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30.10.2007

La braise sous la cendre...

Alors que les médias français raffolent d’habitude des sondages en tout genre publiés à longueur de colonnes, le fameux Traité européen qui reprend 99% de la Constitution européenne rejetée par les Français, suscite très peu d’enquête interrogeant les Français sur leur préférence quant à la tenue ou non d’un nouveau référendum.

Il a fallu attendre l’enquête d’opinion du Financial Times pour que Le Parisien, ce matin, soit le premier à réagir. Les chiffres sont éloquents : 76% des Allemands, 72% des Italiens, 65% des Espagnols veulent un référendum et 63% de Français.

Le Parisien fait état dans la foulée d’un second sondage, où les Français sont 61% à vouloir le référendum, mais où il est précisé que 68% d’entre eux voteraient « oui » au traité. Drôle de sondage, en vérité, comme si on voulait tuer la revendication référendaire en même temps qu’on constate qu’elle est majoritaire : en effet, à quoi bon un référendum si le oui est sûr de l’emporter ? Autant faire voter directement le Parlement, ce sera plus rapide et moins coûteux…

Bien entendu, les commentateurs des sondages ne font que suggérer cette idée, aussi perfide que fausse : car s’il est évident que le vœu des Français pour un référendum est ferme et clair (la question comme la réponse sont sans ambiguïté), il est en revanche totalement tendancieux, à ce stade, de mettre sur un même plan la probabilité de vote « oui » pour un traité dont presque personne ne sait ce qu’il contient et dont on nous abreuve du matin au soir qu’il est soi-disant un « succès personnel pour Nicolas Sarkozy et pour la France en Europe ».

Nos concitoyens, j’ai déjà reçu des milliers de témoignages en ce sens, sont indignés par ce véritable déni de démocratie. Quant à ceux qui ne savent pas, ils sont méfiants car ils sentent bien l’entourloupe. Il va de soi qu’à mesure que nous les informerons de la réalité du contenu du Traité, la colère grandira.

Comment en effet, au risque de me répéter, peut-on bafouer de manière aussi flagrante la volonté générale exprimée le 29 mai 2005 ? Comment ose-t-on au nom du peuple français, mais contre son désaccord explicite, engager un véritable changement de régime politique en mettant en œuvre un traité qui va complètement vider de sa substance notre démocratie ? Cela revient à violer le principe sacré du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a toujours été au cœur de notre pacte républicain depuis 1789 et figure en toutes lettres dans la Charte des Nations Unies, signée par la France et tous les pays de l’UE.

Contrairement à ce que pensent beaucoup d’observateurs, le combat n’est pas perdu. Mais il faudra aller très vite. La mobilisation est possible, une immense indignation se lève sans bruit, elle est perceptible comme la braise sous la cendre. De toute façon, il n’est pas d’exemple dans l’Histoire de France de dirigeants qui ont pu durablement bâillonner le peuple.

A nous donc d’agir, chacun à sa manière. Additionnons nos forces ! Et gardons espoir : la vérité finit toujours par l’emporter sur le mensonge, de même que le droit sur la force et la démocratie sur le despotisme…

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

22.10.2007

Le danger d'un Président de la République chef de parti

Hier, je suis tombé, stupéfait, sur les journaux du soir montrant Nicolas Sarkozy au bureau politique de l’UMP.

Je n’en ai pas cru mes yeux et mes oreilles : en agissant ainsi, le chef de l’Etat est en train d’abaisser gravement la fonction présidentielle car il la fait chuter de son piédestal d’au-delà des partis.

N’oublions pas en effet que le président de la République, élu au suffrage universel direct, est la vraie et seule clé de voûte de nos institutions. C’est par rapport à lui que s’organisent tout notre paysage institutionnel. Comme les Maires, le locataire de l’Elysée joue un rôle d’arbitre et de représentant de tous les citoyens, en l’occurrence de toute la Nation, par delà sa propre étiquette.

C’est ainsi que Charles de Gaulle l’avait voulue et imposée aux caciques du régime des partis, afin de libérer le Chef de l’Etat de toute emprise partisane et d’établir une relation directe avec son seul mandant : le peuple français, c'est-à-dire tous les Français. Cette mystique du rassemblement national n’est pas seulement fidèle à une vision digne et ouverte de l’action politique, elle est la seule à même de produire une action présidentielle réellement au service de tous, au service de l’intérêt général, au service des Français et de la France.

Rabaisser sa dignité et son rôle de « père la Nation » pour en faire un simple chef de parti, voire de clan, sa majorité fût-elle pléthorique au Parlement, c’est briser l’esprit et le ressort de nos institutions.

C’est d’autant plus dangereux que le président de la République concentre un pouvoir très grand, lequel ne saurait être mis au service d’un rôle de chef de parti ou de majorité sans que le prix à payer ne soit à l’arrivée très élevé : les Français étant d’humeur changeante et ne se privant pas d’être féroces envers leurs gouvernants lorsque le mécontentement survient, le président de la République aura tout à perdre à avoir ainsi mis sur sa propre tête, et seulement sur elle, le paratonnerre institutionnel…

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

19.10.2007

Pendant qu'on cancane à Paris, on assassine la démocratie à Lisbonne

Cà y est. Je vais céder à la facilité ambiante et aborder l’annonce officielle de la séparation du couple présidentiel. Non, rassurez-vous, je ne commenterai pas cette affaire privée qui est devenue de fait publique, mais je veux simplement vous dire combien il est ahurissant de voir la disproportion de traitement et de commentaires entre ce divorce annoncé et l’ouverture du sommet de Lisbonne.

Si, comme c’est probable, le Traité est adopté, il va ouvrir un nouvel hiver pour le fait national en Europe et l’émergence d’un super-Etat européen oligarchique et donc antidémocratique. Espérons simplement, maintenant que la nouvelle de la séparation est connue, que les Français auront le droit d’en savoir plus sur ce Traité surréaliste qui se dit « simplifié » mais qui n’est que « compliqué ».

Pendant qu’on amuse les Français avec des histoires de cœur et de rugby, on est en train de remettre en cause leur liberté de choisir leur destin.

Libre au Président de la République de renier sa promesse de campagne en signant un Traité identique à la Constitution européenne qu’il jugeait « morte » au plus fort de la campagne électorale ! En revanche, il n’a pas le droit devant l’histoire de tromper les Français en leur faisant croire que ce Traité est un compromis entre le Oui et le Non du 29 mai 2005.

Il n’a pas le droit moralement et démocratiquement de faire adopter cette Constitution-bis par le Parlement, sans référendum.

Le moment est venu de mobiliser les Français pour mettre fin à cette nouvelle imposture ! Si vous ne l’avez déjà fait, je vous invite à signer la pétition de DLR pour un nouveau référendum et à encourager vos proches à en faire autant : plus nous serons nombreux, plus nous serons à même de contraindre le président de la République à organiser ce nécessaire référendum !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

17.10.2007

Pétition nationale « 16 millions d’électeurs roulés dans la farine… ET VOUS ? ! »

Le traité « modificatif » censé réconcilier le oui et le non à la Constitution européenne rejetée en 2005, est une véritable escroquerie : ce nouveau texte n’est en réalité que le recyclage de plus de 90% du précédent traité constitutionnel.

Pire, le président de la République veut le faire approuver dans le dos des Français, par le Parlement ! Ce serait un véritable coup de force contre la démocratie française.

DLR appelle tous les électeurs du non de 2005 et même tous nos concitoyens qui ont voté oui mais qui défendent le respect du suffrage universel, à signer massivement sa pétition nationale pour un nouveau référendum européen. Durant tout l’automne, les militants de DLR diffuseront auprès de nos concitoyens un tract-pétition pour obliger Nicolas Sarkozy à organiser un référendum.

Vous pouvez à partir de cette page télécharger ce document au format PDF.

PDF - 254.8 ko
Tract-pétition à imprimer

 

Vous non plus, ne vous laissez pas rouler dans la farine, faites respecter vos droits de citoyen !

15.10.2007

Sur le site de Marianne, NDA dénonce un coup d’Etat européen

Constitution-bis : non au coup d’Etat !

En 2005, les élites ont voulu piéger le peuple français, invité par référendum à commettre une sorte d’euthanasie, afin d’enfoncer une fois pour toutes le clou du fédéralisme européen, planté de travers lors de Maastricht, et refermer la page, justement ouverte par la France en 1789, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Mais en un 29 mai historique, dont les accents de liberté ne furent pas sans rappeler le Printemps des Peuples de 1848, quelque 16 millions de Français, soit près de 55% des suffrages exprimés, rejetèrent cette dérive européenne, antidémocratique, antisociale et antinationale, entamée depuis 1992. Le piège était déjoué, la boucle était bouclée : le référendum de 2005 effaçait celui de 1992 ; les 55% de non lestés par le recul de l’expérience, devaient tirer un trait définitif sur les 51% de oui mal-acquis une quinzaine d’années plus tôt, sur la base de promesses et de garanties qui s’étaient toutes révélées mensongères. La démocratie aurait dû passer, comme passe la justice. Hélas, on lui demande aujourd’hui de circuler…

Car, au lieu de changer la construction européenne, nos dirigeants veulent court-circuiter le peuple : ils tentent de l’endormir en faisant croire que le « traité modificatif » est un compromis honorable entre le oui et le non au TCE, et avanceront toutes sortes d’arguments fallacieux pour démontrer que le vote de 950 parlementaires vaut celui de 42 millions de citoyens . La seule réalité, c’est qu’ils ont peur d’un nouveau référendum, car ils en savent par avance le résultat. Ainsi, face à la résistance du peuple français, les élites de Paris et Bruxelles n’hésitent plus à passer en force, nous imposant leur « démocratie européenne ». Une drôle de démocratie, à sens unique, qui peut se résumer ainsi : « Quand c’est oui, c’est oui. Quand c’est non, c’est… oui quand même ! » Inutile de mâcher ses mots, cela s’appelle un coup d’Etat, fût-il de velours.

Un coup d’Etat d’autant plus grave qu’il imposera au peuple français et en son nom, un traité asseyant définitivement la primauté du droit européen sur le droit national, l’existence d’un super-Etat européen doté de tous les attributs d’une souveraineté propre, le principe d’une politique étrangère inscrite dans l’OTAN, l’extension de la majorité qualifiée à une foule de nouveaux domaines, comme l’immigration, les services publics ou les accords à l’OMC (où la France sera désormais aisément mise en minorité), une Charte des droits fondamentaux heurtant frontalement notre conception républicaine de la laïcité et de l’unité nationale, ou encore la suprématie de l’Allemagne sur la France, au risque de mettre en péril la réconciliation historique des deux pays,… Bref, c’est la définition même de la France, sa République, sa substance unitaire, indivisible, souveraine, héritée de 1789 et avant cela des légistes royaux, que l’on veut assassiner par ce passage en force parlementaire !

Face à ce coup d’Etat inédit dans notre histoire, ce ne sont pas seulement les opposants à la Constitution-bis qui doivent se lever pour obtenir un nouveau référendum. Electeurs du oui ou du non en 2005, c’est le peuple français tout entier, dont on veut bafouer la libre détermination, qui doit défendre sa dignité et sa démocratie menacées.

 

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

12.10.2007

Ouverture : pièges à cons !

Les déclarations de Fadela Amara jugeant « dégueulasse qu’on instrumentalise l’immigration » ont provoqué un léger court-circuit politique comme en raffolent les séances du mardi et mercredi à l’Assemblée Nationale.

A la différence de Messieurs Kouchner et Lang qui ne supportaient pas l’idée de retomber dans l’anonymat et sont prêts à avaler toutes les couleuvres pour faire briller leurs ultimes années d’activité sous les ors de la République, Madame Amara est une femme sans doute droite et sincère.

Elle commence à comprendre toute la différence entre « ouverture », simple récupération politique qui carbonise tous ceux qui y participent et « gouvernement d’Union nationale », qui associe autour d’un pacte fondateur et d’un projet précis des personnalités variées et respectées.

Car là réside bien le vice de conception de la fameuse ouverture. Ses ministres ne sont pas là pour ce qu’ils peuvent bâtir ensemble mais pour ce qu’ils représentent (l’image toujours l’image) avant de monter dans le navire. Une fois embarqués, ils découvrent que le barreur navigue à vue.

Un petit coup d’amendement ADN pour donner l’illusion de la fermeté ; le retour vers l’OTAN pour plaire aux Américains et aux atlantistes français, de droite comme de gauche, les franchises médicales sans s’attaquer aux causes du trou de la sécurité sociale, etc…

Le piège se referme sur les ministres d’ouverture. Soit ils protestent comme la ministre et ils stigmatisent alors bon nombre de membres de la majorité, c'est-à-dire à travers eux les électeurs. Soit ils serrent les dents et l’alibi de l’ouverture disparaît, les Français n’étant pas dupes de la « solidité » de leurs convictions.

En vérité nous vivons une étrange période. On n’a jamais vu quatre mois après une aussi éclatante victoire présidentielle, une ambiance aussi morose au Parlement. Un Premier ministre fantomatique, la plupart des ministres ne sachant pas où va le gouvernement ni quel est leur rôle... Quant aux parlementaires, comme l’a si bien souligné Nadine Morano, pourtant sarkozyste de choc, ils ont au moins l’avantage sur les ministres d’ouverture d’être désignés par le suffrage universel et non par les bonnes grâces de l’exécutif ! A force d’avoir le tournis, les parlementaires finissent par ruer dans les brancards…

Le Président de la République me fait penser à un artificier qui lancerait le bouquet final au début du feu d’artifice ! Comment durer dans ces conditions?

Je persiste à penser, n’en déplaise au discours dominant, qu’on ne gouverne pas la France comme on dirige TF1. Les Français s’amuseront un temps seulement du spectacle. Ils veulent comprendre le sens de l’action menée, sa cohérence. Ils exigeront bientôt des résultats. Ils veulent en effet pouvoir vivre dans des conditions matérielles et morales dignes. Or, pour cela, il faut une vraie démocratie et une vraie politique économique d’expansion. La clarté. Une majorité (éventuellement élargie) autour d’un projet lisible et une minorité dans l’opposition comme contrepoids.

L’ouverture veut en fait brouiller les lignes pour retarder le moment de vérité où cette fuite en avant de l’exécutif apparaîtra pour ce qu’elle est : bien peu de choses… C’est un vrai piège à cons !

ps : en terminant l’écriture de ce blog, j’aperçois à la télévision une émission consacrée au Général de Gaulle, conclue par une intervention de Jack Lang. Il y avait de quoi pleurer… l’hommage du vice à la vertu !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan

08.10.2007

N’ayons pas peur de revenir sur les accords de Schengen !

Le Figaro Publié le 06 septembre 2007

Par Denis Vignolles, haut fonctionnaire

Selon l’ONU, la population mondiale, qui comptait 2,5 milliards d’individus en 1950, puis 6,4 aujourd’hui, atteindra 9,1 milliards en 2050. Les pays en développement contribueront quasi exclusivement à cette explosion démographique. Il y aura environ 5,2 milliards d’Asiatiques (contre 3,8 actuellement) 1,8 milliard d’Africains (851 millions aujourd’hui) et 1,2 milliard d’Américains. Seule l’Europe pourrait connaître un déclin en raison principalement de l’évolution négative des pays de l’Est. Les dirigeants du monde entier devraient s’attacher à apporter des réponses concrètes à cette évolution, sous peine d’assister demain à un immense chaos.

La population indienne augmente plus en une semaine que celle de l’Union Européenne en un an. Celles du Burkina, du Niger, de la Somalie, de l’Ouganda ou encore du Yémen devrait quadrupler d’ici à 2050. Comment nourrir de telles populations, qui connaissent déjà la famine aujourd’hui ? Même si l’Inde et la Chine connaissent des taux de croissance exceptionnels, si leurs niveaux de vie moyens s’améliorent, ces deux nations continents ne pourront résoudre seules leur problème démographique. Quand à l’Afrique, elle n’est pas en mesure d’endiguer la misère et l’exode. Dans ces conditions, les États-Unis et l’Europe doivent s’attendre à voir grossir les flux migratoires qu’ils connaissent depuis deux ou trois décennies.

Le cas de l’Europe, et donc de la France, est critique. Confrontés à un chômage endémique, nos pays ne pourront pas longtemps absorber chaque année plusieurs centaines de milliers de migrants, légaux ou illégaux, sans faire imploser, socialement et budgétairement, le système. D’autant qu’avec la délocalisation de son tissu industriel et depuis peu de ses services informatiques et de gestion, l’Europe perd chaque année des centaines de milliers d’emplois. Ce furent d’abord les emplois les moins qualifiés. Ce sont aujourd’hui des métiers à haute technicité qui sont externalisés vers l’Asie ou l’Europe de l’Est. Selon l’OFCE, la France aurait perdu 650 000 emplois délocalisés en vingt ans et la direction de la prévision du ministère des Finances évalue à 800 000 les emplois menacés à court ou moyen terme. Après les grands groupes et les PME les plus importantes, les petites entreprises se lancent dans les délocalisations. Le discours sur la salutaire spécialisation dans l’économie de l’immatériel pour les pays de la « vieille Europe » n’a donc aucun sens.

Avec plus de trois millions de chômeurs réels, la France, pas plus que les autres pays européens, ne peut accueillir ces migrants, dont la majorité n’ont aucune qualification et qui viennent peser sur les politiques salariales et sociales de notre pays. Ces nouveaux demandeurs d’emploi favorisent le développement du dumping social et d’une activité souterraine qui menace l’économie entière. Sans parler du problème récurrent du logement de ces populations. Dans ces conditions, affirmer que les pays européens ont besoin d’une immigration de main-d’oeuvre est un non-sens, car ce sont justement les travailleurs les moins qualifiés qui paient le prix fort des délocalisations et du chômage, et qui sont concurrencés par les migrants légaux ou illégaux.

Affirmer par ailleurs que l’on a besoin de cette immigration pour assurer l’équilibre des régimes de retraite est une autre mystification. Car le coût des politiques sociales d’intégration dépassera de très loin les hypothétiques rentrées de cotisations. Enfin faut-il rappeler que les élargissements successifs de l’Union européenne ont accru considérablement l’arrivée de travailleurs d’Europe de l’Est. Ainsi, plus de 300 000 Polonais ont gagné le Royaume-Uni en dix-huit mois. Cela va s’amplifier avec l’arrivée de Roumains et de Bulgares.

De toute évidence, ces questions relèvent d’une politique européenne commune. Les décisions prises par un État membre ont des répercussions sur l’ensemble des partenaires de l’UE. Lorsqu’en 2005, l’Espagne a régularisé 700 000 étrangers, et l’Italie 635 000 en 2003, c’est l’ensemble des pays de l’Union qui sont désormais susceptibles de les accueillir. Or, aujourd’hui, dans ce domaine, l’Europe est défaillante. Elle n’a aucun pouvoir en matière de gestion des flux migratoires et les besoins démographiques et économiques des pays membres sont très différents. Comment concilier les politiques de pays aussi diversement concernés par ce problème que la France ou l’Espagne d’un côté, et la Pologne ou la Roumanie de l’autre ? Nous touchons là aux limites du modèle européen qui privilégie la règle de l’unanimité au détriment de l’intérêt général.

Pour autant, l’Europe reste le levier essentiel d’une politique d’immigration. Entre les discours volontaristes de Nicolas Sarkozy qui n’ont encore aucun effet tangible et l’incompréhensible candeur de la gauche toujours prompte à régulariser des sans-papiers, il est temps d’agir. Le nouveau gouvernement vient certes de proposer des mesures visant à combiner des conditions d’entrée plus restrictives et un énième plan de développement avec l’Afrique. C’est insuffisant. Il faut aller plus loin, revoir totalement les accords de Schengen en les fondant sur un principe de responsabilité et d’interdépendance des pays signataires, alliant une politique rigoureuse d’accueil des migrants, y compris intra-européens, des moyens de surveillance enfin adaptés et une politique de codéveloppement vraiment efficace avec les pays d’origine. Cela passe par une prise de conscience de l’urgence du péril économique et humain qui menace la stabilité de notre société et, le cas échéant, par une remise en question du fonctionnement actuel des institutions européennes.

04.10.2007

Monsieur le Ministre de l’environnement, changeons les règles de l’OMC !

Intervention de NDA à la tribune de l’Assemblée, lors du débat parlementaire sur le "Grenelle de l’environnement"

 

Monsieur le Ministre,

La convocation d’une table ronde nationale où la plupart des problèmes sont posés sans tabou et où chacun peut s’exprimer, est une chose suffisamment rare pour être saluée. Vous le savez, je n’ai pas pour habitude de ménager mes critiques lorsque l’intérêt du pays me paraît menacé. C’est pourquoi, inversement, je suis d’autant plus à l’aise pour saluer le « Grenelle de l’environnement » dont vous menez avec fermeté et ouverture d’esprit les débats.

Vous semblez vouloir prendre à bras le corps le fond des choses, ce qui est à la fois louable et sage. Louable, car dans ce domaine essentiel pour notre avenir à tous la situation exige désormais des résultats rapides et concrets. Sage, car aujourd’hui les Français ne se contenteront plus de simples pétitions de principes, qu’ils sanctionneraient le moment venu avec la dernière fermeté.

Vous me permettrez donc, Monsieur le Ministre, de vous adresser tous mes encouragements pour tenir bon face aux obstacles de toute nature, aux pressions des uns ou des autres, ou alors aux gros yeux de Bruxelles qui prétendrait une fois de plus faire la leçon au peuple français, ce cancre de la classe européenne qui s’imagine parfois encore, suprême arrogance, pouvoir décider de son propre destin !

Du courage, donc, il vous en faudra pour faire avancer le développement durable dans le domaine, par exemple, des transports urbains, et encore plus pour le faire progresser non pas seulement au niveau national, mais aussi aux niveaux européen et mondial, là où précisément il prend tout son sens. Mon temps de parole étant compté, vous me permettrez de revenir rapidement sur ces deux points.

Elu francilien de la grande Couronne, la nécessité de transports écologiques et adaptés aux besoins des utilisateurs me paraît vitale. On parle beaucoup, et on a raison, de la maîtrise du trafic automobile en Ile-de-France et dans les grandes agglomérations. Sur ce point, je souhaite insister combien il est nécessaire de ne pas aborder cette question par le petit bout de la lorgnette : c’est d’une politique d’ensemble, multimodale et coordonnée entre les différentes collectivités, dont nous avons besoin.

J’entends parler, par exemple, d’une réduction de 10 km/h de la vitesse maximale autorisée sur nos réseaux routiers. Pourquoi pas, mais veillons au respect de la limitation actuelle et surtout imposons le bridage des moteurs. Pour que chacun acquitte sa part, instaurons également une éco-pastille proportionnelle à la pollution générée par les véhicules et une taxe sur le trafic poids lourd de transit, à l’instar de certains pays européens. Naturellement, l’intégralité du produit de ces taxes serait versée à un fonds national pour la création d’infrastructures durables : le ferroutage, la construction de lignes de tramway dans les villes moyennes, etc. Soit dit en passant, ainsi pourrait-on réparer la politique de Gribouille de la cession au privé de nos sociétés d’autoroute qui, faut-il le rappeler, prive la collectivité des 20 milliards d’euros pour financer les infrastructures nécessaires de ces vingt prochaines années…

Mais il faudra savoir aller jusqu’au bout de la démarche : qui dit réduction de la pollution atmosphérique, dit également développement de transports en commun dignes de ce nom : en effet, le meilleur moyen de limiter la circulation automobile n’est pas d’interdire la voiture mais d’offrir des transports en commun sûrs, ponctuels et suffisants : plutôt que d’engloutir 800 millions d’euros dans la ligne T3, n’aurait-il pas été préférable de pousser les feux du « Métrophérique » ou, plus simplement de moderniser la ligne D du RER dont l’activité représente plus de 10% du trafic national quotidien mais dont les infrastructures sont scandaleusement vétustes (certains aiguillages datent de 1927 !), les rames souvent dégradées et la fréquence de la liaison avec Paris notoirement insuffisante ?!

Comment, enfin, dénoncer la pollution automobile et ignorer à ce point la pollution générée par le trafic aérien ? Je déplore profondément, Monsieur le Ministre, que vous n’ayez jugé bon d’intégrer à votre réflexion cette problématique majeure pour toutes les zones urbaines limitrophes des aéroports. Comment admettre que l’éco-pastille ne soit envisagée que pour le trafic terrestre, alors que la pollution au kérosène constitue une cause décisive de la dégradation de la couche d’ozone ? Comment mettre de côté la pollution du bruit, qui est non seulement devenue la préoccupation majeure des riverains des aéroports mais aussi des autres habitants des grandes agglomérations urbaines ? Il y a là, Monsieur le Ministre, des lacunes que vous aurez à cœur, je l’espère et je vous y engage vivement, de combler !

Ce sont là des efforts difficiles, une politique ambitieuse, qu’il nous faudra savoir mener pour réellement relever le défi du développement durable. Mais tous nos sacrifices à l’échelle nationale seront vains, vous le savez Monsieur le Ministre, Chers Collègues, si nous n’obtenons pas des grandes puissances économiques mondiales qu’elles changent elles aussi de comportement et ce, de manière radicale.

La France devra ainsi avoir le courage de dire son fait à la Commission de Bruxelles qui veut imposer les OGM dans nos assiettes. Soit dit en passant, l’exemple des OGM doit nous alerter sur le danger du traité européen simplifié, qui aggraverait encore cette fuite en avant irresponsable dans le fédéralisme européen. Au-delà, notre pays devra aussi avoir le courage de se battre pour changer les règles de l’OMC, instaurer des droits de douane écologiques contre les produits ne respectant pas nos normes ISO (je pense à des droits de douane progressifs, augmentant de 5% chaque année en sorte d’inciter les entreprises concernées à s’adapter), créer une taxe carbone qui intègre au prix des produits importés le coût environnemental de leur acheminement, etc.

J’entends d’ici les cris d’orfraie de certains bons docteurs « ès-mondialisation heureuse », qui nous expliqueront que c’est impossible et antiéconomique. Je suis pour ma part absolument convaincu du contraire : nécessité évidente pour la sauvegarde de la planète, la régulation environnementale de l’économie mondiale pourrait constituer un sas vers la non moins nécessaire régulation économique et sociale de cette mondialisation-clochardisation déloyale, qui nous entraîne irrémédiablement sur la pente de la dépendance, de l’appauvrissement et de la régression tous azimuts.

Paradoxe qui n’en est sans doute pas un mes Chers Collègues, et j’en terminerai là, la lutte pour la sauvegarde de la planète pourrait bel et bien être une étape indispensable à un autre combat, non moins nécessaire mais hélas oublié en ces temps de retour à l’état de nature pour cause d’hyper-capitalisme sans foi ni loi : le combat pour le Progrès, matériel et moral, du genre humain.

Je vous remercie.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député non-inscrit de l’Essonne Président de Debout la République

03.10.2007

Atteintes à la francophonie

Les atteintes à la francophonie ne s’arrêtent pas à l’affaire des brevets qui vient de mobiliser votre attention. Une autre offensive contre l’utilisation du français en France se déroule en ce moment même avec, à nouveau, la complicité des pouvoirs publics.

 

Jusqu’à présent, les pilotes français, atterrissant ou décollant sur un terrain français, avaient l’habitude et le droit de dialoguer en français avec les « aiguilleurs du ciel », eux aussi français, qui les guidaient. Cette habitude remonte aux premiers temps de l’aviation et constitue une forme d’hommage à notre rôle de pionnier dans cette activité. Elle est notamment utilisée par les pilotes d’Air France dans leurs conversations avec les contrôleurs de l’aéroport de Roissy. Les uns et les autres y sont très attachés. Leur fierté nationale en est accrue. Bien entendu, les pilotes étrangers sont, s’ils le souhaitent, accueillis en anglais.

Bruxelles ne pouvait supporter une atteinte aussi flagrante à ses objectifs uniformisateurs. Une directive impose qu’à partir de mars prochain, toutes les conversations aériennes se fassent en anglais. C’est dans cette langue que des Français seront tenus de parler à d’autres Français.

Je rappelle que le Commissaire européen aux transports est un Français (Jacques Barrot) et que la directive en question a été avalisée sans résistance par le ministre français des transports.

Le candidat Sarkozy avait promis de veiller à ce que les salariés français travaillant en France ne soient plus contraints d’utiliser une langue étrangère dans leur activité quotidienne. Le président Sarkozy semble l’avoir oublié.

Michel Pinton

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