22.05.2008

« Je suis fier d’avoir voté contre ce texte »

COMMUNIQUE DE PRESSE

OGM : leur mauvaise conscience rattrapera les députés qui ont voté le texte

Le scrutin très serré de ce soir montre, s’il en était besoin, combien la majorité à voté de projet de loi OGM en traînant les pieds.

Pour ma part, je suis fier d’avoir voté contre ce texte car je suis convaincu que, tôt ou tard, nos enfants nous reprocheront d’avoir négligé le principe de précaution pourtant inscrit dans la constitution.

Les députés ayant voté ce texte regretteront alors amèrement leur geste et ils seront rattrapés par leur mauvaise conscience.

Debout la République continuera à combattre la dissémination inconsidérée des OGM dans nos campagnes, que vient d’imposer la Commission de Bruxelles à une classe politique inconséquente.

Nicolas DUPONT-AIGNAN Député gaulliste de l’Essonne Président de Debout la République

13.05.2008

OGM, Citoyens 1 - Gouvernement 0

Je ne peux que me réjouir du vote de nos parlementaires cet après-midi dans l’hémicycle. Le peuple est majoritairement défavorable à une libre culture des OGM et pour une fois, notre assemblée nationale est enfin le reflet de la pensée populaire.

Félicitations à tous les députés qui ont osé.

par Philippe Martinez-Mateos

06.05.2008

Un an de gâchis… et maintenant ?

Le Président n’a pas respecté ses promesses (lutte contre l’euro cher, nouveau traité européen substantiellement différent de la Constitution, politique industrielle audacieuse, relance du pouvoir d’achat) et pire, s’est engagé parfois dans des politiques à contrecourant de ses discours de campagne (renforts en Afghanistan, retour dans l’OTAN, critique de la laïcité, ouverture à la gauche caviar, etc.). Quant au style, il a davantage donné l’impression de jouer avec la fonction que de l’incarner avec la sobriété et la hauteur de vue qui conviennent.

Personne ne peut se réjouir de ce fiasco car c’est de la France qu’il s’agit.

Désormais l’enjeu est double. Eviter le pire jusqu’en 2012 et préparer l’après-Sarkozy. Dans les deux cas, il faut inlassablement présenter une offre politique alternative qui s’emploie à traiter à la racine les problèmes du pays.

  • une autre politique économique pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, seul moyen d’éviter les délocalisations et de mieux partager les fruits de la croissance, (TVA sociale, baisse des charges sur les PME, investissement massif dans les nouvelles technologies, renforcement du pouvoir des consommateurs, développement de la participation)

 

  • une autre politique européenne pour desserrer le carcan qui asphyxie notre Nation (réforme de la Banque centrale européenne, nouveau libre échange plus loyal, refus clair de l’adhésion de la Turquie, multiplication des coopérations à la carte)

 

  • une autre politique étrangère pour restaurer l’indépendance de la France (retrait progressif d’Afghanistan, maintien de notre autonomie au sein de l’OTAN, relance d’une vraie politique de la francophonie,…)

 

Mais au-delà, les Français ont autant besoin d’être respectés. C’est pourquoi seul l’usage du référendum sur les sujets clés pourrait permettre de les réconcilier avec des élites qui, aujourd’hui, veulent imposer de force un modèle de société qui n’est pas le nôtre.

En cette période de doute, plus que jamais, nous devons forger un rassemblement des républicains de bonne volonté, attaché à la Nation comme à l’Etat fort et impartial qui l’incarne, conscient de la réalité de la guerre économique mondiale et résolu à réconcilier l’efficacité du marché avec la justice sociale, porteur enfin d’une autre vision de l’Europe et du Monde.

Ce rassemblement républicain doit, dès les prochaines élections européennes de juin 2009, convaincre les Français qu’une autre politique est possible.

 

par Nicolas Dupont-Aignan 

05.05.2008

Maintien du référendum obligatoire pour les pays candidats de plus de 10 millions d’habitants

UE : référendum pour l’adhésion de pays de plus 10 millions d’habitants (Dupont-Aignan)

28/04/2008 14h52 GMT - FRANCE-TURQUIE-UE-ASSEMBLÉE - Nouvelles de France - AFP

PARIS, 28 avr 2008 (AFP) - Le député Nicolas Dupont-Aignan (non inscrit), président de Debout la République, a annoncé lundi qu’il allait déposer un amendement pour « maintenir l’obligation référendaire » pour les pays de plus de 10 millions d’habitants candidats à l’adhésion à l’Union européenne.

Le président Nicolas Sarkozy a confirmé jeudi dernier à la télévision « sa volonté de supprimer le référendum obligatoire pour les adhésions futures à l’Union européenne, tout en se disant partisan d’une consultation référendaire sur la Turquie », rappelle le député, dans un communiqué.

Selon lui, les Français, « très majoritairement opposés à la perspective de l’adhésion turque, ne pourront que ressentir de l’inquiétude face à ces déclarations qui ne garantissent en rien l’organisation effective d’un référendum le moment venu ».

Il explique donc avoir « décidé de déposer un amendement au projet de loi de révision institutionnelle, maintenant l’obligation référendaire pour les pays candidats de plus de 10 millions d’habitants ».

« Ce seuil démographique, bien plus rigoureux que toute référence à une Europe géographique aux contours incertains, empêchera l’entrée sans vote populaire de pays dont la population ou la localisation géographique bouleverseraient la nature et l’équilibre des pouvoirs de l’Union européenne », avance-t-il.

M. Dupont-Aignan fait cette proposition dans un courrier adressé lundi aux parlementaires, à laquelle il joint une proposition d’amendement qu’il défendra « prochainement » en commission des Lois.

 


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Lettre aux parlementaires
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Projet d’amendement

 

11.04.2008

OTAN : l'erreur de Bayrou, l'audace de Dupont-Aignan

Le premier ne risquait rien à voter la motion de censure. Il ne l'a pas fait. Le second risque des représailles de l'UMP, il l'a votée. La politique est parfois bien étrange...



Des manifestants brûlent le drapeau de l'OTAN - comcinco - Flickr - cc -
Des manifestants brûlent le drapeau de l'OTAN - comcinco - Flickr - cc -
Voici quelques semaines, François Bayrou et Nicolas Dupont-Aignan ont signé l'appel républicain de Marianne. Son objectif ? Rassembler l'opposition sur la défense de quatre principes républicains : la laïcité, la lutte contre les dérives monarchiques du régime, l'indépendance de la presse et la poursuite de la politique étrangère de la France. Ce dernier point rappelait l'attachement des signataires «aux grandes options qui ont guidé, depuis cinquante ans, au-delà des clivages partisans, une politique étrangère digne, attachée à la défense du droit des peuples et soucieuse de préserver l'indépendance nationale et de construire une Europe propre à relever les défis du XXI° siècle.»

Une motion quasi-gaulliste
La logique voulait que Bayrou et Dupont-Aignan votent la motion de censure déposée par les socialistes à l'Assemblée nationale le 8 avril, d'autant que celle-ci reprenait quasiment les termes de l'appel de Marianne, étant rédigée dans des termes presque gaulliens, compatibles avec la droite et le centre républicains : «Nous voulons éclairer les Français sur la dangereuse rupture que sont en train d'opérer le président et son gouvernement avec le consensus national qui prévalait sur les principes d'indépendance militaire et stratégique de notre pays.» (…) « L'ouverture de négociations sur le retour de la France dans le commandement intégré de l'Otan, la compréhension affichée envers la funeste intervention américaine en Irak, le discours prononcé par le chef de l'Etat devant le Congrès américain ont posé les jalons d'un alignement atlantiste global dont nous récusons la pertinence et l'opportunité pour notre pays.» On a même entendu le très peu gaulliste Nöel Mamère tonner dans l'hémicycle : «On aurait presque envie de dire : MM. Chirac et Villepin, revenez, ils sont devenus fous!»

Un argumentaire peu convaincant
Or Nicolas Dupont-Aignan a voté cette motion tandis que François Bayrou s'abstenait. Un vote inversement proportionnel au risque que comportait ce vote : nul pour François Bayrou, que Nicolas Sarkozy continue de considérer comme un ennemi prioritaire, et conséquent pour Dupont-Aignan, qui appartient à la majorité. Le silence assourdissant d'un Philippe de Villiers ou d'autres députés supposés de sensibilité gaulliste, qui ont voté contre le motion de censure, confirme d'ailleurs l'audace de NDA. Par contraste, celle-ci souligne l'erreur de François Bayrou, qui prend, lui, le risque de n'être compris ni de ses électeurs, aujourd'hui majoritairement opposants au régime, ni de ses militants (voir l'article d'Anna Borrel). Certes, le leader du MoDem a fourni une explication à sa décision en regrettant que les socialistes aient «mélangé» deux sujets, l'OTAN et l'Afghanistan qui, dans son esprit, ne devaient pas l'être, affirmant même qu'il aurait voté la motion si elle n'avait porté que sur l'OTAN. L'argument ne convainc guère à la lecture de la motion de censure qui dénonce globalement le risque d'une dérive atlantiste du régime : la question de l'Afghanistan y est presque secondaire.

Mercredi 09 Avril 2008 - 09:02
Philippe Cohen

23.01.2008

Réforme de l'audiovisuel public : pour le meilleur ou pour le pire

La décision du Président de la République de supprimer toute publicité sur les chaînes publiques part d’une bonne intention mais risque de se retourner contre le service public.

Oui, il y a sans doute trop de publicité sur France2 et France3, les piégeant dans l’engrenage d’une course à l’audimat qui n’est pas toujours belle à voir et qu’elles ne peuvent pas, par nature, gagner sur ce terrain peu reluisant de la télévision purement commerciale. Faut-il pour autant tout supprimer ? N’allons-nous pas passer d’un excès à l’autre ? Attention à ne pas enfermer France télévisions dans une espèce de ghetto culturel qui l’éloignera des Français, favorisera les chaînes privées aux émissions parfois racoleuses et aboutira en fin de compte au démantèlement du service public.

Surtout, où trouver les 1,2 milliard nécessaire à l’opération (800 millions de pub et 400 millions pour remplacer les 3 heures de pub par des programmes) ?

Pourquoi ne pas mettre en œuvre une politique plus équilibrée, plus progressive ? Pour ma part, je proposerai :

  1. Une suppression partielle de la publicité de 19H30 à 22H afin de libérer la première partie de soirée de la tyrannie de l’audimat. Dans une première étape pourquoi ne pas tester cette solution sur une seule chaîne publique : France3 par exemple.
  2. La création d’une taxe sur les ressources publicitaires des chaînes privées, car il n’y a aucune raison pour que cette opération bénéficie exclusivement à ces dernières.
  3. Une légère et progressive augmentation de la redevance car on ne peut pas avoir un service public fort, comme en Allemagne, sans un financement pérenne. Cela aiderait aussi à la constitution d’un pôle extérieur dynamique dans le monde (RFI, TV5, France 4).
  4. De nouveaux cahiers des charges différenciés par chaîne, tout en veillant à ne pas étouffer le service public sous des contraintes irréalistes.
  5. L’interdiction, comme dans d’autres pays, pour un groupe économique détenant une chaîne de télévision de vivre des commandes de l’Etat (armement, BTP…).

Rouvrir le débat sur l’avenir du service public de l’audiovisuel n’est pas anodin. Cela peut mener au pire comme au meilleur. Quand on voit les difficultés pour s’exprimer dans notre pays sur certaines chaînes privées, quand on connaît les pressions répétées sur certaines dans le service public, il est clair que pour conserver un minimum de liberté d’expression, nous avons intérêt à rester vigilants ! A agir pour que la réforme de l’audiovisuel public mène au meilleur…

Par Nicolas Dupont-Aignan

23.12.2007

La politique-spectacle, jusqu'à la nausée !

Jusqu’où ira-t-on dans l’abaissement de la fonction présidentielle et en définitive de la politique, de la démocratie et de la France ?

La relation privée entre Nicolas SARKOZY et Carla BRUNI ne devrait pas concerner mon blog et il est vrai que le Président de la République a le droit de mener la vie privée qu’il souhaite.

Mais à partir du moment où il met en scène la révélation de sa relation avec le top model, il en fait délibérément un évènement politique qui s’impose à la chronique de l’actualité.

Oui je regrette cet abaissement de la fonction présidentielle, entachée par cet exhibitionnisme people. Je regrette cette manière partagée par Ségolène ROYAL de mélanger vie publique et vie privée, en instrumentalisant les hauts et les bas de toute vie intime à des fins politiques tout en jouant les vierges effarouchées lorsque les journalistes se saisissent de l’occasion pour faire de l’audience.

Je le regrette d’autant plus que Nicolas SARKOZY n’est pas n’importe qui. Il représente la France, il incarne la volonté politique. Par conséquent, en imitant de fait les comportements des vedettes du show biz, il décrédibilise sa fonction, son rôle et son action.

La politique ne devient qu’image, ragot, rumeur, balayant par l’effet de la course à l’audience tout débat de fond sans lequel il n’y a pas de vraie démocratie. Les médias doivent certes vendre pour s’assurer des recettes publicitaires. Mais sont-ils obligés d’être dupes de telles manipulations que leur plus élémentaire déontologie commande de démystifier ? S’ils avaient le courage de les dénoncer collectivement, nul doute que nos vedettes de la politique-spectacle devraient aussitôt cesser cette diversion permanente !

Mais les citoyens aussi, première cible de cette non-information dégoulinante, doivent rester vigilants, pour ne pas dire intransigeants. Quand le lecteur feuillette les magazines pour en savoir plus sur la vie du Président ou de son opposante, il laisse les intérêts et les oligarchies gouverner. Le consommateur et le voyeur prennent alors le pouvoir sur le citoyen.

Espérons simplement qu’un jour les Français, lassés de ce brouillard destiné à tout obscurcir, à tout relativiser, se réveilleront et exigeront de leurs hommes politiques dignité, sérieux, crédibilité et efficacité.

 

par  Nicolas Dupont-Aignan 

18.12.2007

"Il n'y a de réussite qu'à partir de la vérité" Charles de Gaulle

Le traité de Lisbonne a été signé  par les 27 chefs d’Etat et de Gouvernement. Au terme d’une campagne de désinformation sans précédent qui aura duré deux ans, la Constitution européenne rejetée par deux des peuples fondateurs de l’Union européenne, la France et la Hollande est ressuscitée. Les discours qui accompagnent cette signature sont proprement révoltants.

Les oligarchies européennes ne font plus mystère de leur mépris du peuple, de leur refus du suffrage universel. Les précautions qui étaient prises avant l’élection présidentielle française (« Il s’agit d’un mini-traité réconciliant le oui et le non ») ne sont plus de mise.

Le traité de Lisbonne est,(en beaucoup plus compliqué), le même que celui rejeté en 2005. Seize pays viennent même d’adopter une déclaration jointe reprenant les symboles qui ont été mis de côtés en juin dernier, pour donner au traité une apparence différente : avant même qu’il soit ratifié, on entend déjà des voix s’élever (celle d’Axel Poniatowski, président UMP de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée) pour réclamer que la France soutienne cette « déclaration sur les symboles de l’Union », ce qui reviendrait à reconstituer complètement la Constitution européenne !

La ratification parlementaire est défendue dans la plus grande arrogance comme un moyen d’éviter le référendum. Monsieur Kouchner m’a répondu mercredi à l’Assemblée Nationale que le peuple ne pouvait pas débattre sereinement et qu’en 2005 on n’avait pas parlé d’Europe. Ce qui, bien sûr, pour tous ceux qui s’en souviennent, est totalement mensonger.

Le peuple refuse cette Europe bureaucratique et inefficace ? Qu’à cela ne tienne, supprimons le peuple ! Moralement inacceptable, ce coup d’Etat simplifié, comme je le nomme, sera politiquement dangereux et inefficace.

Dangereux pour l’Europe car on ne peut bâtir aucun ensemble politique sans légitimité populaire. Or, la ratification parlementaire sera légale mais illégitime.

Pour ma part, je ne me sentirai jamais lié par ce traité qui aura été imposé de force, qui bâillonne la France et créée une Europe antidémocratique.

Mais ce traité ne sera pas efficace non plus, car il ne va à la racine d’aucun des problèmes majeurs de l’Europe, tout au contraire : élargissement sans fin, euro mal géré qui asphyxie nos économies, libre échange déloyal, services publics détruits, politique étrangère alignée sur celle des Etats-Unis, etc. Loin d’apporter des correctifs aux dérives, il les aggrave et les rend encore plus intouchables !

Cette construction artificielle, bureaucratique, autoritaire, qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne de réconciliation des peuples et de Progrès en commun, fera du sur-place et sera de plus en plus contesté.

Aujourd’hui, dans une classe politique aveugle, inconsciente de la corde au cou qu’elle laisse mettre autour de la France, je regrette le silence complaisant de la plupart de ceux, à droite comme à gauche, qui ont combattu la Constitution Giscard.

Mais je veux dire aussi à tous ceux qui, comme moi, sont aujourd’hui à la fois tristes et révoltés, que le combat doit plus que jamais s’organiser pour offrir aux Français et aux Européens une autre voie.

C’est le sens de mon action avec vous tous de plus en plus nombreux qui rejoignez Debout la République. Notre mouvement a vocation à rassembler toutes celles et tous ceux qui aspirent à la renaissance de la nation démocratique dans une Europe indépendante !

 

Par Nicolas Dupont Aignan 

12.12.2007

Je n'aime pas voir mon pays se vendre au plus offrant

En recevant en grande pompe le colonel Kadhafi, le Président de la République paye au prix fort, celui de la dignité de la France et de son image dans le monde, le coup médiatique de la libération des infirmières bulgares.

Preuve s’il en était besoin qu’une politique étrangère ne doit pas être une addition de coups d’éclats mais une succession de discours et d’actes cohérents.

J’ai toujours défendu la « realpolitique » et je me méfie de la gesticulation « droits de l’hommiste ». Pour autant, attention à ne pas justifier l’injustifiable. En l’occurrence la visite telle qu’elle est organisée ces jours-ci va trop loin, beaucoup trop loin.

Tout d’abord, comment ne pas penser aux victimes françaises du DC10 d’UTA. Ensuite, comment accepter d’honorer celui dont le régime a enlevé et séquestré les fameuses infirmières. Enfin, pour quelques contrats de gagné, quelle perte de crédibilité pour notre pays dans le monde entier !

Le tout, sans même parler du brouhaha, voire de la cacophonie, au plus haut niveau de l’Etat, qui brouille encore davantage la réputation de notre pays.

L’image d’une Nation vaut bien plus que quelques promesses de gain immédiat. Beaucoup de Français ce soir sont tristes pour la France ! Décidément, après la Constitution européenne bis sans consultation du peuple, les embrassades excessives avec le président Bush et les velléités de retour dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, les premiers pas de Nicolas Sarkozy en politique étrangère s’apparentent à une gesticulation qui ne peut qu’inquiéter toutes celles et tous ceux qui croient en une "certaine idée de la France" !

 

Par Nicolas Dupont-Aignan. 

29.11.2007

Pour travailler plus, encore faut-il qu’il y ait… plus de travail !

Gagner plus ? Trois obstacles, par Gérard Lafay

LE MONDE | 28.11.07 | 14h08 • Mis à jour le 28.11.07 | 14h08

Le pouvoir d’achat de la majorité des Français stagne depuis plusieurs années. Le président Sarkozy s’efforce de faire face à cette question, qu’il avait déjà mise en avant, au printemps, lors de sa campagne électorale. Les réponses apportées visent à lever un premier obstacle, qui tient à l’insuffisance de l’activité des travailleurs en France. En revanche, elles risquent de se révéler inopérantes si elles ne surmontent pas les deux autres obstacles, qui viennent d’un côté de la surévaluation de l’euro, de l’autre de la faiblesse de l’actionnariat des travailleurs français. Un premier obstacle découle du fait que, depuis de nombreuses années, nos gouvernements ont mis en place un "traitement social" visant à limiter la montée du chômage recensé. Tantôt ils ont avancé l’âge de la retraite, d’abord en le fixant autoritairement à 60 ans, puis en multipliant les préretraites en deçà de cet âge. Tantôt ils ont voulu réduire le nombre d’heures travaillées par chacun, en le limitant à 35 heures par semaine (lois Aubry). Toutes ces mesures ont été financées par l’Etat. Le résultat est double. D’une part, la France est l’un des pays industrialisés où la part de l’emploi dans la population totale est l’une des plus faibles. D’autre part, très logiquement, elle est aussi l’un de ceux où la part des dépenses publiques dans le produit intérieur brut (PIB) est l’une des plus élevées. Fort heureusement, le gouvernement mis en place par le président Sarkozy commence à prendre des mesures afin de surmonter ce premier obstacle, en concrétisant son slogan "travailler plus pour gagner plus". Le deuxième obstacle n’est pas propre à la France, mais il concerne toute la zone euro. Dans l’espace économique mondial, le niveau relatif des salaires découle, dans une large part, du taux de change réel, c’est-à-dire du niveau relatif des prix vis-à-vis du reste du monde. Cette question est essentielle dans les conditions de croissance, tant pour l’attractivité de l’investissement productif intérieur que pour la compétitivité du commerce extérieur. Pendant longtemps, elle n’était mise en relief que par quelques-unes, étant niée par la plus grande partie des observateurs. Mais les faits sont têtus. Aujourd’hui la surévaluation de l’euro apparaît de plus en plus évidente, non seulement vis-à-vis du dollar américain, mais encore davantage vis-à-vis du yuan chinois. En étant trop cher, l’euro interdit aux entreprises de procéder à des hausses substantielles de salaires, de même qu’il empêche l’économie de reprendre un rythme élevé de croissance. Dans sa campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait critiqué le comportement de Jean-Claude Trichet, de même que sa rivale Ségolène Royal. Que fait-il aujourd’hui ? Il se contente de reprendre périodiquement la même antienne, sans que ses exhortations aient le moindre effet. Pis encore. Il veut faire voter par le Parlement une nouvelle version du traité européen, quasi identique au projet de Constitution rejeté par le peuple français le 29 mai 2005. Or cette version entérine, ipso facto, l’erreur de conception inhérente au traité de Maastricht ainsi qu’une logique de libre-échange naïf. En fait, ce sont précisément ces deux éléments qui expliquent la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne et l’absence de toute politique commerciale de rétorsion face au dumping monétaire. Ce seul fait réduit à néant les décisions courageuses que peut prendre le président Sarkozy sur le plan national. Le troisième obstacle tient à l’évolution générale du capitalisme au niveau mondial qui, depuis la chute du communisme, accroît de plus en plus les revenus du capital tandis que, dans les pays développés, les revenus du travail stagnent pour le plus grand nombre. La solution est de mettre en place une forme française de capitalisme, où les travailleurs deviennent en même temps des actionnaires, parvenant à détenir la majorité du capital des entreprises. Cette solution avait déjà été amorcée par le général de Gaulle, avec l’ordonnance de janvier 1959 sur l’intéressement et celle d’août 1967 sur la participation, complétées depuis lors par d’autres dispositions. Mais la part des travailleurs reste marginale dans le capital de la plupart des grandes entreprises. Au lieu de vouloir débloquer les fonds de participation, afin de favoriser la consommation de façon conjoncturelle, il faut accomplir une véritable réforme structurelle. L’objectif est de développer ces mécanismes sur une grande échelle en mettant en place, à côté de l’actionnariat direct, des formes collectives d’actionnariat diversifié, par la création institutionnelle de fonds de pension par métier. Le président Sarkozy est sur le point de surmonter le premier obstacle. Il réussira à élever graduellement le pouvoir d’achat des Français s’il fait sauter les deux derniers. Sinon, il est condamné à l’échec.

Gérard Lafay est professeur d’économie internationale à Paris-II.

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