de créer la monnaie. On est fou d’accepter ça. Les Etats l’ont accepté à Maastricht, c’est toujours là aujourd’hui. Maintenant, ils doivent s’endetter quand ils ont besoin d’argent et payer un intérêt aux banques. Mais on est fou ! C’est contraire à l’intérêt général. La souveraineté politique dépend de la souveraineté monétaire. Si vous l’abandonnée, vous avez tout perdu.

Autre point : la révision de la Constitution. Elle se fait sans les peuples.

Et enfin, dans cette Constitution, aucun organe n’est responsable de ses actes. A part la motion de censure, qui est théorique, parce qu’à la majorité des 2/3, il n’y a pas de mécanisme de responsabilité. Le Conseil des ministres, le Conseil européen, le Parlement ne peuvent être renversés ou dissous par personne. La Banque centrale n’a de compte à rendre à personne. Mais qui est responsable de ses actes là-dedans ?

L’article sur la concurrence libre et non-faussée ne figure plus dans le traité. Mais dans les annexes sur les dispositions pour le marché intérieur, il est toujours dit que la concurrence doit être non-faussée. Pensez-vous que les gouvernements veulent contourner les « non » français et hollandais ? Ils ne les contournent pas, ils les violent. Ils ont retiré le mot Constitution et la partie III. Mais en réalité, elle est encore en œuvre. C’est le royaume de l’hypocrisie. C’est de la violence.

Pensez-vous que la chancelière allemande Angela Merckel a pris l’ascendant sur Nicolas Sarkozy ?

Non, pour moi, ils sont en collusion parfaite. Ils ont convenu du jeu que Sarkozy allait jouer. Il a dit du mal d’eux, mais il sait très bien qu’il ne peut rien faire. Il n’a qu’une envie, c’est de passer son traité en force, comme les autres dirigeants européens.

La contestation peut-elle monter, notamment par Internet, comme en 2005 ?

Ça dépend des journalistes. En 2005, il a pu y avoir une contestation car il y avait une perspective, un référendum. Mais si les gens qui vous gouvernent ont décidé de vous violer, c’est-à-dire de ne plus vous demander votre avis, de remettre le bâillon à la victime, eh bien elle ne peut plus crier. On ne nous demande plus notre avis, là. Pourquoi les gens se mobiliseraient dans ce cas ? Les visites sur mon site n’ont pas augmenté pour le moment. Mais je compte sur les journalistes pour être les sentinelles du peuple et l’alerter.

http://www.liberation.fr/actualite/...

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